2013, du cœur pour nous, des piquets pour eux

Thiesvision.com - Hier, à la célébration de la fête de fin d’année du Groupe d’Entraide des Togolais de Bamako, Getob, une association de Togolais résidant à Bamako, à laquelle j’étais invité, un compatriote m’a demandé si je pense que les choses changeront, ou commenceront à changer au Togo en 2013.


2013, du cœur pour nous, des piquets pour eux
La question m’a fait penser à la question « Demain sera-t-il un autre jour ? » qui boucle la nouvelle « Une journée dans la vie d’Augustine Amaya »1 du Congolais Emmanuel Dongala, question traduisant la confusion et le désespoir qui se partageaient le cœur de l’héroïne, Augustine Amaya, impuissante devant une impitoyable administration qui l’humiliait au jour le jour pour une histoire de carte d’identité perdue. Le compatriote, confus et désespéré, tout comme Augustine Amaya, voulait que je lui dise, lui prouve si 2013 sera une autre année pour le Togo, c’est-à-dire une année où la dictature, notre ennemi commun, chutera, enfin, et où les Togolais, tous les Togolais, retrouveront dignité, liberté et joie de vivre…
Je lui ai répondu par l’affirmative. Les choses changeront en 2013. Il m’a demandé quelles étaient mes preuves, pourquoi j’étais si sûr que le Togo ira mieux en 2013. « Je n’ai pas de preuves, mais je sais que le Togo changera en 2013, puisqu’il n’a pas changé cette année, et qu’il doit changer », que je lui ai répondu. Non convaincu par ma réponse, il a souri et changé de sujet.
Je n’ai effectivement aucune preuve, aucune analyse, aucune projection, pas même une seule, pour soutenir que le Togo changera en 2013, mais j’affirmerai toujours à quiconque me le demandera que le Togo changera en 2013. Puisqu’il doit changer, et que 2013 est une nouvelle année, une nouvelle occasion, un nouveau départ pour que nous le changions. 2012 a été marquée par plusieurs événements, des événements qui analysés avec minutie peuvent nous montrer que notre pays n’est pas inerte, qu’il y a des choses qui bougent, du côté du peuple togolais, et du côté de la dictature qui l’opprime. L’arrivée sur la scène politique de nouveaux hommes politiques, de nouvelles idées, et donc de nouvelles façons de voir et de faire les choses, l’étonnante et dialectique déchéance du camarade Pascal Bodjona2 - un nouveau front que Faure Gnassingbé, pour conserver son pouvoir, s’ouvre contre lui-même, les ravages du Collectif Sauvons le Togo, la très médiatisée grève du sexe des femmes…
Pas grand-chose, qu’on peut dire, comme aucun de ces évènements n’a contribué à mettre directement et de manière palpable fin à la dictature, le rêve de la majorité des Togolais. Mais comme le dirait l’autre, quelque chose suit son cours. Et nous devons avancer, malgré la fatigue et le désespoir. J’aime bien cette anecdote de Thomas Sankara, qui, à quelques jours de la fin de son règne, isolé, rejeté et diabolisé par l’Occident, sa révolution incomprise autour de lui, s’était comparé à un cycliste qui monte une pente avec des précipices des deux côtés et qui est obligé, malgré la fatigue et le désespoir, de continuer de puiser toutes ses énergies, d’épuiser toutes ses forces pour monter et éviter de tomber dans les précipices.
Il est vrai qu’il devient, au fil des années, de plus en plus difficile d’y croire, et nous abordons tous, ou presque, la nouvelle année avec désespoir, fatigués et confus, nous disant qu’elle ne sera qu’une année comme les autres, une année où nous échouerons une fois de plus devant les matoiseries et barbaries de la dictature. Mais avons-nous échoué en 2012, Togolais ? Avons-nous jamais échoué ? Non. Nous n’avons jamais échoué, et nous n’échouerons pas devant cette dictature qui nous avilit depuis presque cinquante ans. Jamais. Nous n’avons juste pas encore réussi. Et 2013 est une nouvelle occasion, un nouveau jour pour réussir. Secouons de nos pieds la poussière de nos erreurs de 2012, tirons des expériences de ces erreurs, reprenons de nouvelles forces, entonnons de nouvelles chansons, et avançons vers la réussite, notre réussite. Puisque nous ne pouvons ne pas réussir.
Merci à tous les chefs et membres des partis d’opposition - les honnêtes qui luttent de bonne foi, pour le Togo, à tous nos chefs religieux et leurs fidèles qui implorent au jour le jour le Ciel pour que le Togo, comme l’oiseau phénix, renaisse de ses cendres, à tous les journalistes œuvrant pour que les Togolais retrouvent leur dignité perdue, à tous les chroniqueurs et commentateurs de nos sites qui clament un Togo meilleur en suscitant le débat, à toutes nos femmes toujours là pour la bonne cause, la grande cause, celle du Togo… à toutes les Togolaises et Togolais de bonne volonté… Merci pour votre combat de 2012, et bonne et heureuse année 2013. Et que les ennemis du Togo, comme ils ont eu la courtoisie de le commencer en 2012, continuent, avec allégresse, à se zigouiller un à un… comme… comme…

1- « Une journée dans la vie d’Augustine Amaya », Nouvelle in Jazz et vin de palme, Emmanuel Dongala, Monde Noir Poche, 1997.
« L’étonnante et dialectique déchéance du camarade Kali Tchikati », Nouvelle in Jazz et vin de palme, Emmanuel Dongala, Monde Noir Poche, 1997.
Rédigé par le Mercredi 2 Janvier 2013 à 12:34 | Lu 76 fois


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