(AUDIO) - Recrudescence des Violences dans les villes Sénégalaises : Journalistes et chroniqueurs diagnostiquent un Phénomène de plus en plus inquiétant

La question de la sécurité était au centre du débat de l’émission « çà fait débat » ce jeudi sur TVM. L’écrivain Mandiaye Gaye, la journaliste Ramatoulaye Sarr, reportère et correspondante de la chaîne Walfadjri à Thiès, le chroniqueur Seydina Seck, et Babacar Touré, ancien correspondant de l’Observateur à Paris, répondaient aux questions de Momar Mbaye.
Ecouter l'entretien


Ramatoulaye Sarr, journaliste reportère et correspondante de Walfadjri à Thiès
Ramatoulaye Sarr, journaliste reportère et correspondante de Walfadjri à Thiès

recrudescence_des_violences_au_senegal.mp3 Recrudescence des violences au Sénégal.mp3  (73.96 Mo)


L'écrivain Mandiaye Gaye
L'écrivain Mandiaye Gaye
Les interventions ont fait l’unanimité sur la recrudescence de la violence dans les villes sénégalaises, plus particulièrement dans le monde du sport. Plusieurs facteurs à l’origine. Et l’écrivain Mandiaye Gaye d’indiquer d’emblée que « des mesures préventives doivent être prises pour encadrer les combats de lutte et manifestations sportives » généralement suivies de violences. Il a notamment souligné le rôle de l’Etat qui selon lui, « doit prendre ses responsabilités », de même que la Justice au niveau des sanctions. « J’ai consacré à la question des violences un chapitre dans un nouvel ouvrage intitulé ‘La problématique de la citoyenneté au Sénégal’ », a rappelé l’écrivain.

«Si la sécurité coûte cher, on n’a qu’à essayer l’insécurité et on verra »

Mais, si on parle de recrudescence de la violence dans les stades et dans les arènes, dans la société d’une manière générale, « c’est en partie dû aux coupures d’électricité », constate Ramatoulaye Sarr pour qui l’insécurité est devenue générale, « les coupures de courant y sont pour quelque chose, car les agresseurs et malfaiteurs profitent du noir pour s’attaquer à leur victimes», a-t-elle ajouté.
Seydina Seck aborde dans le même sens et laisse entendre que « le phénomène des agressions est de retour au Sénégal ». Il poursuit : « les jeunes de 15 à 30 ans sont les plus concernés par les violences, ils en sont et les auteurs et les victimes à la fois. Malheureusement, l’Etat ne prend aucune mesure pour endiguer ce fléau. » Et le chroniqueur de regretter que « la police n’est pas respectée ». Pis, « elle n’est pas bien équipée pour faire face à des cas de violences. » Mais, renchérit-il, « si la sécurité coûte cher, on n’a qu’à essayer l’insécurité et on verra. » Babacar Touré, quant à lui, s’est indigné de l’omniprésence de la violence dans la société sénégalaise, mais se montre plus préoccupé par « les femmes et les enfants, des victimes vulnérables. » Le journaliste d’investigation regarde dans le rétroviseur et se rend compte que c’est « vers la fin des années 90 qu’il y a eu beaucoup plus d’agressions et de violences au Sénégal ». Toutefois, Babacar Touré a indiqué ne pas trop se focaliser sur la violence dans les arènes ; il ne perd pas de vue que les l’approche des élections demeure un « élément déclencheur de violences ». Même s’il partage l’avis sur le règne de l’insécurité au niveau des stades, dans l’arène avec les combats de lutte. En revanche, le journaliste d’investigation constate « un manque d’effectifs dans la police dont le rôle est de protéger et de sécuriser les populations ».

Le Chroniqueur Seydina Seck
Le Chroniqueur Seydina Seck

« L’Etat doit revoir la sécurité publique »

Qu’en est-il des violences faites aux femmes ? Un point largement débattu par les intervenants. Ramatoulaye Sarr, pour sa part, indexe l’accoutrement des femmes, les tenues indécentes qu’elle juge provocantes pour les hommes, dont « certains sont malades, et doivent se soigner ». Un avis partagé par Mandiaye Gaye.
Et Ramatoulaye Sarr de poursuivre : « à Thiès par exemple, il y a des endroits mal éclairés, où des femmes ont été agressées. Parmi elles, une jeune fille voilée, et une autre, élève dans un salon de coiffure, agressée sexuellement avant d’être tuée par ses bourreaux ». Pour la jeune journaliste, « toutes les femmes sont exposées, elles sont des victimes éventuelles et il convient de prendre des mesures adéquates ». Les tenues indécentes, à leur tour, peuvent être perçues comme une « violence faite aux hommes », a-t-elle ironisé.
D’autre part, réduire de manière considérable les violences nécessite « un changement des mentalités et des comportements », conseille Seydna Seck.
Quant à Mandiaye Gaye, il a une fois de plus indexé l’Etat, et regrette que « les policiers, par exemple, ne vont pas dans les endroits où il n’y a pas d’électricité ». Le soir, renchérit-il, « les forces de l’ordre doivent veiller à la sécurité des populations », car « un Etat, c’est d’abord la sécurité », dira l’écrivain, qui s’est interrogé sur l’éventualité de mettre l’armée à contribution pour épauler les effectifs de police. Mandiaye Gaye demeure convaincu, que « l’Etat doit revoir la sécurité publique ».
Dans le même ordre d’idées, le traitement des faits-divers dans les médias a été abordé dans l’émission. « Lorsqu’on est victime de violence, on a le malheur en plus de se trouver dans la presse », remarque la journaliste reportère, qui constate que les noms des victimes sont parfois cités dans la presse, en lieu et place des initiales. « Il est préférable pour les confrères de mettre les initiales » lorsqu’on relaie un fait-divers, une agression. Des détails élémentaires, mais qui ont tout leur importance, a-t-elle estimé. Babacar Touré, lui, évoque des questions de « sociologie africaine », voire sénégalaise, qui consistent à mettre sur le devant de la scène « tout auteur de malfrat ». Mais pour lui, certains manquements de la presse doivent faire l’objet d’une plainte de la part des personnes mises en cause. Il y a aussi des situations où le procureur a le droit de s’autosaisir, a-t-il rappelé.

Le journaliste Babacar Touré
Le journaliste Babacar Touré
Qu’en est-il de l’impunité ? « La question de la violence n’a pas l’air d’intéresser les autorités de l’Etat », revient à la charge Mandiaye Gaye, conforté par Seydina Seck : « les auteurs d’agressions et de violences doivent être livrés à la vindicte populaire, au lynchage médiatique », dira-t-il à propos de ces hommes qui brutalisent les femmes. Toutefois, il constate qu’« il y a trop de masla (arrangements) au Sénégal ».
Si Ramatoulaye Sarr a préconisé de « revoir les peines pour décourager les auteurs de viol », Mandiaye Gaye, lui, reste persuadé que « certains criminels bénéficient de la complicité de personnes ou des autorités. S’ils sont condamnés, ils ne purgent pas la totalité de leur peine», regrette l’écrivain. A l’entendre, « la loi doit être plus sévère. L’Etat ne construit pas de prisons », a-t-il pointé du doigt, non sans indiquer son étonnement devant la « surpopulation carcérale », une triste réalité. « Les violeurs, criminels et bandits de grand chemin ne doivent pas bénéficier d’une remise de peine », a-t-il conclu.
Propos recueillir par Momar Mbaye
[L'audio de l'émission sera bientôt disponible]
Thiesvision.com
Rédigé par le Samedi 1 Octobre 2011 à 01:30 | Lu 2530 fois




1.Posté par bada le 04/06/2012 10:55 | Alerter
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thiès ne mérite certainement pas.Imaginez une de ses filles qui passe pour une étudiante modèle, en fait n'en est point.
Elle passe le plus claire de son temps en mbarane thiagatou,dans les call center,les paillotes, elle pratique l'amour pae SMS.
Comment opère t elle? Enfait elle passe une vidéo sur youtube.Clik sur ce lien pour voir la vidéo :[youtu.be/otUZZ6XDpvk], où elle met en valeur ses attributs.
Et sur facebook où elle a + 812 contact, elle prend ses rendez vous.
Elle doit être démasquée car elle fait le déshonneur de notre ville

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