Audio - Dérives de l'Information People. Quatre Journalistes analysent les Dessous de la Presse people au Sénégal

Quand devient-on people ? Comment faire de l’information « people » sans rentrer dans la vie privée des personnes ? Quelle frontière établir entre vie publique et vie privée ? Ces sont les questions auxquelles ont répondu les journalistes Babacar Touré, Basile Niane, Lala Aïcha Fall et Seydina Seck. Invités de l’émission « çà fait débat » sur TVM, ils ont donné leur appréciation du traitement de l’information people au Sénégal, et réagi aux événements récents qui ont secoué le monde des célébrités.
Ecouter l'entretien


Le journaliste et blogueur Basile Niane, un passionné du net
Le journaliste et blogueur Basile Niane, un passionné du net
Un people, est-ce forcément quelqu’un de célèbre ? Un artiste, un journaliste, présentateur à la télé ? Ou encore une personne riche ? « Il y a une différence entre une célébrité et une star », précise d’emblée Basile Niane, qui indique qu’au Sénégal, « on lit plus l’information people que tout autre chose ». Basile est d’avis que le people passionne beaucoup nos compatriotes. « Les auditeurs ou téléspectateurs par exemple, dit-il, rêvent souvent de voir leurs idoles de la télé ou de la radio ».

derives_de_linfo_people.mp3 Dérives de linfo people.mp3  (28.38 Mo)



La consoeur Lala Fall Aïcha, une ancienne de Jokko FM et animatrice de "Djotayou Émigré" sur TVM
La consoeur Lala Fall Aïcha, une ancienne de Jokko FM et animatrice de "Djotayou Émigré" sur TVM
Qu’en pense Lala Aicha alors ? « Le people a forcément quelque chose à voir avec la célébrité ». Mais « au Sénégal, « il est facile de devenir people », a-t-elle renchéri. Parce que lorsqu’on est conjoint d’une personne célèbre, il y a de fortes chances qu’on soit traité comme people. » Et la jeune journaliste de regretter qu’« il n’y a plus de secrets maintenant, parce que difficile de sauvegarder sa vie privée à cause des journaux et sites internet. Chacun a droit à une vie privée ».
Quant au chroniqueur Seydina Seck, il est d’avis que « la célébrité n’est pas de tout repos ». Le journaliste selon lui, ne doit pas « consommer » ou publier toutes les infos qu’il reçoit sans vérification préalable. « Il faut toujours vérifier », a-t-il indiqué car « il faut une éthique et une déontologie pour pratiquer ce métier ». Sauf que « nous devons revoir la façon de traiter l’info au Sénégal. Il est certain que les Sénégalais adorent l’information people. La preuve, les photos d’homosexuels publiées dans Icône Magazine », a-t-il ajouté.

Babacar Touré, journaliste d'investigation et ancien correspondant de l'Observateur à Paris
Babacar Touré, journaliste d'investigation et ancien correspondant de l'Observateur à Paris

En revanche, Babacar Touré, lui, fait parler ses expériences personnelles et met l’accent sur tout autre chose. Le people, « c’est celui dont le comportement, le moindre fait et geste suscite des réactions ». Pour certains d’entre eux, « tous les moyens sont bons pour faire parler d’eux. Y en a qui appellent au niveau des rédactions pour demander qu’on parle d’eux. Certains sont capables même d’incendier leur propre domicile rien que pour attirer l’attention sur leur personne », a-t-il commenté. Toutefois, tient-il à préciser, « dans le milieu de la presse sénégalaise, en dehors du groupe Sud (radio et quotidien), tous les quotidiens appartiennent à des hommes d’affaires, qui pour la plupart ne sont mus que par le profit, le chiffre, le business ». Et Babacar Touré de citer l’affaire « Aïda Mbodj », un dossier intitulé « Les dessous de Aida Mbodj » publié dans un magazine people, et qui a fini au tribunal. « Quelqu’un a commandité un dossier sur Aïda Mbodj, il a mis beaucoup de pognon sur la table », informe le journaliste d’investigation, qui dit parler en connaissance de causes.

Le chroniqueur de Xalimasn, Seydina Seck
Le chroniqueur de Xalimasn, Seydina Seck
Que pense-t-il du métier de journaliste ? « Le journaliste, c’est avant tout celui qui traite l’information, et non celui qui crée l’information », souligne l’ancien correspondant de l’Observateur à Paris. « De nos jours, les journalistes créent l’information, et c’est regrettable », a-t-il déploré.
Réagissant sur les accusations formulées à l’endroit de Keb’s Thiam, le blogueur Basile Niane n’y va pas avec le dos de la cuiller. « Ce qui se passe en ce moment, c’est du n’importe quoi, cela n’a rien à voir avec journalisme people. On ne peut pas se réveiller un beau jour et raconter des histoires. Il faut aller à la source de l’information, autant que possible », a-t-il indiqué. « Nous, en ce qui nous concerne, on a voulu donner l’autre version, c’est pourquoi nous avons interviewé Kebs’ Thiam ». Une attitude responsable, largement partagée par Lala Aïcha, qui recommande plus de professionnalisme, à l’instar de Seydina.
Quant aux journalistes de Walf Grand Place qui ont écrit sur Keb’s Thiam, «ils auraient pu contacter l’animatrice avant d’écrire quoi que ce soit. A mon avis c’était pour vendre du papier, tout simplement», a conclu la jeune journaliste.
Thiesvison.com
Rédigé par le Jeudi 25 Août 2011 à 23:30 | Lu 3006 fois


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