Audition de Karim Wade: Les limiers tombent le masque

Par Vieux SAVANE - Les gendarmes de la Section des recherches de Dakar ne sont pas aussi niais que certains auraient pu le penser et le fils prodigue n'est pas l'intelligence à nulle autre pareille tant vantée par ses thuriféraires. Performants, les enquêteurs sénégalais sont bien capables de démêler l'écheveau le plus alambiqué, et Karim Wade serait, selon certaines indiscrétions, en train de s'en rendre compte à ses dépens.


Audition de Karim Wade: Les limiers tombent le masque
Nos sources nous indiquent ainsi que pour l’instant, les enquêtes portent sur les sociétés et créations d’entreprises qui ont été montées, via des prête-noms et autres intermédiaires. Toutes auront été érigées dans le champ de compétence de l’ancien ministre d’Etat. Ministre des transports terrestres et aériens, il aurait par des voies détournées, souscrit des actions dans la société d’assistance au sol des avions, Sénégal Handling Service (Shs). Il serait aussi impliqué dans la création de Cd Médias, propriétaire du quotidien Le Pays et du site d’informations en ligne « lesenegalais.net » ainsi que de AV Médias, propriétaire de Canal Infos. Des sociétés qui vont se démultiplier en prenant des parts dans d’autres sociétés, etc. Si le nom de Karim n’apparaît pas expressément, il a été établi que les prises de parts ont été déposées par des hommes de main.

Traqués, certains de ces prête-noms qui, expliquent nos sources, n’avaient aucun intérêt à tomber sous le coup de faux témoignages, ont livré leurs parts de vérité. Ils ont ainsi maintenu leurs allégations lors des confrontations qui ont été organisées avec Karim Wade. Aussi, venu répondre dans un premier temps « avec beaucoup de suffisance », Karim Wade serait en train de voir sa confiance fondre comme karité au soleil et ce, au fur et à mesure qu’il prend conscience du travail abattu par les enquêteurs et de l’étau en train de se resserrer autour de sa personne. Il s’avère, selon certaines indiscrétions, que Karim a été mû par une telle boulimie que la grande question qui se pose pour les enquêteurs est de venir à bout de toutes ces ramifications. En France où ils ont été dépêchés pour se faire une religion sur ses biens mal acquis, les avocats dépêchés par l’Etat du Sénégal seraient sur le point de déposer une plainte contre l’ancien ministre d’Etat.

A la question de savoir si le pouvoir actuel ira jusqu’au bout de sa démarche de transparence en ne cédant à aucune pression, d’où qu’elle puisse venir, la réponse se fait avec une tranquillité désarçonnante : « Parce que vous en doutez » ?

Lorsqu’on répond à cette interrogation en affirmant que les Sénégalais semblent être quelques peu circonspects au regard du traitement généralement réservé à ce genre d’affaires, nos sources, un tantinet désolées, répliquent par un sibyllin «On verra donc ». Histoire de dire que leur détermination est sans faille. C’est ainsi que Amadou Bâ, directeur de cabinet du ministre de la Justice, a indiqué, mercredi 21 novembre, à l’occasion de la 18ième réunion plénière de la commission technique du Groupe international d’action contre le blanchiment d’argent (Giaba) que : « Les derniers publics seront protégés et préservés. Ceux qui en ont illégalement profité et abusé rendront compte. A tout prix, force restera à la loi ».

Tout puissant ministre sénégalais, le plus capé qu’il fût sous le magistère de son président de père, si Karim Wade croyait pour ses affaires avoir procédé à des montages financiers sophistiqués et bien verrouillés dans lesquels d’éventuels enquêteurs ne verraient que du feu, il devra alors déchanter. Les innombrables qualités prêtées à son fils par l’ancien chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, pour justifier le fait de l’avoir bombardé ministre d’Etat, ministre des Infrastructures, de la Coopération internationale, des Transports aériens et de l’Energie là où ses autres collègues se retrouvaient à piloter péniblement un seul secteur, risquent de ne pas lui être d’un grand secours. Ce népotisme frisant un sans gêne gorgé de mépris est tout simplement en train de se fracasser contre le mur des évidences.

En tout état de cause, tout semble indiquer que le gouvernement Macky Sall est dans son ensemble acquis à l’idée que la traque des biens mal correspond à une demande sociale. Qu’elle est aussi importante que la baisse du prix des denrées de première nécessité, puisqu’il s’agit de remettre le travail, la morale et l’éthique au cœur de l’activité politique et économique. Non pas dans une perspective revancharde mais dans une volonté d’inscrire l’espace social dans le «yonnu yokkute ». Comme le soulignait le directeur de cabinet de la ministre de la Justice lors de cette même réunion : « c’est la seule voie nécessaire pour atteindre le progrès et changer qualitativement le quotidien des populations qui ont déjà eu à consentir tant de sacrifices ». A l’évidence, le Sénégal aura de la peine à atteindre un tel objectif en étant soumis à la prévarication et à la concussion qui ouvrent plutôt le chemin de la paupérisation.
Sud Quotidien
Rédigé par le Lundi 26 Novembre 2012 à 22:52 | Lu 130 fois


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