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BATAILLE DE THIES - Macky Sall a-t-il les chances de déboulonner Idrissa Seck ? (Analyse)

ThiesVision.com - Le camp présidentiel pourra-t-il faire tomber Idrissa Seck dans son fief ? Le Président Macky Sall a-t-il à Thiès les hommes et les femmes capables de faire face au « puissant appareil politique » de Mara (surnom du président du Conseil départemental de Thiès) pour arriver à déboulonner ce dernier et s’en prendre à sa citadelle ? En tout cas, nombre de Thiessois de constater que « toute cette pléiade d’hommes politiques dans le camp présidentiel, constitués pour l’essentiel de ministres, député, PCA et DG de sociétés nationales parait électoralement très légère et politiquement inefficace pour venir à bout l’ancien Premier ministre ».


Le président Macky Sall, en recevant la mouvance présidentielle à la gouvernance de Thiès, lors du Conseil des ministres décentralisé, avait dit toute sa déception et son pessimisme de voir Benno Book Yaakar triompher au soir des dernières élections locales. Et l’histoire lui donna raison du fait de la débandade de ses troupes qui « peinent toujours à mobiliser » convenablement face à un Ndamal Cajoor qui refuse encore de se laisser laminer dans son propre fief.
Le camp présidentiel parviendra-t-il à chambouler un peu la hiérarchie dans la ville de Refus perçue comme la mère des batailles pour ces élections législatives du 30 juillet, toujours présentée comme un bastion imprenable pour l’ancien Premier, Idrissa Seck ? En tout état de cause, le Président Macky Sall, conscient du fait que le Référendum et les échéances du HCCT ne sont pas un baromètre pour toucher du doigt la réalité du terrain, lui, ne cesse de manifester ses inquiétudes par rapport à la détermination de ses troupes à relever le défi. Selon nombre de Thiessois, Bref, encore convaincus que les administrés de l’ancien maire de Thiès ne sont pas près de lâcher l’homme qui a modernisé le visage de leur ville, « depuis le 25 mars 2012, date de l’élection présidentielle qui a consacré l’avènement de Macky Sall au pouvoir, la famille politique présidentielle peine à se construire une base solide dans cette ville au bassin électoral si riche, à la position géographique aussi stratégique, encore présentée comme un bastion imprenable pour l’ancien Premier ministre, Idrissa Seck ». Un camp présidentiel qui semble se vexer de son impuissance à chambouler un peu la hiérarchie pour venir à bout du président de Rewmi, lequel n’entend toujours pas se laisser vaincre dans sa propre forteresse.
Aux yeux de nombre d’observateurs de la scène politique thiessoise, « à Thiès, les hommes et les femmes du Président, dont la plupart sont perçus, qui comme des politiciens de salon, qui des cadres du dimanche, ignorant totalement le quotidien des Thiessois, ne font rien pour garantir à leur leader la victoire et la sympathie des électeurs ». Pour ce cadre cheminot à la retraite, Djiby Diouf, « les dirigeants locaux apéristes, loin de travailler pour la massification de leur parti, loin de faire l’unanimité, font plutôt dans la mascarade ». Beaucoup de Thiessois pensent qu’ « ils peinent presque tous à mobiliser, ne mouillent pas suffisamment le maillot ». Sidy Fall, analyste politique, lui, de soutenir : « au pouvoir à l’échiquier national, l’Apr reste à Thiès un parti d’opposition qui peine à se construire une base solide ». Bineta Ba, responsable politique apériste à Thiès-nord, trouve, elle, qu’une telle situation serait surtout due au fait que « la majeure partie des lieutenants de Macky Sall, à Thiès, même s’ils ont été tous récompensés par le président de la République, ressemblent aujourd’hui plutôt à des affairistes qui ne s’intéressent aux militants qu’à l’approche des échéances électorales ». D’ailleurs, elle dit avoir perçu le déroulement des dernières élections locales, dans le camp présidentiel à Thiès, comme une « véritable foire à l’arnaque façonnée par des alliances contre nature, avec, en toile de fond, la préservation des intérêts et la quête d’un statut social via la politique ». Papa Amadou Sall du Parti socialiste se veut, lui, catégorique : « il ne faudrait pas que les gens persistent à croire que Thiès est imprenable. Selon les résultats de l’ancien Premier ministre, de 2007 à maintenant, Thiès reste bel et bien encaissable. Tout est maintenant question de stratégie. Le Président Abdoulaye Wade, pour venir à bout de Idrissa Seck, n’avait pas lésiné sur les moyens. Il avait mobilisé une pléthore de ministres, députés, sénateurs, directeurs généraux, Pca, et même de Premier ministre. Pour maintenant ne voir que du feu du fait d’une famille désunie qui procédait comme une armée mexicaine, face au puissant appareil politique de Idrissa Seck ».
Selon nombre d’observateurs de la scène politique thiessoise, « dans leur démarche, les gens de l’Apr, trop gourmands pour ne pas être généreux avec les alliés, n’ont aucun ancrage sociologique réel à la base, montrant une boulimie telle que les autres parties prenantes de la coalition Benno Bokk Yaakaar d’égale dignité ne sentent pas la nécessité de mouiller suffisamment le maillot pour avoir, sur le terrain, le même degré d’engagement ». Henriette Tine, membre de la société civile, elle, préfère rappeler les « lieutenants » de Macky Sall à leurs devoirs, afin qu’ils soient plus modestes et revoient leurs ambitions à la baisse. Elle leur rappelle qu’« un statut de parti présidentiel n’est pas une caution pour d’office gagner une ville, une localité comme Thiès. Si cela était évident, Me Abdoulaye Wade, du temps de sa ‘’toute puissance’’, aurait déjà gagné à Thiès. Il faut des responsables d’envergure, de premier plan, des leaders avec des bases réelles à Thiès ». Sa conviction, lui, Tapha Thiam, cadre dans une boite de la place demeurant au quartier Grand-Thiès, en tant qu’acteur politique très avisé à Thiès, est que « le schéma pertinent qui vaille aujourd’hui consiste pour Bby à éliminer toutes les barrières partisanes pour se retrouver autour de l’essentiel ».
Toujours est-il que l’ancien Premier ministre, même s’il a eu à subir un certain « dégraissage », de 2007, sa première élection, à maintenant, l’électorat de Rewmi s’étant effrité avec beaucoup de départs, nombreux sont les Thiessois qui, encore, jurent par lui et par son projet politique. Aux yeux de certains acteurs politiques, « Idy n’acceptera pas d’être battu, laminé dans son propre fief ». Ils rappellent qu’« en 2009, le Président Abdoulaye Wade, pour venir à bout de ce fils adoptif, n’avait pas lésiné sur les moyens. Il avait fait des listes avec une pléthore de ministres, députés, sénateurs, Directeurs généraux, PCA, etc. Et même de Premier ministre ! Toutefois, le Pape du Sopi n’avait aperçu que du feu dans la ville aux-deux-gares ».
Aujourd’hui, le camp de Macky Sall, est-il vraiment capable de relever le défi de faire face au « toujours puissant appareil politique » de l’ancien Premier ministre ? Aïda Diop de la zone-nord, une militante de l’opposition qui soupçonne à travers la « préoccupation » de Macky Sall une tentative de musellement d’un potentiel adversaire politique à la présidentielle de 2019, elle, ne voudrait jamais perdre définitivement « la possibilité d'un autre Sénégal avec le président Idrissa Seck ». Un souhait que partagent largement d’ailleurs nombre de citoyens de la capitale du Rail, convaincus que « les Thiessois ne se laisseront jamais emporter ou emballer par le régime de Macky Sall ». Qui pensent qu’aujourd’hui, « la priorité no 1 de Macky Sall, c’est de liquider Idrissa Seck ». Nombreux sont nos interlocuteurs qui, comme le maire de la commune de Thiès-Nord, Lamine Diallo, sont d’avis que « le Président Abdoulaye Wade qui, en 2009, n’avait pas lésiné sur les moyens pour venir à bout de l’ancien Premier ministre, reste, lui, convaincu que Mara, son Rewmi et ses alliés ont, encore, de beaux jours devant eux ». Chef de famille au quartier Cité Lamy, Laye Sy, cheminot à la retraite, lui, préfère plutôt insister sur le fait que « Thiessoises et Thiessois se disent conscients du fait que « perdre Idrissa Seck équivaudrait à un gâchis politique incommensurable, ce serait même se liquider ». D’où cette « forte progression de la vague de sympathie favorable à Mara », remarque-t-il. Lamine Diallo se dit convaincu que « les Thiessois qui ont bien compris qu’au delà de tout cela, Idrissa Seck reste un leader national dont le fief politique est le Cayoor, ne pourront pas, sous aucun prétexte, laisser tomber l’homme des Chantiers de Thiès pour les beaux yeux de Macky Sall ». Et d’ajouter : « les Thiessois ne sont nullement dupes, ils savent que ce que veut véritablement le Président Sall c’est qu’il ne puisse pas, en 2019, avoir en face de lui un adversaire politique de taille de la trempe d’Idrissa Seck ».
Les élections législatives du 30 juillet 2017 constituant un tournant important pour la ville et le département de Thiès, un enjeu particulier, d’autant qu’étant le fief de l’adversaire le plus redoutable du Président Macky Sall, l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, nombre d’observateurs, qui les considèrent comme une grande « finale » entre les coalitions adverses, de croire que« qui remportera la bataille législative aura beaucoup de chance d’avoir une position prépondérante pour la présidentielle de 2019 ». Seulement, sont constatés « Beaucoup d’errements, d’aléas, caractérisant la profonde léthargie dans laquelle s’est enlisée l’Apr à Thiès, surtout dans la ville où se trouvent les 2/3 des inscrits. Simplement pour faire remarquer que le salut de l’Apr n’est ni dans la division ni dans la dispersion des forces, mais dans l’union sacrée de ses différents bases et responsables à Thiès.
Cheikh Camara
Le Témoin quotidien, avec ThiesVision
Par Le Vendredi 28 Juillet 2017 à 16:49 | Lu 85 fois


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