Chronique d'une journée perdue : Fann Résidence ou le fameux point de p(a)resse de Karim Wade

Seneweb.com - La montagne aura accouché d’une souris. Le fameux point de presse qui a fait courir nos confrères pour atteindre le Point E cette après-midi n’a pas eu lieu finalement. A la place, les journalistes qui se sont rués vers le lieu de résidence de Wade fils se contenteront d’une brève apparition de ce dernier. Et d’un sourire.


Chronique d'une journée perdue : Fann Résidence ou le fameux point de p(a)resse de Karim Wade
L’attente aura été longue. Près de deux heures pendant lesquelles le fils d’Abdoulaye Wade s’est adressé à des militants et soutiens venus le réconforter dans l’épreuve qu’il traverse. Dans une salle archicomble, Karim Wade entouré de quelques collaborateurs, a écouté religieusement les discours des uns et des autres. Des laudateurs pour la plupart. Certains, voyant en lui déjà un futur président de la République. Venus de la banlieue dakaroise pour beaucoup d’entre eux, les soutiens ont rivalisé dans les applaudissements et propos encensant à l’endroit de celui qui a fini par s’habituer aux va-et-vient entre son domicile et la caserne Samba Diéry Diallo où il a été entendu pour la quatrième fois dans le cadre de l’enquête sur les biens mal acquis.

Dans la très luxueuse résidence à Fann, près de la salle où avait lieu la rencontre, à côté de la piscine, la presse est invitée à attendre sagement la sortie de Karim Wade. Quelques responsables du Pds font leur show. Parmi eux, Serigne Mbacké Ndiaye, le porte-parole de l’ancien président. Son arrivée ne passe pas inaperçue ; son sourire en dit beaucoup sur sa bonne mine, lui qui aux bonnes heures du Sopi, avait prédit à ses camarades de parti la prison en cas de défaite d’Abdoulaye Wade. Une prophétie qui est en train de se réaliser, selon certains observateurs.

Serigne Mbacké affiche une certaine complicité avec les journalistes. « Je t’avais pas reconnue, je pensais que « Danga maa fassé », lança-t-il à une consœur, en wolof, puis il s’est mis à serrer des mains. Mon dieu ! Que les temps ont changé, révolus les fameux jours où les partisans d’Abdoulaye Wade au pouvoir rechignaient à voir la presse, agressaient même les journalistes de manière verbale, s’ils ne les intimidaient pas, ou n’envoyaient des nervis saccager leurs locaux. Une chose est sûre, le Pds et ses soutiens apprécient maintenant le travail de la presse en ces temps où la suspicion pèse sur chaque membre de cette formation politique.

Dans la salle de réunion, s’adressant à Karim Wade, une militante commente le traitement de l’information, elle parle d’internet, de Seneweb et de ce qu’elle lit dans les commentaires, une façon à elle, de rassurer ses camarades de parti, Karim Wade en particulier. Des imams, des femmes et délégués de quartiers venus de la banlieue pour la plupart, ont échangé avec l’ex-ministre d’Etat et tiennent à le montrer. « On l’a remercié, on a prié pour lui, on est derrière lui. Que la justice fasse son travail, mais je jure par Serigne Fallou que Karim est blanc comme neige et il sera blanchi », assène une dame à la sortie de la rencontre.

« Approchez, il va parler ! », a ensuite ordonné un des libéraux, invitant nos confrères à se retrouver devant les quelque marches qui mènent à la véranda. Mais difficile voire impossible d’approcher Karim Wade pris d’assaut par les soutiens. Des militants zélés qui font obstacle devant les confrères. Peine perdue. Face à des journalistes armés de micros, de caméras et blocs-notes, prêts à l’interroger, le fils d’Abdoulaye Wade drapé dans un boubou traditionnel marron, une écharpe blanche au cou, le bonnet bien vissé sur la tête, a tout bonnement glissé un sourire, puis a tendu les bras et brandi le poing en signe de victoire. N’eût été la petite chevelure, on aurait dit le clone de son père, Abdoulaye Wade en plus jeune, le teint clair en moins.

Mais Karim ne dérogera pas à la règle, à sa règle habituelle qui est de ne pas parler à la presse. L’ex-ministre « gardera le silence » donc, a sourit de nouveau avant de s’éclipser, laissant à Babacar Mbaye Ngaraf le soin de s’occuper de ses hôtes.

Et c’est Bachir Diawara finalement, son chef de cabinet qui sera chargé de parler à la presse, à plusieurs organes représentés dont Rfi.

On pouvait lire la déception pour ne pas dire l’amertume sur les visages des confrères, beaucoup d’entre eux regrettant d’être venus, d’avoir en quelque sorte, perdu du temps pour couvrir une communication politique plutôt qu’un point de presse inexistant pour lequel ils ont effectué le déplacement. Un fameux point de p(a)resse que nos confrères n'oublieront pas de sitôt, certains se demandant si Karim Wade et ses communicants éprouvent un minimum de respect pour le travail que font les journalistes dont certains estiment avoir fait l'objet d'une tentative de manipulation.
Momar Mbaye
Seneweb
Avec Thiesvision
Rédigé par le Jeudi 29 Novembre 2012 à 01:28 | Lu 149 fois


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