[Contribution] A la Nation, à la République… Par Baye Momar Kébé

Disons-le clairement dès l’entame de nos propos : force restera à la République, seule garante de la nation sénégalaise, le socle qui nous permet de nous identifier comme des semblables devant vivre harmonieusement. Si la Nation traduit notre commune volonté de vivre ensemble et, apparaissant comme une âme pour reprendre Ernest Renan, la République elle, définit les règles permettant de vivre et de demeurer ensemble.


[Contribution] A la Nation, à la République… Par Baye Momar Kébé
Nous rappelons ces principes pour insister sur la cohésion qui doit prévaloir en toutes circonstances. L’actualité récente et les dérives constatées çà et là, nous interpellent en tant que citoyen soucieux de l’évolution démocratique de notre pays et de sa stabilité. Autrement, nous ne retournerions même pas à la tradition d’avant colonisation c'est-à-dire à la réactivation des royaumes de jadis qui avaient pour nom le Djolof, le Sine- Saloum, le Fouta des Sorya et des Alphaya qui, quoique ennemis intimes, réussissaient parfaitement leur alternance.
Les germes posés par les politiques avec la théâtralisation des audits, les religieux se positionnant comme rempart pour recueillir les complaintes d’une classe politique qui a oublié son rôle et la société civile se manifestant en censeur, voilà bien des facteurs qui risqueraient à terme de déstabiliser ce socle qui nous est commun. Et dès lors, assisterions-nous tout simplement à « l’éclatement » du Sénégal notamment en des groupes islamo-féodaux et politiques qui ne laisseraient aucune place à la grande majorité silencieuse qui ne s’exprime que très rarement hélas.
Force est de constater que les pourfendeurs de la République, la vraie, se trouvent à tous les échelles de la société notamment au sommet du pouvoir. Autrement, comment comprendre que, malgré les positions de neutralité clairement exprimées par le Khalife des Mourides, Cheikh Sidy Moctar, les politiques, de quelque bord qu’ils se situent, éprouvent le besoin de se succéder chez lui pour justifier des actions ou des réactions ? Le plus cocasse dans ces agissements, hormis le mépris pour toutes les autres chapelles et confréries, vient du constat unanimement reconnu que les sénégalais distinguent très clairement leurs choix politiques de leur appartenance confessionnelle. Si tel n’était pas le cas, ni DIOUF et encore moins WADE n’auraient quitté le pouvoir au moment de leur défaite. C’est là aussi une preuve manifeste du décalage entre les politiques et la population.
Messieurs, la République est au-dessus des confessions et cette assertion est imprimée dans notre Charte fondamentale qui la veut laïque. Oublions-nous que nous l’avons adoptée par la voie la plus solennelle c’est-à-dire le référendum. Alors, il devient choquant de voir « d’honorables serviteurs de l’Etat » passer leur temps à entretenir une confusion insupportable entre leurs convictions politiques, leur appartenance au parti et l’allégeance au guide. A titre d’illustration, l’incident malheureux de TOUBA, survenu lors du Magal de Serigne Abdou Khadre, nous pousse à nous poser la question suivante : a-t-on le droit de se comporter comme simple talibé lorsque la raison officielle de notre présence quelque part est de représenter le Chef de l’Etat et par conséquent tous les Sénégalais, de toute obédience ?
Nos maux se prolongent parce qu’une certaine « société civile » se voulant objecteur de conscience se mue en « acteur » au point de se permettre de faire le bilan des actions du chef de l’Etat sans manquer de le menacer, de dresser le portrait- robot des ministrables pour écarter Latif Coulibaly ou d’interpeller le doyen MBOW sur sa manière de gérer la réforme institutionnelle à lui confiée. Il urge de repréciser ici et maintenant les contours et le rôle des uns et des autres.
A cette société civile, nous lui demandons de rappeler aux hommes politiques l’égalité de tous devant la loi seul fondement d’une démocratie viable et qui ne saurait composer avec des positions partisanes que la morale réprouve. Ainsi, sommes-nous scandalisés de voir des citoyens accompagner un privilégié de sang, suspecté d’avoir distrait nos milliards pendant que Sarkozy, fraichement débarqué de l’Elysée allait passer 12 tours d’horloge chez un juge d’instruction pour des faits infiniment moins graves sans qu’aucun de ses partisans ne pipe mot.
Aux religieux, intercesseurs entre Dieu et nous, la République serait reconnaissante si, du haut de leur tour marquant leur proximité avec notre Créateur, ils œuvraient pour le raffermissement des valeurs morales d’une société en déliquescence parce que pourrie par l’argent. La nation leur serait aussi reconnaissante si leur influence pouvait servir à assainir les mœurs sociales et politiques ; leur posture, équilibrer les forces à l’image du rôle dévolu à leurs collègues de certaines parties de l’Afrique où la recomposition religieuse a accompagné la recomposition politique. Sous nos cieux les politiques devraient avoir la clairvoyance et le courage nécessaires pour insuffler une mutation des religieux.
Il est temps que la grande majorité, celle là même qui regorge d’hommes et de femmes valeureux, compétents, pieux, honnêtes se lève, s’organise autour de véritables assises et rappelle à tous ce qu’est une République, ce que devraient être les droits et devoirs des uns et des autres. De cette manière, nos institutions seraient plus impersonnelles et à même de pouvoir identifier les vrais problèmes et les vraies solutions pour soulager les Sénégalais.
Pour la nation, rappelons-nous encore Ernest Renan : « L’homme n’est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni de sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des chaînes de montagnes. Une grande agrégation d’hommes, saine d’esprit et chaude de cœur, crée une conscience morale qui s’appelle une nation », valeur que nous nous devons de léguer aux générations futures comme nous l’avons reçue de nos prédécesseurs.
Baye Momar KEBE
Sicap Liberté 3
Rédigé par le Mercredi 28 Novembre 2012 à 00:17 | Lu 127 fois


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