Débrancher un pays entier d’Internet, est-ce si compliqué que cela en 2012 ?

Débrancher un pays entier d’Internet, est-ce si compliqué que cela en 2012 ? C’est la question qui a été posée à Renesys, une entreprise britannique qui vend notamment des solutions pour suivre l’Etat du trafic mondial aux entreprises qui doivent s’assurer que leurs contenus circulent vite et bien.
Ce questionnement fait suite aux récents événements en Syrie, qui s’est retrouvée presque entièrement coupée du réseau international — Internet mais aussi téléphonie mobile — pendant plus de 24 heures. Pour « maintenance », a expliqué le gouvernement de Damas...


Débrancher un pays entier d’Internet, est-ce si compliqué que cela en 2012 ?
En Égypte en janvier 2011, puis en Libye en mars suivant, les régimes avaient aussi fait couper Internet afin d’empêcher les opérations de résistance de se coordonner.« La clé de la résistance d’un réseau connecté à Internet est la décentralisation, et celle-ci n’est pas uniforme dans le monde, explique Jim Cowie, responsable des questions technologiques chez Renesys. Dans certains pays, l’accès international aux données et aux services de télécommunications est fortement réglementé. Il peut y avoir seulement une ou deux entreprises qui détiennent des licences pour transporter le trafic voix et Internet vers et depuis le monde extérieur. [...] Dans ces circonstances, il est presque trivial pour un gouvernement d’émettre un texte qui débrancherait l’Internet. Passez quelques coups de fil ou coupez l’alimentation électrique de quelques installations, et vous avez (légalement) déconnecté l’Internet domestique de l’Internet mondial. Bien sûr, ce niveau de centralisation rend également beaucoup plus difficile pour un gouvernement la défense des infrastructures Internet de la nation contre un adversaire déterminé. »
 
Renesys estime donc que les pays où l’Internet est le plus difficile à atteindre sont ceux qui ont non seulement un grand nombre de fournisseurs d’accès indépendants les uns des autres (c’est-à-dire qu’ils ne dépendent pas eux-même de tuyaux centralisés par une ou quelques entreprises), mais aussi qui sont connectés à de nombreuses sources extérieures. De cette façon, une tentative de déconnexion, « légale » ou illégale, serait longue et complexe. Et on n’en n’est pas là partout. Comme le pointe Renesys, passer d’un unique opérateur historique (typiquement France Télécom en France) à une concurrence ouverte et diversifiée prend du temps, et ce processus n’est pas achevé dans tous les pays.

Débrancher un pays entier d’Internet, est-ce si compliqué que cela en 2012 ?
Partant de ses données, Renesys a ensuite classé les pays selon quatre catégories de risque, plus ou moins grand.
La première est celle où l’Internet est encore très centralisé, qui possèdent « seulement une ou deux entreprises connectées aux frontières » : Syrie, Tunisie, Algérie, Turkménistan, Libye, Ethiopie, Ouzbékistan, Birmanie, Yémen, Corée du Nord, Mali... En tout 61 pays qui sont bien souvent également classés parmi les pays ennemis d’Internet ou sous surveillance par Reporters sans frontières.
Mais les profils sont divers. En Tunisie, l’Internet s’est ouvert rapidement depuis la révolution : on compte aujourd’hui cinq FAI privés sur les 12 du pays — ce qui ne veut pas dire que des liens indirects n’existent pas avec le pouvoir — et on peut être étonné de trouver encore le pays dans la liste des pays les plus soumis à un débranchage soudain. En Algérie, dictature qui n’a jamais rechigné à surveiller les communications, les opérateurs sont plus rares et plus fragiles, notamment en raison de la taille du pays. La Syrie, la Birmanie, le Turkménistan ou le Yémen contrôlent pour leur part strictement les communications entrantes et sortantes. Les coupures locales sont courantes et l’accès à certains sites est interdit. On trouve aussi le Groenland dans cette catégorie... Province autonome du Danemark, quasi inhabitée, cette île géante elle n’est connectée à Internet que par un câble partiellement sous-marin branché à l’Islande et au Canada, ce qui en fait techniquement un territoire facile à déconnecter mais pas une zone sous le coup d’une éventuelle censure.
La catégorie suivante est celle des pays où l’Internet est très fragile, qui ont « moins de dix FAI » connectés aux frontières. Dans cette infrastructure, « il se peut qu’un unique câble ou un unique opérateur possède la quasi totalité de l’infrastructure à partir de laquelle les FAI proposent leurs services ». C’est la catégorie la plus peuplée, avec 72 pays : Bénin, Botswana, Rwanda, Pakistan, Kirghizstan, Ouganda, Arménie, Biélorussie, Iran, Maroc, Bolivie, Laos, Egypte ou Arabie-Saoudite... Là aussi, il s’agit souvent de pays où l’Internet est encore relativement peu développé et donc centralisé dans les mains de quelques opérateurs et/ou de régimes qui mènent une politique délibérée de contrôle de leur réseau domestique. Des informations contradictoires ont notamment, à de multiples reprises, évoqué le projet du gouvernement iranien de déconnecter le pays du réseau international pour ne lui fournir qu’un web maison, strictement censuré.
Au Laos, on compte plusieurs fournisseurs d’accès plus ou moins (plutôt moins) indépendants, mais tous doivent passer par une même structure de surveillance et de censure. Facile, donc, de tout bloquer d’un geste.
L’Egypte est aussi classée dans cette catégorie de pays où débrancher Internet ne serait pas si difficile que cela. « Même s’il y a des centaines de FAI dans le pays, il n’y a en réalité que quatre entreprises qui gèrent des connexions vers le monde extérieur, a commenté pour la radio Voice of America Craig Labovitz, responsable d’analyses chez Arbore Networks, une entreprise américaine de sécurité informatique. Il y a encore moins de data centers qui alimentent l’Egypte. Donc il suffit de déconnecter une poignée de machines pour débrancher le pays. »
Les deux catégories suivantes sont des pays qui seraient selon Renesys plus difficiles à débrancher d’Internet, principalement parce que l’architecture de leur réseau est vaste et diversifiée. Mais on y trouve aussi bien la Chine (« risque assez faible ») que le Canada, les Etats-Unis ou la France (« extrêmement résistants »). Là aussi les profils sont très divers.
On y trouve ainsi l’Afghanistan, pays qui ne brille pas pour ses revendications en faveur d’un Internet libre et conquérant. « Parfois, la diversité du réseau est le produit de la fragmentation régionale et de grands défis techniques, commente James Cowie pour Renesys. Le gouvernement de Kaboul n’a pas les moyens de déconnecter l’Afghanistan parce que son réseau est constitué de divers fournisseurs par satellite, ainsi que de transit depuis l’Ouzbékistan, l’Iran et le Pakistan. »
On s’étonne aussi de trouver la Chine dans la liste des pays seulement difficiles à déconnecter, étant donné que toutes les routes terrestres et les entrées de câbles sous-marins internationaux sont dans les mains de l’Etat, qui revend ensuite le débit à des opérateurs domestiques privés.
Dans tous les cas, l’analyse succincte de Renesys, qui ne fait que répondre à un questionnement de ses clients et ne détaille pas les caractéristiques de chaque pays, évacue largement les connexions par satellite et les communications intérieures. En effet, même déconnecté d’Internet et soumis à la censure, un réseau peut exister en lui-même à l’intérieur des frontières d’un pays. Et des initiatives pour se connecter à Internet malgré le blocage des communications internationales existent aussi, via des ballons ou carrément des satellites.
liberation
 
le Mercredi 5 Décembre 2012 à 18:26 | Lu 76 fois


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