L'ardeur, la rigueur et les sacrifices pour la gloire d'une nation. (Par Daouda Diop, Strasbourg)

Thiesvision.com - Depuis les années 1980, le Sénégal a connu des transitions démocratiques exemplaires en montrant à la face du monde qu’un peuple peut être porteur de voix et de valeurs pour une nation.


L'ardeur, la rigueur et les sacrifices pour la gloire d'une nation. (Par Daouda Diop, Strasbourg)
L’ampleur de cette victoire, la maturité imbue de détermination et de grandeur ne doivent pas pour autant, jeter le voile sur l’immensité des attentes des populations ainsi que le rôle de chaque citoyen d’apporter sa pierre à l’édifice. Le Sénégal doit décoller ! Pour cela, il faut oser maintenant quitter le navire d’échecs qui a prévalu ces dernières décennies. Que chacun sache qu’il ne s’agissait pas uniquement de mettre fin au régime de Wade suite aux déceptions très profondes et aux montagnes de promesses non tenues. Une autre détermination plus soutenue est nécessaire pour ne plus basculer dans les ornières de l’immoralité, des privilèges indus, de l’absence de réponses aux préoccupations des populations sans lesquelles, l’existence de notre nation n’aurait pas de sens. De quoi s’agit-il ?
D’abord il est important de faire l’inventaire d’un choix pour ne plus accepter de rester en éternel suiveur. L’absence d’un système de gouvernement qui nous est propre depuis la dislocation de nos entités politiques constitue une véritable erreur. C’est pour cette raison d’ailleurs qu’il va falloir accorder une importance capitale à ce levier qui doit constituer notre identité politique tout en s’ouvrant au reste du monde. Ce fort génie créatif de notre Sénégal qui a été depuis, enterré, devra désormais accompagner tous les projets de développement sans quoi, notre économie, notre système éducatif, notre culture, notre sport, notre système de santé sombreront dans le crépuscule. La répétition et le recours aux systèmes de gouvernement classique vont à l’antipode des défis du siècle.
Ensuite, le devoir citoyen étant un engagement fort, l’émergence du Sénégal ainsi que le combat pour le développement que les différents gouvernements successifs ont eu à engager sont l’affaire de tous. Chaque sénégalais doit faire montre d’une énergie inégalable car la bonne marche d’une nation n’est pas uniquement constituée de droits. Le devoir accompli est un sacerdoce, une vertu à cultiver au quotidien, dans les foyers, les rues, les lieux de travail, etc.
Le président Macky SALL, dépositaire d’un grand patrimoine national n’est pas un messie sauveur. C’est au peuple sénégalais de prendre en charge son propre destin en se faisant entendre par la dignité au travail et en sauvegardant jalousement dans tous les coins du pays ce mouvement de rupture générationnelle. Ce destin commun impose de la rigueur, de l’ardeur et surtout beaucoup de sacrifices. En guise d’exemple, le defar bamu baax (bien faire les choses) dans les cérémonies (baptêmes et autres manifestations folkloriques) qui consiste à distribuer des billets de banque à tort et à travers au moment où une bonne partie des populations reste accroupie devant la pauvreté galopante, est une preuve d’absence de moralité. Il faut avoir le courage de renoncer à ces habitudes sans remettre en cause nos traditions ancestrales. Par conséquent, la réhabilitation de la loi 67-04 du 24 février 1967 qui avait été promulguée pour réprimer les dépenses excessives est nécessaire. D’autre part, si au pays de l’oncle Sam, Time is money (le temps c’est de l’argent), au Sénégal il est de coutume d’entendre les gens défendre sans gêne, que Xaalis ken duko ligeèy, dañu koy lijjanti (l'argent se gagne autrement que par le travail). Dès lors ne cherchons pas loin pour comprendre l’origine de l’enrichissement illicite et du laxisme menaçant. Face à ces fléaux, mettre la pédale douce serait compromettre la conformité à la morale. Venons-en maintenant à l’Etat !
L’ossature de l’Etat, cette composition souvent inséparable des relations de complaisance n’ont jamais connu un changement majeur. Il faudra les combattre par tous les moyens ! L’élan de la bassesse politique sénégalaise doit être brisé et les fossoyeurs de la République démasqués. La lâcheté de la politique politicienne a plongé notre pays dans un climat honteux de désarroi sur une longue durée et il est temps que ses vannes soient fermées. Le peuple sénégalais a besoin d’un vrai changement, une alternative dont le socle sera l’égalité des droits et des devoirs ainsi que le respect des aspirations du peuple. Quant au fanatisme politique ou religieux qui se nourrit de zèle d’intolérance, d’errance et de croyances injustifiées, ce n’est rien d’autre qu’un refuge identitaire qui n’a rien à voir avec ce riche héritage légué par nos sages et vaillants guides spirituels. Ces courants sont loin de faire la gloire d’une nation.
D’autre part, il ne s’agira pas seulement de diminuer le train de vie de l’Etat, mais d’investir dans des secteurs productifs, facteurs de croissance économique et de développement. Et cela ne sera pas possible sans un système de comptabilité et de finance hautement suivi orientant les dépenses publiques vers les priorités. La rationalisation des choix budgétaires constitue en outre, la clef de voûte de la revalorisation de l’enseignement, de notre système de santé et de notre agriculture. La stratégie de lutte contre la pauvreté dépendra de cette trilogie de facteurs.
Enfin, la gloire d’une nation repose sur le savoir et les connaissances renouvelées. Se mettre à la recherche scientifique est une urgence pour l’Afrique et plus particulièrement pour le Sénégal. Si nous voulons réussir la rupture dans tous les domaines et imposer notre savoir-faire à l’instar des grandes nations, l’Etat doit encourager toute entreprise empruntant cette voie. L’éducation et la recherche sont les seuls canevas par lesquels une société transmet ses valeurs, ses traditions, sa philosophie, sa culture dans l’esprit d’aller à l’opposé des erreurs de l’histoire. L’intellectualité ne doit plus être une affaire de statut qui souffre de son inconsistance dans les milieux d’affaires et de pensées. Ces idéologies polluantes nous ont fait connaître la déchéance et il est temps de mettre le savoir au service du développement en faisant appel aux intellectuels de bonne foi. Loin de dresser un procès d’intention, je n’ai fait qu’accomplir un devoir citoyen : dire ce que je pense en prenant part à l’histoire comme un contemporain immédiat, en m’armant de sincérité et de fidélité à la philosophie de la liberté.
Dr Daouda DIOP, historien-économiste
Diplômé de l’Université de Strasbourg
diop.d@laposte.net
Rédigé par le Lundi 14 Mai 2012 à 21:51 | Lu 1307 fois




1.Posté par Mbaye le 15/05/2012 10:35 | Alerter
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Sama wadji, belle plume belle reflexion dans un français claire! waayé nak wakha gognou finga bokou nak

2.Posté par Mbengue le 15/05/2012 18:23 | Alerter
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Merci Dr Daouda, votre réflexion nous donne un espoir, compte tenu des fuites de cerveau que nous observons de plus en plus. Notre pays ne sera pas "forgé" par des non-sénégalais mais par contre par nous même. je t'encourage à accentuer ces idées pour permettre aux indécis de mieux savoir qu'ils ont leur part de responsabilité à la réforme de notre société et à la reconstruction de notre cher Sénégal par des valeurs exemplaires. Tu fais la fierté de ton pays en général et de ta ville sainte, THIENABA en particulier. Bonne continuation.

3.Posté par Bouki le 20/05/2012 12:48 | Alerter
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Moi je salue le courage de ce monsieur Diop. Non seulement il argumente tres bien mais il a touché la ou ca fait vraiment mal. Et cest la vérité. Je pense qu'il est du FSD BJ. lol

4.Posté par henri le 20/05/2012 21:57 | Alerter
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5.Posté par Demba Thiam le 23/05/2012 20:13 | Alerter
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Asalamu aleykum
YALLA NA SUNYUBOROME BARKELL XAM-XAM BI, TE AGALEE YENEE YEPP FU SUTT SENN NJOTE!

Si je puis me permettre, j'ai l'impression qu'il y a bien un dénominateur commun à tout ceci: les "VALEURS" (aussi bien religieuses, morales, civiques, honnêteté scientifique, conscience professionnelle, ...).

Jame ak Xewel!
YALLA NA SUNYUBOROME DOLLI SUTURA FII AK FANYUJUME§

6.Posté par cheikh le 11/11/2012 13:09 | Alerter
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