Politisation outrancière de l’école sénégalaise, prise en otage par la classe politique. Par Momar Mbaye

Thiesvision.com - Si la plupart des manifestations dans le pays restent motivées par le retrait de la candidature du président Wade, certaines mobilisations le sont pour des raisons autres, tel le retour à l’école et dans les amphis réclamé par bon nombre de professeurs, d’élèves et d’étudiants.


Politisation outrancière de l’école sénégalaise, prise en otage par la classe politique. Par Momar Mbaye
Quel lien existe-t-il entre études et élections ? Apparemment aucune, mais au regard du passé électoral ou de l’histoire politique de notre pays, il est de tradition au Sénégal, en période électorale, que l’école publique et son fonctionnement soient bloqués voire paralysés par une catégorie d’enseignants dont certains peinent à faire la différence entre leurs revendications syndicales légitimes, et le droit des élèves à disposer d’un nombre d’heures de cours suffisant. Mais cette exigence serait, me semble-t-il, la dernière préoccupation des enseignants et professeurs.
L’éducation nationale dans son ensemble est plus que jamais victime d’une politisation qui ne dit pas son nom. Le chantage dont font l’objet élèves et étudiants de la part de certains de leurs professeurs, est à dénoncer avec la dernière énergie. A cela s’ajoutent d’une part le retard accusé dans le démarrage des programmes : le fait que ces étudiants n’aient pas encore emprunté les chemins des amphis, a l’air de ne déranger personne.
D’autre part la douce tragédie que traverse l’école sénégalaise reste étroitement liée aux difficultés relatives à l’orientation des nouveaux bacheliers, en plus de la surpopulation universitaire, entre autres difficultés loin de garantir aux étudiants des conditions d’études adéquates. Censés regagner les salles de cours en octobre dernier, les étudiants de l’Ucad sont encore chez eux et parlent politique en lieu et place des UE, à l’heure où ils devaient entamer le second semestre. Vient ensuite le refus de l’Etat d’assurer pleinement ses responsabilités en termes de financements ou subventions allouées à ces derniers : retards dans le paiement des bourses d’études, infrastructures inadéquates ou inappropriées, professeurs réclamant leurs salaires ou indemnités, chantage par biais de rétention des copies, mouvements de grève interminables avec mots d’ordre renouvelés en permanence, élèves et étudiants désorientés voire déboussolés et nageant dans l’incertitude, tout un cocktail explosif qui fait bouillonner telle une Cocotte-minute les temples du savoir sénégalais, très affectés par l’élection à venir le 26 février prochain.
Entre temps, si élèves et étudiants sèchent les cours, contraints, c’est parce que les enseignants ont préféré déserter amphis et salles de cours ; tout un système reste suspendu, à l’image du pays, au délibéré qui permettra d’en savoir plus sur l’appartenance et la couleur politique que revêt celui qui conduira aux destinées du pays au soir de la présidentielle. L’école sénégalaise, en définitive, demeure la grande perdante de l’élection du 26 février. Les termes « année banche », « année invalidée » ou autres continuent de hanter le sommeil de bon nombre d’élèves et d’étudiants qui, au meilleur des cas, devront passer des examens sans avoir vu l'essentiel du programme scolaire ou universitaire.
En retour, devrait-on s’étonner d’une baisse considérable du niveau des élèves et étudiants. Pourquoi ne pas effectuer des ponctions sur les salaires des enseignants qui désertent les amphis pour des raisons de campagne électorale ? Dans ce cas il faudrait peut-être commencer par le ministre l’Education nationale et son homologue de l’Enseignent supérieur, qui aussi, sont sur le terrain pour les besoins de la campagne électorale. Dans les facultés de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, étudiants, universitaires et candidats (pour certains d’entre eux) à l’élection présidentielle, passent leur temps à parcourir le pays à la recherche d’électeurs potentiels à convaincre. Après les années 88 et 93, on peut se demander si l’école sénégalaise de 2012 ne fera pas les frais d’une forte politisation du système d’éducation, corollaire de l’instabilité politique qui guette le Sénégal à quelques jours d’une élection que beaucoup redoutent.
Momar Mbaye
Rédigé par le Vendredi 24 Février 2012 à 00:40 | Lu 676 fois



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