[Presse] Jean Meissa Diop, 24 ans au service du « Mollah »

Archipo.ocom - Jean Meissa Diop est le prototype d’un jeune qui a connu la galère. Aujourd’hui, il dirige le quotidien Walf Grand Place qu’il a vu naitre, mais n’a pas encore oublié la traversée du désert à Saint-Louis où il a passé quelques années de sa jeunesse. Dans cet entretien, il nous plonge dans son aventure riche en rebondissement…


[Presse] Jean Meissa Diop, 24 ans au service du « Mollah »
Jean Meissa Diop ?

Jean Meissa Diop est un journaliste d’une cinquantaine d’années qui a été formé au Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’Information - CESTI - et issu de la treizième promotion sortie en décembre 1985 et qui porte le nom du Docteur Doudou Guèye, premier africain à occuper le poste de directeur des études au CESTI et par ailleurs père de l’ancienne ministre de l’élevage, Oumou Khairy Guèye Seck. Pour la petite anecdote, j’ai reçu mon diplôme des mains de Djibo Ka, à l’époque ministre de l’information. J’ai fait trois ans au CESTI et un stage au Canada, aux Etats-Unis et en France. Ce qui m’a permis de découvrir la presse nord-américaine et sa méthode de travail. Nous avons passé le reste du stage en France où nous avons rencontré des gens qui sont devenus par la suite de grands journalistes, comme Hubert Prolongeau du journal « Le Monde »

Enfance et origine

Je suis né le 4 octobre 1963, fils de François Diodj Diop décédé en 1994 et de Marie Tine qui vit encore, à Ndiaga Niang dans le département de Mbour où j’ai eu une enfance villageoise très intéressante, très épanouie. J’ai fait tout ce qu’un petit villageois ou un jeune villageois doit faire ; j’ai gardé les vaches, les moutons… j’ai chevauché sans scelle… en même temps j’allais à l’école. J’ai fait l’école primaire chez les bonnes sœurs qui avaient une école privée catholique dans le village. La fameuse grève des étudiants de 1968 m’a trouvé au CE1.
Les répercussions se sentaient jusque dans mon village où j’ai vu des paysans qui avaient été mobilisés pour aller défendre le pouvoir chancelant de Senghor. De 1967 à 73, c’est la période de l’école primaire et je dois avouer, sans fausse modestie, que j’étais un brillant élève au primaire. J’ai eu mon entrée en sixième en 1973 et j’avais le choix entre trois lycées. Mon premier choix était le lycée Charles De Gaule de Saint-Louis, deuxième choix, le lycée Malick Sy et troisième, le lycée Blaise Diagne.
J’ai donc été affecté au lycée Charles De Gaule de Saint-Louis alors que mon père n’y connaissait personne, encore moins moi. C’est là où le calvaire a commencé pour moi. J’ai eu un peu de chance en première année ; il y avait un surveillant du lycée Faidherbe qui était de mon village et c’est avec lui que j’ai passé ma première année à Saint-Louis. Mais puisqu’il était célibataire, c’était un peu difficile pour lui. Du coup, il m’a fait savoir qu’il ne pouvait pas continuer, chose que j’ai comprise et que je comprends davantage aujourd’hui.
Par la suite, on m’a mis en rapport avec un policier de chez nous qui a accepté de m’héberger mais qui m’a mis à la porte juste après les compositions de deuxième semestre. J’ai été chassé donc au beau milieu de l’année scolaire puisque l’année était divisée à l’époque en trois semestres. J’ai été condamné à une certaine errance à Saint-Louis où je ne connaissais personne. C’est finalement un ancien ami qui a accepté de m’héberger. Mes parents m’envoyaient de l’argent et il arrivait dès fois où je n’en avais pas.
Du coup, j’étais obligé de tendre la main en quelque sorte. C’est l’année la plus dure de Saint-Louis, ce qui m’a d’ailleurs donné une phobie de cette ville ; je ne voulais plus entendre parler de cette ville. J’ai encore eu un peu de chance avec un professeur qui m’a pris en charge notamment en payant ma part du loyer pour la chambre de mon ami et en me payant à manger tous les jours.
C’est ainsi que j’ai terminé l’année en 1975. A la fin de l’année, j’ai fait une demande de transfert à Thiès. Malheureusement la demande a été rejetée parce qu’il n’y avait pas d’allemand qui était mon deuxième choix. L’année suivante, j’ai choisi espagnol pour aller à Thiès et ma demande a été acceptée. J’ai continué au lycée Malick Sy, de la quatrième à la terminale. J’étais brillant en philosophie, c’est ainsi que mon professeur m’a présenté au concours général lors duquel j’ai été lauréat en 1982.

Etudes supérieures

C’est après le bac, sur instigation de mon ami Antoine Ngor Faye (décédé le 21 septembre 2012) que j’ai fait le concours du CESTI pour devenir journaliste. Mais ma vocation première était de devenir professeur de français. En première année du CESTI, j’ai fait mon stage au journal « Le Soleil » et en deuxième à l’Agence de presse sénégalaise (APS). Après l’APS, je suis retourné faire un stage d’un mois au journal « Le Soleil ». J’ai obtenu mon diplôme de journaliste au CESTI en décembre 1985.

Parcours professionnel

Après le diplôme, le plus difficile était de trouver du travail. Notre promotion a été la première à être confrontée à ce problème ; la douzième, celle de Latif Coulibaly, n’a pas eu ce problème. Moi, j’ai chômé presque pendant un an.
C’est en novembre 1986 que j’ai été recruté à « Afrique Nouvelle », un hebdomadaire catholique qui appartenait à la conférence épiscopale de l’Afrique de l’Ouest. Le journal a fermé en juillet 1987 et le chômage a repris pour moi. En octobre 1987, mon condisciple, Mohamed Bachir Diop m’a informé que Abdoulaye Wade allait ouvrir un journal de campagne qui allait s’appeler « Sopi ak PDS ». C’est ainsi que j’ai fait partie de ceux qui ont porté sur les fonds baptismaux le journal Sopi avec Jean Paul Diaz comme directeur de publication et Mamadou Oumar Ndiaye, rédacteur en chef, qui est actuellement directeur de publication du journal « Le Témoin ». C’est à Sopi que j’ai rencontré tous ceux qui tournaient autour de Me Wade à l’époque.
C’est pourquoi je dis d’ailleurs quelques fois que je pouvais réclamer ma part du Sopi. Le journal se vendait bien, mais il y avait un amalgame parce que les permanents du Pds étaient payés à partir de là et donc les journalistes n’étaient pas la priorité. Moi je ne pouvais plus tenir avec les difficultés à percevoir les salaires.
En 1988, je suis parti à Walfadjri. J’ai commencé par être pigiste, puis reporter. J’ai été chef de desk culture, rédacteur en chef adjoint de Walfadjri et rédacteur en chef. En 2005, Sidy Lamine m’a confié le soin de réfléchir à la création d’un quotidien d’information sociale. C’est ainsi que Walf Grand Place a vu le jour. Alors c’est cette expérience que je dirige depuis 2005.
Mais il y a une année, de juillet 2011 à juillet 2012, j’ai été médiateur des rédactions de Walfadjri. J’étais donc l’interface entre le public et les rédactions mais aussi entre les rédactions. Les réclamations venaient de partout ; je me souviens encore de Moustapha Cissé Lô qui a une fois débarqué ici (l’entretien s’est fait dans son bureau de Walf Grand Place) tout furieux d’avoir été mis en cause par un article. Nous avons toutefois pu enterrer le conflit avec les propositions que je lui avais faites. Après cette période de médiation, j’ai repris mon poste de directeur de publication de Walf Grand Place.

Je voudrais vous parler d’une autre expérience : l’enseignement. J’ai encadré les étudiants de la troisième année du CESTI, option presse écrite, pour la production d’un journal école. Je donne également des cours de journalisme dans certaines écoles de formation.

Relations avec Sidy Lamine Niasse

Mes relations avec Sidy sont des relations de travail, de respect réciproque. Il est présent dans ce que je fais mais pas au point de me dicter sa volonté. Je ne suis pas quelqu’un à qui l’on dicte quoi que ce soit.

Famille
Je suis marié à une seule épouse et je compte rester monogame ; c’est ce que j’ai signé. Je suis père de deux filles de 18 et 16 ans.

Projets
J’ai en projet d’écrire des livres, un roman ou bien mon expérience personnelle. Je voudrais aussi, c’est la sociologue Fatou Sow Sarr qui m’a fait la suggestion, éditer mon mémoire sous forme de livre. J’ai déjà contacté un éditeur qui m’a dit effectivement que l’idée est intéressante.

Source: Archipo.com
Rédigé par le Lundi 22 Octobre 2012 à 13:36 | Lu 256 fois


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