République démocratique du Congo. Rebelles et armée s'affrontent à Goma

Des rebelles du M23 aux abords de Goma, à l'est de la République démocratique du Congo, Regain de tensions entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda. Après un week-end marqué par les violences dans la région de Goma, capitale du Nord-Kivu congolais, les échanges de tirs ont repris lundi entre les rebelles du M23 et l'armée congolaise aux abords de la ville, notamment dans les quartiers de Munigi, à quelques kilomètres du centre.


De quoi s'accusent Congolais et Rwandais ?

 
D'un côté, le porte-parole de l'armée rwandaise, le général Joseph Nzabamwita, a accusé les troupes de la RDC d'avoir tiré à l'arme lourde en direction du territoire rwandais lundi 19 novembre, visant la zone de l'aéroport de Gisenyi, localité frontalière de Goma, capitale de la province congolaise du Nord-Kivu.
 
Côté congolais, le porte-parole de l'armée à Goma, le colonel Olivier Hamuli, a déclaré "qu'aucun ordre de tir n'avait été donné en direction du Rwanda", indiquant qu'au contraire, les soldats congolais avaient été visés à plusieurs reprises ces derniers jours par des tirs de mortiers venus du Rwanda. 
 
Dans les faits, Kinshasa accuse le Rwanda de chercher à déstabiliser la région en soutenant la rébellion du M23, ce que Kigali nie. 
 
Qui sont les rebelles du M23 ? 
 
Leur nom fait référence à l'accord de paix signé le 23 mars 2009 par les autorités de la RDC et les rebelles congolais pro-tutsis du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), soutenu par le Rwanda. Selon L'Express.fr, qui dresse le portrait de cette organisation, "ce texte prévoyait notamment l'intégration des combattants du CNDP au sein de l'armée régulière [congolaise]. Invoquant le non-respect de ce pacte, ceux-ci se sont mutinés et ont pris le maquis dès avril."  En octobre, ils ont notamment choisi de se renommer "Armée révolutionnaire du Congo".
 
Que veulent-ils ? 
 
La rébellion opère dans le Nord-Kivu, un territoire convoité pour ses énormes ressources minières, où se côtoient dans la violence de nombreuses ethnies, issues de vagues d'immigration successives. "La frange la plus radicale du M23 admet ainsi œuvrer à la chute du président Joseph Kabila, fort mal réélu fin 2011", indique L'Express. 
 
Leurs principales revendications sont "le retour de tous les Congolais réfugiés, vivant à l’extérieur du pays, en exil ; la reconnaissance des grades formels de tous les officiers des groupes armés et ceux du CNDP en particulier, l’intégration politique des membres du CNDP au sein du gouvernement central", indique Slate Afrique. 
 
Le M23 attribue au gouvernement la responsabilité des derniers affrontements qui se sont conclus dimanche par la défaite de l'armée aux portes de Goma. Le mouvement rebelle a annoncé que si les autorités de Kinshasa refusait de négocier, il poursuivrait "sa résistance contre le gouvernement (...) jusqu'à sa chute".
 
Que se passe-t-il à Goma ? 
 
Lundi, le M23 a affirmé sur son compte Facebook s'être emparé de l'aéroport de Goma après avoir, dans le week-end, procédé à une offensive majeure jusqu'aux portes de la ville.
 
Les tirs ont en tout cas provoqué une panique dans Goma, les habitants cherchant à fuir vers le sud et vers Gisenyi, le poste-frontière avec le Rwanda. Selon un membre de l'hôpital Heal Africa, six blessés, dont certains grièvement, ont été admis à la suite du bombardement d'un hôtel situé en périphérie.
 

Comment réagit la communauté internationale ?
L'Union africaine a "condamné fermement l'offensive" lancée par le M23 et a "demandé à ce groupe d’y mettre inconditionnellement un terme immédiat", dans un communiqué publié lundi. L'UE a exprimé "ses fortes préoccupations concernant la grave crise humanitaire et sécuritaire dans l'est de la RDC et les défis que cela pose pour la stabilité de la région des Grands Lacs", ont indiqué les ministres des Affaires étrangères européens à l'issue d'une réunion à Bruxelles. L'ONU a par ailleurs annoncé l'évacuation de ses employés "non essentiels" de Goma.


Rédigé par Neega Mass le Mardi 20 Novembre 2012 à 01:02 | Lu 237 fois


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