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23 juin 2011 : Le jour où le peuple a chassé Wade du pouvoir

C'est le jeudi 23 juin 2011 que véritablement Abdoulaye Wade a perdu le pouvoir. Un pouvoir «ramassé» des mois plus tard par un de ses fils putatif nommé Macky Sall. Seneweb vous replonge dans ce jour fatidique.


23 juin 2011 : Le jour où le peuple a chassé Wade du pouvoir
Mercredi 15 Juin 2011. C'est ce jour là que véritablement tout a commencé. Me Abdoulaye Wade convoque au Palais les Présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale de l'époque, Pape Diop et Mamadou Seck. Ils étaient tous les deux des ténors du Parti démocratique Sénégalais. Le Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, le directeur de Cabinet du Président de la République, Habib Sy, et le Secrétaire général de la Présidence, Diakaria Diaw sont aussi présents. Il leur fait part de sa volonté d’introduire un projet de loi instituant le «ticket de l’élection simultanée au suffrage universel du président et du vice-président de la République».
Jeudi 16 Juin 2011. Le lendemain, le président de la République, Me Abdoulaye Wade, fait examiner et adopter le projet de loi en Conseil des ministres.
17 Juin 2011. Fort de sa majorité au Parlement (Assemblée nationale et Sénat), Abdoulaye Wade est assuré que son projet de loi instituant le ticket à la présidentielle va passer comme lettre à la poste. Aussi, décide-t-il de le faire examiner en procédure d’urgence.
20 Juin 2011. La conférence des présidents se réunit pour établir le calendrier du passage du projet de loi sur le ticket à la prochaine Présidentielle. Une occasion saisie par les députés, Me El Hadji Diouf et Imam Mbaye Niang, de tirer la sonnette d’alarme. Ils avertissent leurs collègues et ameutent la presse. Le même jour, les jeunes de la coalition «Bennoo Siggil Senegaal» improvisent une manifestation et prennent d’assaut le rond-point Sandaga pour protester contre le projet de loi. Barthélemy Dias est arrêté par la police. Il sera libéré un peu après minuit.
21 Juin 2011. Les forces de sécurité sont en alerte maximale. Des messages sont envoyés à tous les commissariats, postes de police, brigades de gendarmerie et autres services de maintien de l’ordre pour les tenir en éveil. Même ceux qui étaient en repos sont requisitionnés. L’objectif du pouvoir est de contrecarrer toute velléité de troubles en prélude au vote du projet de loi instituant un ticket présidentiel.
Ce jour, vers 15 heures, le député-maire de Saint-Louis de l'époque, Cheikh Bamba Dièye, s’enchaîne aux grilles de l’Hémicycle pour dénoncer le projet de loi instituant le ticket président et vice-président à la prochaine Présidentielle. Les forces de sécurité s'acharnent sur lui, mais il tient bon. Les images font le tour du monde.
22 Juin 2011. Sachant que les choses ne seront pas aussi faciles qu'il le pensait, Wade prépare deux modifications majeures dans le projet de loi. Le Palais travaille sur deux amendements portant sur le relèvement du taux de 25% des suffrages exprimés proposés comme minimum bloquant et sur les critères sélectifs en cas de nomination du vice-président».
Le même jour, les forces vives de la nation se regroupent au Centre Daniel Brothier pour peaufiner une stratégie. Barthélemy Dias, les jeunes de «Y en a marre» et de Bennoo chauffent la salle. Le décor est campé. Dakar se «bunkerise» avec des forces de l’ordre réquisitionnées. Les capitales régionales s’embrasent.
Jeudi 23 juin. A 6 heures 30 mn, jour de Conseil des ministres, le président Abdoulaye Wade est déjà dans son bureau. Personne n’a accès à lui jusqu’à l’heure du Conseil des ministres.
9 h. La plénière pour l’examen du projet de loi est ouverte. Les manifestants commencent à converger vers la Place Soweto et certains endroits stratégiques de la capitale. Ils veulent à tout prix s’opposer au vote de ce projet de loi. Les forces de l’ordre, armées jusqu’aux dents, quadrillent le centre ville, le Palais et les abords de l’Assemblée nationale. Armés de pierres et d’une détermination à toute épreuve, les manifestants tiennent en échec des éléments du Groupement mobile d’intervention (Gmi) munis de leurs grenades lacrymogènes, leurs matraques et leurs casques, devant l’Assemblée nationale.
10 H 25 mn. T-shirts attachés à leur visage pour se protéger de la fumée, des jeunes balancent des pierres sur les éléments de la police. Dakar est en feu. La banlieue dakaroise entre dans la danse. Les régions prennent plus tard le relais. Plusieurs blessés sont notés. Parmi eux des personnalités. Serigne Mbaye Thiam et Alioune Tine sont admis à l’hôpital principal. Menacé de liquidation physique quelques jours auparavant, le secrétaire général de la Raddho de l'époque, Alioune Tine, est passé à tabac par un groupe de nervis.
Le bilan provisoire fait état de 107 blessés répartis entre les hôpitaux Le Dantec, Principal et l’infirmerie du Camp Abdou Diassé. Le colonel Lam et le commissaire de la police centrale de Dakar, Arona Sy, font également partie des blessés.
12 heures. Le Conseil des ministres prend fin. Le Président retourne à son bureau. Dakar s’embrase, la maison de Farba Senghor est attaquée, ses véhicules incendiés. Il n’a dû son salut qu’à la prompte intervention des forces de l’ordre qui l’ont exfiltré avec sa famille. L’hôtel des députés est également incendié et pillé. Touba et Tivaouane jouent les sapeurs-pompiers. Le Khalife général des Mourides, Serigne Sidy Mokhtar Mbacké, dépêche son porte-parole, Serigne Bassirou Abdoul Khadre, pour convaincre Wade de retirer son projet. Serigne Abdoul Aziz Sy «Junior» joint le chef de l’Etat au téléphone, sur ordre du Khalife général des Tidianes, Serigne Mansour Sy. L’objectif des guides religieux est le même : «Trouver une solution pour sauver le Sénégal». Wade donne des garanties et rassure.
14 h 30. Le Président Wade rappelle d’urgence son ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, Madické Niang, et l’enjoint de se rendre à Touba pour porter un message au Khalife. Il décide de retirer le projet de loi.
16 heures 15 mn. Le Président Mamadou Seck suspend la séance pour 15 minutes. Le Président du groupe Libéral et démocratique, Doudou Wade, est briefé sur le retrait du texte.
17 heures 40 mn. Doudou Wade monte au créneau et joue son rôle dans un scénario ficelé par les stratèges du palais Léopold Sédar Senghor. Le neveu du chef de l’Etat demande au gouvernement de retirer le projet. Le ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, abdique et applique la consigne qu’il avait déjà reçue de Wade.
Wade a joué et perdu. Le peuple lui a montré qu'il décide en premier et dernier ressort. Quelques mois après, le peuple a confirmé, de manière pacifique, sa volonté de faire alterner l'alternance.
16 heures 15 mn. Le Président Mamadou Seck suspend la séance pour 15 minutes. Le Président du groupe Libéral et démocratique, Doudou Wade, est briefé sur le retrait du texte.
17 heures 40 mn. Doudou Wade monte au créneau et joue son rôle dans un scénario ficelé par les stratèges du palais Léopold Sédar Senghor. Le neveu du chef de l’Etat demande au gouvernement de retirer le projet. Le ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, abdique et applique la consigne qu’il avait déjà reçue de Wade.
Wade a joué et perdu. Le peuple lui a montré qu'il décide en premier et dernier ressort. Quelques mois après, le peuple a confirmé, de manière pacifique, sa volonté de faire alterner l'alternance.
23 JUIN 2011 : Retour en images sur une journée de combats
SEneweb
Par Le Jeudi 23 Juin 2016 à 20:53 | Lu 65 fois



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