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A la Une : Macky Sall nouveau président du Sénégal

Par Frédéric Couteau
« Le Sopi est mort vive Yakaar ! », le changement est mort vive l’espoir ! C’est le grand titre du quotidien sénégalais La Tribune. Et ce sous-titre, toujours en première page : « Wade sauve l’honneur et félicite Macky »


En effet, relève La Tribune, « Wade s’est rattrapé en faisant comme avait fait son prédécesseur Abdou Diouf, en acceptant sa défaite avant que la clique qui s’était implantée sur ses flancs ne tente quelque opération aventureuse pour s’agripper au pouvoir. »

« Les Wade, terminus », claironne pour sa part le quotidien Enquête. « Le pouvoir en place aurait pu risquer des prolongations si la faille n’était que de deux ou trois points. Mais comme tout le monde l’a constaté, il y a, au moins, dix points, affirme Enquête, entre Macky et Wade, en attendant bien sûr une validation définitive des résultats. »
Walfadjri, autre quotidien sénégalais, avance un chiffre : « une victoire de Macky avec plus de 60% : Wade gagné par KO »

« Le message qui suinte des urnes est clair, commente Walfadjri, désormais, rien ne devra plus être comme avant. Ce que Wade et, avant lui, Diouf et Senghor ont obtenu du peuple, Macky Sall ne l’aura pas. L’époque des messies, de par les urnes, a reçu un enterrement de première classe. Partant, son état de grâce sera de courte durée. »
Et on revient à La Tribune qui ne signe pas, non plus, de chèque en blanc au nouveau chef de l’Etat : « Macky Sall, quatrième président de la République du Sénégal, doit avoir une claire conscience du mécanisme, désormais familier, qui a favorisé son avènement car il a été plus élu contre Abdoulaye Wade que pour lui-même, relève La Tribune. Les déficits et urgences qui sont en réalité comme le creux de son triomphe ont noms : bonne gouvernance, indépendance de la justice, redressement de l’économie, reprise en main du système éducatif, de la santé, du foncier et, par-dessus tout, le nécessaire réajustement des relations avec le peuple dans le sens du respect strict de sa souveraineté. (…) Macky Sall doit réussir tout cela, affirme La Tribune, en reconnaissance à l’extraordinaire confiance que le peuple vient de lui manifester si largement. »

Wade fair-play

Dans la presse de la sous-région, avant de féliciter le vainqueur, on salue le beau geste du vaincu… « Abdoulaye Wade le gentleman », s’exclame le site d’information Fasozine. Wade a donc passé « un coup de fil à son rival dans la course à sa succession », pour le féliciter, et ce, dès 21 h 30, avant même les premiers résultats. « L’acte est celui d’un grand homme, relève le site d’information burkinabé, qui, malgré ses défauts sait accepter sa défaite. Mieux, il a reconnu que "l’élève Macky a dépassé le maître Abdoulaye". Du coup, c’est la démocratie sénégalaise qui vient une fois de plus de s’ériger en exemple sur le continent africain. »

« Wade a eu le fair-play de couper court, en reconnaissant la victoire de son ancien Premier ministre et, ipso facto, sa défaite », renchérit Guinée Conakry Infos. « Cette campagne électorale, psychologiquement et politiquement dure, aura permis au vieux Wade d’avoir le courage de pouvoir jeter enfin l’éponge du… pouvoir ! Macky Sall est désormais président. Reste sa proclamation officielle. »

Même hommage au sortant pour le site d’information Slate Afrique : « Abdoulaye Wade, avec ce coup de fil, libère les Sénégalais, qui malgré les jubilations, avaient peur d’une confiscation de la victoire de Macky Sall. De par cet acte, il opère une sortie par la grande porte, lui qui a cumulé les erreurs. Le monde ne retiendra sans doute que ce coup de fil libérateur qui redore le blason démocratique du Sénégal. »

23 années ont passé…

Pour sa part, L’Observateur au Burkina, revient quelques années en arrière… « Présentement en son for intérieur, Abdoulaye Wade doit se rappeler ce jour maudit (?) de février 1989 où est apparu devant sa porte du Point E de Dakar, un jeune homme, venu répondre à son appel lancé lors d’un meeting à Niarry Tally et invitant tous les cadres sénégalais à rejoindre le parti qu’il avait créé quelques années auparavant, le PDS. Il s’agissait d’un certain Macky Sall, relève L’Observateur, étudiant en fin de cycle à l’Institut des Sciences de la Terre de l’Université Cheick-Anta-Diop, qui venait prendre sa carte de membre de cette nouvelle formation politique. 23 années ont passé, constate le quotidien burkinabé, et l’ingénieur géologue de l’Institut français du pétrole qu’il est devenu, en a vu des vertes et des pas mûres, lors de ce long compagnonnage sinusoïdal avec son mentor, Abdoulaye Wade. L’ultime round de la présidentielle qui a opposé hier les deux hommes est en passe de concrétiser purement un parricide politique. Le président-candidat aurait voulu sans doute que ce soit son fils biologique (Karim), qui le "tue", mais hélas en politique, on ne choisit pas ses adversaires, encore moins celui qui vous terrasse. »

Enfin, on revient au site d’information Fasozine qui, en écho au quotidien sénégalais La Tribune cité plus haut, se tourne vers le futur proche : « Macky Sall doit être conscient que son état de grâce risque d’être très court, affirme Fasozine. Les Sénégalais expriment constamment leur mécontentement face à la vie chère et à la crise énergétique. Mais pour le moment, c’est la liesse populaire et l’homme du peuple, transfuge du PDS, aura donc très peu de temps pour savourer sa victoire. Il faut déjà penser à relever le quotidien de ses concitoyens et dans le même temps songer à récompenser les candidats malheureux du premier tour qui attendent sans doute les dividendes de leur soutien. Et Fasozine de conclure : « pourvu que ce nouveau sopi, (ce nouveau changement) soit plus fructueux pour le Sénégal. »
Source: RFI.fr
Par Le Mardi 27 Mars 2012 à 01:54 | Lu 643 fois



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