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A la Une : Omar el-Béchir plus que jamais dans le viseur de la CPI


Par Frédéric Couteau
Luis Moreno Ocampo, le patron de la Cour pénale internationale, a décidé de passer à la vitesse supérieure dans sa traque du président soudanais. En effet, relève Le Pays au Burkina, « le juge argentin dont le nom fait frémir beaucoup de chefs d’Etat africains, notamment ceux qui ont les doigts tachés de sang, propose de couper l’aide des Etats qui acceptent d’accueillir Omar el-Béchir. Voilà qui est bien clair et qui traduit la ferme volonté d’Ocampo de brandir le scalp du président soudanais avant de passer le témoin à son adjointe, la Gambienne Fatou Bensouda. Il en a fait le combat de sa vie, Béchir étant devenu le plus grand trophée qu’il convoite. Il écume de rage quand il voit Béchir parader aux côtés d’un autre chef d’Etat à l’étranger. »

Il faut dire qu’Omar el-Béchir, sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour génocide au Darfour depuis 2009, continue de voyager sur le continent ou encore au Moyen Orient, comme si de rien n’était.

En effet, pointe L’Observateur, toujours au Burkina, « certains pays africains et arabes, pourtant signataires de Traité fondateur de la CPI, n’ont jamais coopéré avec cette dernière. L’Union africaine a d’ailleurs clairement indiqué qu’elle n’exécuterait pas le mandat d’arrêt visant Béchir. Dans ces conditions, la CPI, qui n’a pas de police, ne peut rien faire si les Etats ne veulent pas l’aider dans ses missions. »

Et pourquoi pas Bush ? Et d’autres ?

Alors pourquoi refuser de coopérer avec la CPI ? Réponse de L’Observateur : « les présidents africains qui, pour l’essentiel, ne sont pas des enfants de chœur, ne veulent sans doute pas créer un précédent dangereux pour eux-mêmes, à savoir la mise au frais d’un chef d’Etat en exercice. Les présidents sont soutenus en cela par une frange de l’opinion africaine, qui demande à la justice internationale d’alpaguer des dirigeants ou des ressortissants de certains pays occidentaux pour non seulement faire montre d’équité mais aussi gagner en crédibilité. En effet, relève le quotidien burkinabé, à trop mettre la seule Afrique dans son collimateur, la CPI aura toujours du mal à se faire accepter sur le continent malgré la justesse de certaines poursuites qu’elle engage. »

Illustration de ce propos avec cette remarque du site d’information Fasozine : « des chefs d’Etat occidentaux ne méritent pas moins de figurer parmi les locataires de la célèbre prison 5 étoiles de Scheveningen (…). On serait très peu, voire pas du tout scandalisé d’y voir un certain George Bush, après sa boucherie en Irak ou même des auteurs des derniers bombardements en Libye, qui se sont soldés par l’assassinat de Mouammar Kadhafi. Mais, s’interroge Fasozine, justice peut-elle être rendue dans ces cas où les commanditaires de ces œuvres sordides prennent le soin d’agir coiffés de la casquette de l’Otan ou de l’Onu ? »

De la triche à la corruption en passant par le racket…

Autre sujet développé dans la presse du continent : les examens de fin d’année… Avec tout d’abord la Guinée : « le coup d’envoi des examens et concours scolaires sera officiellement donné, ce jeudi à partir de 8 heures sur toute l’étendue du territoire national, signale le site Guinée Conakry Infos. Comme en 2011, les épreuves de cette année se dérouleront sous le signe de la “tolérance zéro”, relève le site. Des consignes strictes seront données aux surveillants pour que toute communication entre voisins soit interdite et que les tentatives de fraude soient sévèrement sanctionnées. »

Il faut dire que la triche aux examens se généralise et que l’imagination des fraudeurs est sans limite… Et cela est valable partout, notamment en Côte d’Ivoire, où Fraternité Matin passe en revue ce matin les différentes tactiques des tricheurs… « Les examens approchent, les fraudeurs affûtent leurs armes », s’exclame Frat’Mat’. Alors bien sûr, il y a les classiques antisèches dans la trousse, le coup d’œil furtif sur la copie du voisin, les échanges de brouillons, les téléphones mobiles dissimulés, mais il y a mieux ou pire… Notamment, relève Fraternité Matin, « le système du mercenariat qui consiste pour le candidat officiellement inscrit à solliciter les services d’une autre personne “plus crack” qui compose à sa place, moyennant rétribution. Deux procédés sont alors utilisés dans ce cas. Soit le mercenaire prend le risque de composer dans la salle, s’appliquant à tromper la vigilance des examinateurs. Soit il attend hors de la salle que le candidat vienne lui remettre le sujet, lequel reviendra après récupérer le devoir traité. »

Et puis il y a surtout la corruption, poursuit Fraternité Matin. « A ce niveau, un candidat courageux, après avoir observé le comportement du surveillant, lui demande d’aider tous les élèves en échange d’une contrepartie financière. Ou alors, ce sont les surveillants qui proposent aux candidats, moyennant finances encore, de les aider. Ou encore leur permettent de s’entraider, mais dans le calme. »

Enfin, pire, rapporte encore le quotidien ivoirien. Là, ce sont les professeurs qui trichent… Les professeurs qui rackettent leurs élèves lors des oraux ; les meilleurs notes sont attribuées aux plus offrants. « Dans un tel contexte, constate Fraternité Matin, tous les candidats se croient obligés de partir composer avec de l’argent. D’où la complicité active des parents qui, au lieu de dénoncer ce système, préfèrent donner des sous à leurs enfants qui les remettent, à leur tour, aux examinateurs. »
RFI.fr
Par Le Jeudi 7 Juin 2012 à 14:46 | Lu 594 fois



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