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A la Une : l’affaire Trierweiler, suite…

Par Frédéric Couteau - RFI
Impossible d’y échapper : « on s’était promis de parler d’autre chose, soupire Le Progrès. De l’Europe, qui court à l’abîme. Des 450.000 euros des patrons du public. Et pourquoi pas de politique, de la majorité à choisir dimanche, en bleu ou en rose… Mais non, rien à faire. Impossible d’ignorer la triangulaire amoureuse, Valérie, Ségolène et François. »


En effet, l’affaire Trierweiler continue d’alimenter commentaires et éditoriaux… Et les critiques fusent de tous bords.

Le Monde est tout à fait clair : « le tweet de Mme Trierweiler est une authentique erreur politique. Sa première victime en est l’image d’un président cohérent, serein et maître de son message. La deuxième victime est Valérie Trierweiler elle-même. (…) Journaliste ou première dame, il faut choisir, s’exclame le quotidien du soir. De toute évidence, elle souhaite occuper un rôle aux côtés du président. Dans ce cas, elle doit suspendre ses activités journalistiques, quelles qu’elles soient, et éviter d’émettre des avis politiques contraires à ceux de l’Elysée. Un dernier conseil, peut-être : oublier Twitter. »

Le Figaro est tout aussi acerbe : « inévitablement, 'l’affaire Trierweiler' ternit l’image du président, qui reprochait à son prédécesseur d’étaler sa vie privée au grand jour. De ce point de vue, le fameux tweet de la première dame de France aura probablement des conséquences politiques, ne serait-ce que sur l’image du président. Valérie Trierweiler - et c’est un comble - va alimenter les commentaires sur le défaut réel ou supposé de son compagnon, à savoir son manque d’autorité. »

Alors, bonjour les dégâts ! « Patatras ! », s’exclame L’Est Eclair. « Un seul petit tweet a suffi à faire voler en éclats la 'présidence normale' et 'apaisée' que François Hollande nous promettait d’incarner et qu’il s'efforçait de composer depuis son entrée à l’Élysée. »
En effet, détaille Le Courrier Picard, « le psychodrame abîme l’image du président normal qui avait promis, juré, qu’il ne s’immiscerait pas dans les affaires domestiques, celles du PS ou de sa vie privée, mélange tant reproché à son prédécesseur. Le tweet incendiaire enflamme les législatives et remet en débat le rôle de la première Dame de France, expression ô combien désuète. »

Royal en mauvaise posture…

Et puis, relève La République des Pyrénées, « le tweet de Valérie Trierweiler a porté le coup de grâce à Ségolène Royal qui, après le premier tour, était à terre. »

L’ex-compagne de François Hollande était déjà en effet en mauvaise posture face à son rival, le dissident socialiste Olivier Falorni. Et un sondage publié par Sud Ouest et repris par Libération la donne largement battue dimanche au second tour. Interrogée par Libération, Ségolène Royal a décidé de se battre jusqu’au bout : « c’est un choc, affirme-t-elle, car je ne pensais pas que la droite se reporterait aussi massivement sur mon concurrent, dissident de gauche ayant le soutien de la droite, de l’extrême droite et de certaines vieilles complicités d’appareil. Mais je ne m’avoue jamais vaincue. Il m’appartient, jusqu’à dimanche, de dénoncer cette escroquerie politique. »

Et à la question : « que pensez-vous du tweet de Valérie Trierweiler ? », Ségolène Royal répond : « face à la violence du coup, je n’ai pas voulu réagir à chaud, car je mène un combat politique difficile et je me dois de tenir bon. En tant que femme politique, je demande à être respectée tout comme doit être respecté le soutien politique que m’apporte le président de la République en tant qu’unique candidate de la majorité présidentielle. »

Au nom de l’exemplarité !

A la Une également, le plafonnement des salaires des patrons du public… Le décret sera publié d’ici fin juillet : pas plus de 450.000 euros par an pour les patrons des groupes détenus majoritairement par l’Etat, soit 20 fois le salaire minimum.

« C’était une promesse de François Hollande, rappelle Le Journal de la Haute-Marne. Elle sera donc tenue. La mesure a valeur de symbole, puisqu’une vingtaine de patrons seulement seraient concernés. A ce titre-là, elle sera plus payante pour le gouvernement sur le plan politique qu’au niveau économique. Dans un sondage effectué avant la présidentielle, elle avait été approuvée par quatre Français sur cinq. »
Et en effet, cette décision n’est que justice pour de nombreux commentateurs. « Devant l’océan de difficultés qui nous attendent, un peu d’exemplarité ne fait pas de mal », relève Le Républicain Lorrain.

« Chacun doit montrer l’exemple, renchérit Sud Ouest, tandis que se préparent de difficiles mesures d’austérité et de délicats plans de redressement des comptes. (…) Les Français ne supportent plus les inégalités croissantes, et souvent indécentes, qui caractérisent nos sociétés. »

Seuls, Les Echos apportent un bémol. Les Echos qui jugent cet encadrement plutôt « raide : en fixant un salaire maximal identique pour toutes ses entreprises, l’Etat fait fi des résultats, des spécificités de chaque secteur ou de la concurrence. (…) Ensuite, personne n’est capable d’expliquer le sens du 1 à 20, relèvent Les Echos. Pourquoi pas 1 à 10 ou 1 à 30 ? Enfin, un certain nombre de dirigeants seront moins rémunérés que les cadres qu’ils commandent. Où est la logique ? »
Par Le Vendredi 15 Juin 2012 à 00:08 | Lu 652 fois



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