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A la Une : quand Nicolas Sarkozy flirte avec le Front National…

C’est le quotidien Libération qui raconte : « Lundi soir, à la sortie d’un meeting de Nicolas Sarkozy, un dirigeant UMP lâche, sur le mode du second degré : “Ça me rappelle ma jeunesse frontiste”… C’était censé être de l’humour. Une façon d’évacuer un climat pesant. Mais la sortie fait mouche : y compris pour les leaders de la droite, les discours du président-candidat ont des accents empruntés de plus en plus au Front National ».


Une photo en noir et blanc du président candidat s’étale donc en une de Libération ce matin avec cette citation : « Le Pen est compatible avec la République ». Déclaration hier de Nicolas Sarkozy, qui « n’avait jamais été aussi explicite », commente le journal. « La digue n’a encore pas cédé, mais les brèches sont béantes depuis hier. Jacques Chirac avait imposé, il y a près de quinze ans, qu’un “cordon sanitaire” isole et protège la droite classique de la droite extrême. Au nom d’une certaine idée de la France, toute alliance était ainsi proscrite. Ce fut à la fois courageux et cher payé au plan électoral. Dans un coup de poker désespéré aussi cynique que dévastateur, Nicolas Sarkozy a parlé hier comme la candidate du Front National. Avec la même violence. Récidiviste notoire, il n’était pourtant jamais allé aussi loin dans l’imitation, écrit Libération.

Sarkozy / Le Pen : quelles différences ?

Le journal se demande alors « ce qui différencie encore Marine Le Pen du candidat UMP ». « Certes, en matière de programme, on peut encore répondre : presque tout. Elle est en faveur d’un référendum sur la peine de mort, pour un protectionnisme national, envisage la sortie de l’euro et plaide pour l’immigration zéro. Rien de tout cela n’existe dans le programme UMP. Mais en matière de discours, la gémellité est devenue frappante. Haro sur les élites, “la gauche caviar”, les syndicats, les assistés, la fraude sociale… A entendre le président-candidat, la France a peur. Elle vit sous la menace de “perdre son mode de vie”. L’immigration met en péril la viabilité de notre modèle social. Et l’islamisation de la société frappe à notre porte ». Seule grande différence, que relève Libération : « Le Pen accuse ouvertement les flux migratoires, tandis que Sarkozy ne fait que le suggérer. »

« La droite traditionnelle s’est radicalisée »

Que pensent de tout cela les électeurs de Nicolas Sarkozy ? Ils seraient à une « large majorité » (64%) d’accord pour que l’UMP et le FN fassent alliance lors des prochaines élections législatives. C’est ce que nous dévoile une enquête OpinionWay publiée dans Les Echos. L’ampleur de ce chiffre peut s’expliquer par le « souci immédiat des partisans du chef de l’Etat de gagner à tout prix l’élection », reconnait le journal.

Il n’empêche. Plusieurs enquêtes d’opinions ont montré la progression depuis dix ans du nombre de sympathisants de droite favorables à une alliance avec l’extrême-droite. Ce qui selon, Bruno Jeambart qui dirige Opinion Way, témoigne d’une double évolution : « Marine Le Pen a réussi à modifier l’image du FN » et « l’électorat de la droite traditionnelle s’est radicalisé. » Et Nicolas Sarkozy contribue à cette « désinhibition », comme l’ont encore montré ses déclarations mardi 24 avril.

L’Humanité, pour sa part, n’hésite pas à publier en une le visage de Nicolas Sarkozy aux côtés de celui de Philippe Pétain, qui dirigea la France sous l’occupation. « Le raid de Sarkozy sur le 1er mai » titre le journal, qui voit dans son appel à un rassemblement autour du « vrai travail, une “tentative d’OPA sur la fête des travailleurs” et cela pour draguer les voix du Front national. « Un discours aux relents pétainistes », selon le quotidien communiste.

Hollande « en terre inconnue »

Quand Sarkozy parle aux électeurs du FN, on s’en offusque dans L’Humanité et Libération donc… quand Hollande parle aux électeurs du FN, on s’en offusque dans Le Figaro.

Le journal revient dans son éditorial sur la déclaration que l’on évoquait hier de François Hollande : « À moi de convaincre les électeurs du Front national » a dit le candidat socialiste. Pour Le Figaro, « cette phrase constitue un tournant historique à gauche. Il suffit de se rappeler l’époque pas si lointaine où le PS considérait les électeurs frontistes comme des lépreux et condamnait de toutes ses forces les manœuvres de séduction de la droite à leur égard. Que n’a-t-on entendu alors ! La droite perdait son âme, se vautrait dans la connivence, insultait la morale et méritait l’enfer. Le PS a fait ce procès à Jacques Chirac au début des années 1990, puis plus encore à Nicolas Sarkozy depuis 2002 ».

« Était-ce utile de dépenser autant de rage et de salive – se demande le quotidien - pour constater benoîtement en 2012 que le vote lepéniste mérite un peu plus qu’un simple concours d’indignation ? François Hollande balaye donc d’un revers de main les vieilles préventions du PS et va chasser ostensiblement sur les terres lepénistes, donc en terre inconnue. »

Le Figaro pense toutefois qu’il a peu de chances de succès. Car pour le journal, « les classes populaires n’aiment plus le PS depuis déjà longtemps. Sur la sécurité, sur l’immigration, et plus généralement sur le besoin de protection dans une France ouverte à tous les vents, le programme de François Hollande ne les convainc guère. »

Le socialiste « garde son avance » dans les sondages

Pourtant, le socialiste arrive toujours en tête des intentions de vote. Les Echos publient le premier sondage réalisé depuis l’annonce des résultats du premier tour. Et Hollande « garde son avance ». Il est crédité de 54% des intentions de vote, contre 46 pour Nicolas Sarkozy. « Les reports de voix, qui conditionneront le résultat du second tour, n’évoluent quasiment pas. Seuls 41% des électeurs de François Bayrou disent vouloir voter Nicolas Sarkozy. Et surtout moins de la moitié des électeurs de Marine Le Pen (47%) se déclarent prêts à mettre un bulletin au nom du président sortant dans l’urne ». Un niveau bien trop faible, selon Les Echos, pour que le chef de l’Etat puisse l’emporter.
Anthony Lattier
Source: RFI.fr
Par Le Mercredi 25 Avril 2012 à 14:26 | Lu 685 fois



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