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Assainissement des cités religieuses: Priorité où urgence ? (Par Abdou Aziz Diop)

Beaucoup d’infrastructures visibles ont été réalisées dans ce cadre d’un vaste programme de modernisation des cités et villes religieuses du pays entrepris par l’Etat. Mais certains programmes d’assainissement des cités et villes religieuses tardent à être mis en œuvre et au-delà d’être une priorité, ils sont devenus une urgence.


Les cités religieuses comme Touba, Tivaouane, Ndiassane, Kaolack, Yoff, Médina Gounass accueillent des millions de fidèles lors des grands événements religieux comme les Gamou, Magal, Dakka, Appel… mais aussi tout au long de l’année à travers les ziars. Mais à partir de 2023, le Maouloud et le Magal seront célébrés en plein hivernage et ce sera un cycle de 10 ans au moins. Or, un Maouloud ou un Magal sous les eaux, sans un système d’assainissement adéquat et fonctionnel pour ces dites cités religieuses, peut donner lieu à des plans «Orsec».

Le diagnostic est alarmant et souvent identique dans beaucoup de cités religieuses : les Programmes d’assainissement (eaux pluviales et eaux usées) quasi inexistants ou non exécutés ; le déficit de motopompes et de camions hydrocureurs dans beaucoup de cités religieuses ; l’absence de déversoir et de canalisations en cas d’inondations, ce à quoi s’ajoutent des routes impraticables, des quartiers inondés durant la saison des pluies ; des fosses septiques et puisards dans presque toutes les concessions et surtout celles des chefs religieux qui abritent souvent des daaras et qui accueillent des millions de fidèles tout au long de l’année; ces brigades de sapeurs-pompiers insuffisantes ou éloignées et là où elles existent, elles sont souvent confrontées à des problèmes de logistique, de carburant pour venir au secours des populations inondées malgré leur professionnalisme et leur engagement. Et enfin l’absence de radiers submersibles surtout pour certains bas-fonds.

Quelques recommandations aux gouvernants pour des solutions à court et moyen termes

Inscrire le programme d’assainissement des cités et villes religieuses comme une urgence. Choisir des entreprises qualifiées et reconnues dans le domaine pour l’exécution des travaux. Eviter le clientélisme, la sous-traitance et le saucissonnage dans l’attribution et l’exécution des travaux, ce qui pourrait impacter négativement sur les délais, la qualité et le coût des travaux. Renforcer les ressources des collectivités territoriales qui abritent ces cités religieuses pour assurer la maintenance surtout. Et de mener des enquêtes de satisfaction auprès des populations des dites cités.
Au-delà de l’assainissement, la question de la voirie est aussi une problématique connexe et à ce titre les voies et artères de ces cités religieuses qui mènent vers les grandes mosquées, les résidences des chefs religieux, les marchés et autres lieux publics doivent être élargies sous forme de boulevards pour éviter les bousculades lors des grands événements religieux mais aussi faciliter aux forces de secours les interventions et évacuations en cas d’accidents ou autres sinistres en tirant les leçons de la bousculade meurtrière à la Mecque en 2016.

A quelques sept mois des élections (Présidentielle et Locales), les autorités religieuses, devraient mettre à profit les prochains Magal (octobre 2018) et Gamou (novembre 2018) pour interpeller les autorités politiques et étatiques pour qu’elles prennent des engagements fermes à court et moyen termes et non des promesses pour la réalisation effective des programmes d’assainissements et autres programmes prévus dans le cadre de la modernisation des cités religieuses et non encore réalisés.

Les hommes politiques, les politiciens, aiment les choses visibles comme les grands édifices ou infrastructures visibles à la place des projets d’assainissement coûteux et souterrains mais avec un impact réel sur le vécu des populations.

Comme palliatif, au cas où l’Etat peine à anticiper sur la problématique de l’assainissement de ces dites cités religieuses, les millions de fidèles issus de ces différents communautés religieuses devront faire des souscriptions volontaires (bien gérées) pour se substituer ou venir en appoint à l’Etat. Mieux vaut agir à temps, plutôt que de réagir à travers des plans Orsec ou secours d’urgence.

Par Abdou Aziz Diop, membre du conseil de surveillance du Forum civil
Par Le Samedi 7 Juillet 2018 à 10:25 | Lu 71 fois


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