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Blé Goudé : 184 meurtres, 5 incidents, 2 425 éléments de preuve, 468 victimes

La première journée de l'audience de confirmation des charges dans l'affaire Charles Blé Goudé à la Cour pénale internationale (CPI) a eu lieu le lundi 29 septembre. Voici ce qu'on peut en retenir.


[Photo : Charles Blé Goudé et son avocat, Nicholas Kaufman, le premier jour de l'audience de confirmation des charges, le 29 septembre 2014. Crédit : CPI]
[Photo : Charles Blé Goudé et son avocat, Nicholas Kaufman, le premier jour de l'audience de confirmation des charges, le 29 septembre 2014. Crédit : CPI]
Par Maxence Peniguet

Les charges contre Charles Blé Goudé ont été annoncées. Sa responsabilité pénale individuelle serait engagée en tant que coauteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l'humanité, pour le meurtre de 184 personnes, le viol de 38 personnes, des actes inhumains envers 126 personnes, et des persécutions contre 348 personnes.

Des actes qui auraient été commis lors de cinq événements différents. Entre le 16 au 19 décembre 2010 à l'occasion d'une marche pro-Ouattara aux alentours de la RTI, entre le 25 et le 28 février 2011 à Yopougon, le 3 mars 2011 à Abobo, le 17 mars 2011 à Abobo également, mais cette fois au marché, puis le 12 avril 2011 à Yopougon.

Il est à noter que sur 5 événements, 4 concernent également les charges contre Laurent Gbagbo.

« La justice sera rendue des deux côtés »

Avant de donner la parole à l'accusation, la juge présidente de la chambre préliminaire I, Silvia Fernandez de Gurmendi, a rappelé que l'audience de confirmation n'est pas un procès. Fatou Bensouda s'est ensuite lancée dans son discours de présentation. Pour elle, Charles Blé Goudé « a eu recours à des violences sur des civils » pour maintenir Laurent Gbagbo au pouvoir. Des violences qui auraient été orchestrées avec ce dernier et son entourage proche, le rôle de Blé Goudé étant de mobiliser la jeunesse pro-Gbagbo, ce qu'il aurait fait particulièrement au travers de discours xénophobes appelant à la violence contre les étrangers et les Ivoiriens du nord.

La procureure a également souhaité rappeler que cette affaire ne consistait pas à décider du vainqueur des élections de 2010 en Côte d'Ivoire, et a assuré que des enquêtes avaient toujours lieu. « La justice sera rendue des deux côtés », a-t-elle déclaré.
Le bureau de la procureure disposerait de 2 425 éléments de preuve contre Charles Blé Goudé.

La représentante des victimes dans l'affaire Blé Goudé, Paolina Massidda, est également intervenue. « 468 », c'est le nombre de victimes qu'elle représente. Si c'est plus que dans l'affaire Laurent Gbagbo, c'est moins que le chiffre réel, a-t-elle voulu faire savoir.

Liberté d'expression et droit de manifester

Dans sa présentation, Nicholas kaufman, avocat de Charles Blé Goudé, a insisté sur l'angle de la liberté d'expression. Le général de la rue ne faisait qu'utiliser sa liberté d'expression et les actes des jeunes patriotes s'apparentaient à des protestations civiles — choses pourtant saluées lors du printemps arabe, a-t-il justifié. Aussi, il a expliqué que l'accusation reprochait dans les faits à son client d'avoir incité à la haine, ce qui, a-t-il rappelé, n'est pas du ressort de la justice pénale internationale.

L'incitation à la haine raciale ne peut toutefois pas être reprochée à Charles Blé Goudé, pour Nicholas kaufman, puisque certains leaders de la galaxie patriotique étaient eux-mêmes musulmans et/ou en provenance du nord de la Côte d'Ivoire.

La défense essayera plus tard au cours de l'audience de montrer d'autres aspects aux juges : que le suspect ne faisait pas partie des proches de Gbagbo dans le cadre d'un plan utilisant la violence pour que ce dernier reste au pouvoir, et que Charles Blé Goudé n'était pas le leader incontesté des jeunes pro-Gbagbo.

Blé Goudé, Gbagbo et leurs proches

L'accusation a bénéficié de la session d'après-midi, soit une heure et demie, pour développer ses thèses. Eric Macdonald, du bureau du procureur, s'est ainsi attelé à montrer comment Charles Blé Goudé s'est progressivement introduit au sein des proches de l'ancien président Laurent Gbagbo. Du secrétariat général de la FESCI (Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire) entre 1998 et 2000, en passant par sa bourse présidentielle pour étudier à Manchester en 2001, à sa nomination en tant que ministre de la Jeunesse et bien d'autres exemples encore, les juges auront de quoi apprécier les relations entre les deux hommes.

Outre un retour sur les événements évoqués dans les charges, le reste des propos de l'accusation avait pour but de convaincre les juges que cette proximité, en parallèle avec les discours de Charles Blé Goudé à la jeunesse, prouve l'existence d'un plan pour maintenir Laurent Gbagbo au pouvoir en utilisant la violence contre les personnes perçues comme pro-Ouattara.
Source: WEB
Par Le Mardi 30 Septembre 2014 à 21:32 | Lu 92 fois



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