Page

[CHRONIQUE] La Présidence ne s’indignera pas…

Serait-ce le tournant que certains voudraient donner à la présidentielle de 2019 ? Si «Pastef» est bien dans la tourmente, les autres formations politiques opposantes ont du souci à se faire, après l’affaire relative à l’intrusion de gendarmes supposés au domicile de la mère d’Ousmane Sonko à Ziguinchor pour réclamer des fiches de parrainages.


Des faits encore été élucidés bien des semaines après. Le mystère persiste et renforce les soupçons quant à l’instrumentalisation de certains services de l’Etat à des fins politiques, donc partisanes. Il est curieux, avec les moyens techniques et financiers dont dispose l’Etat, que l’opinion n’en sache pas davantage sur les tenants et les aboutissants de cette affaire qui renforce l’idée d’une cabale planifiée contre Ousmane Sonko et les siens. Acculés par un pouvoir qui a fini de faire du leader de «Pastef» un challenger sérieux à la prochaine présidentielle. Car jusqu’ici, Macky Sall aura été le meilleur attaché de presse de Sonko. En le radiant d’abord de l’administration pour faire de lui, sans le vouloir, une victime qui s’ouvre, grandes, les portes de l’Assemblée nationale où Sonko a été élu député avec tous les avantages inhérents à son statut, gagnant ainsi en notoriété et en légitimité, et parlant, désormais, au nom des populations qui l’ont investi.

A croire que la présidentielle de 2019 va opposer seulement le patron de l’Apr au leader de «Pastef». En dépit de l’adversité que nourrissent les deux camps qui s’étrillent mutuellement, le président de la République, en tant que chef de l’Etat, devait sortir de son mutisme pour dénoncer le meurtre d’une responsable politique de l’opposition retrouvée morte, à savoir Mariama Sagna, membre du parti Pastef du même Sonko. Si Macky Sall ne se saisit pas de cette affaire pour appeler la classe politique à l’apaisement, et présenter ses condoléances à l’opposition, il y aura de quoi douter de la neutralité promise quant à l’élucidation des conditions réelles dans lesquelles le ou les bourreaux de Mariama Sagna ont mis fin à sa vie. En attendant de savoir si le mobile du crime est politique ou autre, l’on doit se garder de traiter cette affaire comme un banal fait divers mais de soulever des interrogations sommes toutes légitimes. Au sein de la classe politique, pouvoir et opposition confondus, la condamnation doit être unanime. Du chef de l’Etat Macky Sall, l’opinion attend qu’il brise le silence pour dénoncer avec la vigueur qui sied, cette sauvagerie qui n’a pas sa place dans la république qu’il dirige. Macky Sall en personne, doit condamner cet acte lâche perpétré sur une femme, de surcroît responsable politique. De la même manière qu’il avait condamnée en son temps le meurtre de la vice-présidente du Conseil économique social et environnemental, Fatoumata Matar Ndiaye, gorgée par son chauffeur selon les résultats de l’enquête.

En revanche, s’il ne le condamne pas ou ne présente pas les condoléances de l’Etat, l’on pourrait en déduire qu’en coulisses, il n’hésiterait pas à applaudir, volontiers, le ou les bourreaux de Sagna. Dénoncer ce meurtre serait, pour le chef de l’Etat, un acte de grandeur qui ferait de lui un président rassembleur et soucieux du devenir de tous ses citoyens y compris ses opposants. Son mutisme, celui de ses ministres, de «ses» députés et autres soutiens, au contraire, renforcent la suspicion dans le camp présidentiel, confortant l’idée selon laquelle Macky Sall est et restera le leader d’un clan qui met le parti au-dessus de la patrie censée rassembler en dépit des adversités politiques.


Momar Mbaye - Seneweb.com

Par Le Lundi 8 Octobre 2018 à 21:08 | Lu 39 fois



Nouveau commentaire :

ACTUALITE | MEDIAS | POLITIQUE | SPORTS | CULTURE | SOCIETE | CHRONIQUE | PEOPLE | HUMOUR | LA PAROLE AUX THIESSEOIS | ECONOMIE | INTERNATIONAL | EDUCATION | NOUVEAUTéS - MUSIQUE | AFRIQUE | FAITS-DIVERS | WEEK-END PRESSE | VIDEOS | Annuaire du lien | LE BILLET DU JOUR | WEEK-END PRESSE | MŒURS LÉGÈRES, Le Blog des infidélités | THIES PEOPLE & CELEBRITES