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CONTRIBUTION - Grand Magal : Bien préparer son voyage vers Touba


Prévu pour le 1er décembre, le Grand Magal de Touba approche à grands pas. L’évènement le plus important de l’année pour la communauté mouride du Sénégal et de la diaspora est l’occasion de prières, de lecture du Coran et des khassaïdes rédigés par Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, fondateur de la confrérie mouride. Cet évènement qui, selon le calendrier musulman, se tient le 18ème jour du mois de Safar, commémore le départ en exil du Cheikh pour Mayombé au Gabon en 1895. A cette occasion, tous les moyens sont bons pour rallier la Ville sainte de Touba. Carmudi vous accompagne sur la route du Magal en nous aidant à mieux préparer le trajet par la route.

 

Située dans la région de Diourbel, au Centre ouest du Sénégal, Touba occupe une position stratégique, facilement accessible à partir de tous les points du pays.C’est toutefois un véritable casse-tête pour s’y rendre dans les jours précédant le Magal. Les embouteillages monstres qui  s’étendent sur plusieurs dizaines de kilomètres ne facilitent pas la tâche aux automobilistes. Les tarifs décuplés du transport en commun n’arrangent rien pour la grande majorité des fidèles qui comptent sur les bus et autres minicars pour répondre présent à l’appel de leur marabout.

Les préparatifs

A partir de Dakar, il ne vous faut normalement pas plus de 3 heures pour couvrir les 183 kms qui vous séparent de la ville sainte en empruntant la RN1. Cependant, à la veille du pèlerinage, cette durée peut se voir multipliée par 3 ou 4, selon que vous y alliez en véhicule particulier ou en empruntant un bus, un car Ndiaga Ndiaye ou même un camion Ndieumbeutt.

Peu importe la partie du pays dont vous provenez, si vous souhaitez être présent à Touba pour célébrer le Magal, vous avez tout intérêt à vous y rendre au plus tôt, de préférence 4 à 6 jours avant la date. Ce n’est certes pas évident de se libérer des impératifs professionnels et familiaux pour aussi longtemps, mais si vous en avez la possibilité, cela vous permettra d’échapper au stress des embouteillages de dernière minute.

Votre valise

Pour préparer les vêtements à emporter au Magal, il vous faudra tenir compte de deux contraintes majeures : le climat et le cadre religieux. A Touba, et sur la route qui y mène, les températures peuvent atteindre 40° à l’ombre à cette période de l’année. Cependant, du fait qu’il s’agisse d’une ville religieuse, le top à bretelles et le petit short sont à proscrire. Optez donc pour des vêtements amples et légers mais pas transparents ni courts. Un couvre-chef est de rigueur, vu l’intensité des rayons du soleil, et les dames pourront opter pour un châle ou un voile pour s’en protéger tout en se couvrant les cheveux, du moins pour circuler aux alentours de la grande mosquée. Par contre, à la tombée de la nuit les températures peuvent être très fraîches, alors prévoyez également des habits plus douillets, surtout pour dormir. La poussière, inévitable en temps de Magal en raison des centaines de milliers de pélerins qui vont et viennent dans les ruelles non bitumées de la ville, est également à prévoir. Pensez donc à vous munir de masques de protection respiratoire en papier, pour vous-même, votre famille ou vos amis avec qui vous passez ces quelques jours, et pourquoi pas, quelques extras à distribuer aux frères et sœurs talibés, dans l’esprit de partage du Grand Magal. L’usage d’alcool et de tabac est interdit sur tout le territoire de la ville sainte, alors gardez cela à l’esprit quand vous ferez vos bagages.

Le trajet

Touba se trouve à la croisée des chemins : la ville est accessible depuis toutes les grandes villes du Sénégal. Toutefois, les flux les plus importants de pèlerins proviennent de Dakar. Si c’est également votre point d’origine, vous emprunterez sûrement la Nationale n°1 jusqu’à Diamniadio, puis la RN2 jusqu’à Thiès, distante de 65 km. A partir de Thiès, deux choix s’offrent à vous :

  • Vous pourrez bifurquer à droite et vous déporter sur la RN3. Cette route est plus directe (129 km), mais aussi plus encombrée, car la majeure partie des fidèles affluant de grands centres urbains tels que Dakar, Mbour, Kaolack ou Fatick s’y rejoignent à Diourbel. C’est également une voie jalonnée de dos d’âne, à éviter si votre véhicule est lourdement chargé et donc bas sur ses roues. Les principales haltes sur ce trajet sont les localités de Khombole, Diourbel ou encore Mbacké, avant de parvenir à destination.
  • L’autre option est de continuer sur la RN2. Vous devrez dans ce cas parcourir 153 km, mais la voie est pus large et moins fréquentée. Vous la partagerez néanmoins avec les mourides provenant du nord du pays, à savoir Saint-Louis, Kébémer ou le Fouta. Tivaouane, Mékhé, Thilmakha, Darou Marnane ou encore Darou Mousty se trouvent sur cet itinéraire, et vous pourrez vous y arrêter aux heures de repas ou de prière avant de reprendre la route.

Il n’est pas rare que des conducteurs engagés sur l’une ou l’autre de ces routes tente de quitter le goudron pour emprunter les bas-côtés, afin d’échapper à l’immobilité forcée des encombrements. Sachez cependant qu’en faisant cela vous vous exposez inutilement à des risques accrus d’ensablement, auquel cas vous perdrez sûrement plus de temps que si vous aviez tranquillement suivi la file de véhicules. Le projet d’une autoroute à péage baptisée Ilaa Touba (direction Touba) reliant Dakar à Touba est encore à l’étude, mais en attendant sa réalisation, les Routes Nationales ne sont pas près de désemplir.

Faites bien attention car, l’année dernière, la route du Magal a été le théâtre de 64 accidents impliquant 240 personnes. En y mettant tous du coeur, nous pourront empêcher ces sinistres statistiques de se reproduire en cette 121ème édition du grand pèlerinage.

 

Une fois à Touba, il est bien plus simple de vous trouver un endroit sécurisé où vous stationner et ensuite d’effectuer à pied les menus déplacements à l’intérieur de la ville. Les trajets quelque peu étendus pourront se faire en calèche ou en charrette, ce qui n’est pas sans charme. Le Magal proprement dit se tient dans la matinée du 1er décembre, et le meilleur moment pour quitter la ville est dans la soirée du même jour. Les embouteillages du retour sont tout aussi désagréables qu’à l’aller, avec en plus la fatigue qui s’en mêle. Alors, si vous avez la latitude de rester quelques jours de plus, le temps qu’ils s’allègent, ne vous en privez pas. Passez un excellent Magal, et n’oubliez pas de nous inclure dans vos prières !

Par Sati-Penda Armah Le Mercredi 25 Novembre 2015 à 21:01 | Lu 277 fois

Tags : magal, touba
Sati-Penda Armah


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