Page

DDS - La chaine de commandement remontait au président Habré

Dakar, 22 sept (APS) – La chaîne de commandement de la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS) remontait jusqu’au président Habré qui traitait les agents de la DDS comme ses propres subordonnés, a accusé mardi le juriste et chercheur Olivier Bercault, l’un des témoins retenus dans le cadre du procès Hissène Habré devant un tribunal spécial à Dakar.



’’Le président Habré était le chef hiérarchique direct de la DDS qui était une centrale de renseignements directement subordonnée à la présidence de la République (…) la chaîne de commandement remontait donc jusqu’au président’’, a témoigné M. Bercault interrogé depuis lundi par les différentes parties au procès.

Olivier Bercauklt, chercheur et expert à Human Rights Watch, co-auteur de l’ouvrage sur le Tchad ‘’La Plaine des morts’’, a poursuivi, mardi à Dakar, son témoignage à charge contre Hissène Habré qu’il a accusé d’être le principal instigateur des arrestations et exécutions à la Direction de la documentation et de la sécurité.

Bousculé par les questions des avocats commis pour défendre l’ancien président tchadien, Olivier Bercault qui dit avoir bâti son travail d’enquête sur l’exploitation des procès-verbaux de la Commission d’enquête, des interviews, des archives de la DDS, de rapports de médecins légistes, n’a pas varié dans ses déclarations.

‘’Je n’ai pas trouvé dans le cadre de mes recherches des notes officielles faisant état d’un ordre d’exécution, de torture ou d’arrestation. Mais il y a des documents qui prouvent que la chaîne de commandement de la DDS remontait au président Habré’’, a-t-il insisté lors d’un interrogatoire long et parfois tendu avec la défense.

‘’Dans les plus grandes dictatures dans le monde, il est rare, voire impossible de voir un ordre écrit de tuer ou de torturer. Et pourtant cela existe’’, a poursuivi cet avocat de formation et professeur de droit devant la défense qui l’accuse de ‘’légèreté dans ses recherches’’.

‘’M. Bercault, un coup d’œil sur la couverture de votre livre sur le Tchad nous indique que votre ouvrage est un roman qui selon la définition consacrée est un long récit en prose qui met en scène des personnages et des situations imaginaires’’, ironise un avocat de la défense, qualifiant de ‘’belle fiction’’ l’ouvrage d’Olivier Bercault.

Un autre conseil s’interroge : ’’Comment la DDS qui est sous tutelle du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, dirigée par des agents de l’administration tchadienne peut être sous le contrôle de la présidence de la République ?’’.

Il accuse le témoin de ’’baser uniquement son témoignage sur la notoriété publique et la réputation de M. Habré’’.

’’Vous êtes un praticien de droit, un juriste qui raisonne juridiquement. Pensez-vous que la notoriété publique peut constituer une preuve juridique ?’’, lui lance encore la défense.

’’Non’’, répond le témoin.

’’Je suis satisfait’’, M. le président, s’exclame alors l’avocat visiblement heureux ’’de transformer les résultats de recherches du témoin en une belle fiction très hallucinante’’.

MTN/OID
APS
Par Le Mardi 22 Septembre 2015 à 14:50 | Lu 32 fois



Nouveau commentaire :

ARCHIVES | IMMIGRATION | SANTE | JUSTICE