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Damel Meissa Fall: «Au regard de ce qui s’est passé dans la gestion de notre pays, il vaut mieux ne pas avoir d’expérience politique du tout »

C’est un Damel Meissa Fall très sûr de lui qui s’est entretenu avec TVM pour parler de ses ambitions pour le Sénégal. Candidat plébiscité au sein de la communauté sénégalaise immigrée, le quadragénaire ne cache pas son rêve de conduire à la destinée de ses compatriotes sénégalais. Un pari difficile, pas impossible, selon lui. Réussira-t-il à se faire une place au soleil ?


Damel Meissa Fall: «Au regard de ce qui s’est passé dans la gestion de notre pays, il vaut mieux ne pas avoir d’expérience politique du tout »
Il y en a qui cachent leurs ambitions. Daniel Meissa Fall n’en est pas un. Aussi téméraire qu’un « Damel », titre que portait le souverain investi par un conseil de grands électeurs, et désigné pour régner sur le royaume du Cayor dans le Sénégal traditionnel. Mais quittons le Cayor et intéressons-nous de près à cet autre Damel, celui que ses compatriotes sénégalais commencent à découvrir petit à petit : certains voient en lui un jeune leader avec qui la classe politique sénégalaise devra compter. La cohérence du discours, la précision du verbe, le choix des termes employés et la maîtrise des codes qui régissent la société sénégalaise, sont autant d’atouts qui font de Damel Meissa Fall un jeune loup largement préparé avant d'être propulsé dans la jungle politique sénégalaise. Ses adversaires potentiels ne lui feront pas le moindre cadeau. Damel Meissa Fall en est conscient. D’où sa stratégie offensive que l’on pourrait qualifier de frappe préventive. Son seul défaut, ses dreadlocks, qui passent mal chez bon nombre de ses compatriotes, lesquels savent se montrer méfiants envers les rasta men. Mais cela n’a pas l’air de déranger le jeune leader pour autant. Lui préfère mettre en avant ses idées, ses projets, et ses expériences dont il compte faire profiter son pays, le Sénégal.
Justement le Sénégal. Damel le suit de près depuis l’hexagone où il est installé, et compte y prendre part. Interrogé sur les alliances qui sont en train de se nouer entre partis politiques en vue de la présidentielle, le candidat des immigrés a d’emblée estimé que « la presse et les analystes politiques essaient de convaincre les Sénégalais que la logique d’alliance est une nécessité absolue, incontournable ». Ce qu’il réfute de manière catégorique. Car selon lui, une alliance doit aller dans le sens de l’intérêt du peuple sénégalais, « il faut d’abord partager les mêmes valeurs avant de nouer une alliance ». Mais, a-t-il remarqué, « ces alliances n’ont d’autre objectif que la conquête du pouvoir », laquelle sera suivie d’un partage « de postes d’ambassadeurs, de postes de députés, de présidents de conseil d’administration», et enfin « se remplir les poches. »

« Je vais prendre des mesures qui vont toucher l’ensemble des Sénégalais »

Sauf que le nouveau venu dans l’arène politique ne fait pas seulement dans la critique, encore moins dans la figuration. Ses propositions, on peut plus osées, constituent une volonté de rompre avec le système actuel loin de correspondre à la conception qu’il se fait de la gestion des affaires de la cité. En effet, Daniel Meissa Fall dit militer en faveur de la mise en place d’un « conseil national de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite ». Afin, dit-il, de « mettre fin aux détournements de deniers publics » et scandales financiers dont la presse ne cesse de faire état. A ceux qui jouent avec l’argent du contribuable, Daniel Meissa Fall promet l’application d’une justice irréprochable. « Les personnes coupables d’actes contraires aux intérêts du peuple sénégalais, seront mises en face de leurs responsabilités. Ceux qui se sont servis et ont pillé les deniers publiques, iront en prison quand la justice en décidera, parce que la justice, c’est le peuple sénégalais », a-t-il rappelé.
Toutefois, le jeune leader s’est dit préoccupé par la flambée des prix, la vie chère. Afin d’y remédier, Damel Meissa Fall souhaite, entre autres propositions, alléger le panier de la ménagère. Un allègement qui passe par deux mesures phares : baisser les prix des denrées de première nécessité, et agir sur les soins de santé. « Je vais prendre des mesures qui vont toucher l’ensemble des Sénégalais » a-t-il rassuré.
Quant à ses compatriotes expatriés, très préoccupés par la loi sur l’importation des véhicules de moins de cinq ans, l’homme aux dreadlocks leur a manifesté sa solidarité, et parle de discrimination à leur endroit. « Je suis soutenu par les émigrés, ils m’ont fait part de cette discrimination dont ils sont victimes », a confié le leader de « Sounou Natangué Reew », la structure sur laquelle il compte s’appuyer pour conquérir le pouvoir. « C’est une injustice que j’ai promis de combattre », précise-t-il, même si « le gouvernement est en train de travailler à la révision de cette loi ».
En attendant l’élection de février 2012, Damel Meissa Fall multiplie les sorties médiatiques et va à la rencontre des populations auxquelles il a demandé de lui prêter une oreille attentive, afin de lui permettre d’apporter sa pierre à l’édifice d’un Sénégal nouveau, un Sénégal de rupture. Quant à ceux qui lui reprochent de manquer d’expérience politique, Damel Meissa Fall les renvoie à la situation difficile que traverse le pays, et dont est responsable la classe politique qui est « supposée » avoir de l’expérience. « Au regard de ce qui s’est passé dans la gestion de notre pays depuis bien des années, il vaut mieux ne pas avoir d’expérience politique du tout », dira-t-il, car « c’est l’expérience de l’échec», a-t-il ironisé.
Thiesvision.com
Par Le Samedi 15 Octobre 2011 à 00:47 | Lu 2175 fois



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