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Débat autour de la Candidature unique: «Bennoo, une auberge espagnole. L’élection de février risque d’être précipitée, il faut la reculer de six mois, … on ne peut pas faire une véritable démocratie avec des non-démocrates »

Est-il possible de faire une véritable démocratie avec des non-démocrates ? C’est la question que pose le journaliste et consultant Adama Gaye, invité de l’émission « ça fait débat » sur TVM, avec l’écrivain Mandiaye Gaye, le journaliste Babacar Touré, et le consultant Babacar Fall.


Le journaliste et consultant Adama Gaye, spécialiste des relations Chine-Afrique
Le journaliste et consultant Adama Gaye, spécialiste des relations Chine-Afrique
Bennoo, « une instance qui ressemble à une auberge espagnole où la plupart des personnes qui s’y trouvent sont mues par des intérêts souvent crypto-personnels ». Tel est l'avis du spécialiste des relations sino-africianes, très dubitatif au sujet des leaders de Bennoo qu’il a disqualifiés de la course à la présidentielle prochaine.

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L'écrivain Mandiaye Gaye
L'écrivain Mandiaye Gaye

« Un débat télévisé entre Tanor Dieng et Moustapha Niasse »

D’entrée de jeu, il a remis en cause la désignation de Ousmane Tanor Dieng comme seulet unique candidat du PS à la candidature de Bennoo. «Ce mimétisme politique me met mal à l’aise », dira Adama Gaye, qui refuse d’entendre parler de primaire, en comparaison à la primaire socialiste française, « transparente », tout le contraire de ce qu’a organisé le Parti socialiste sénégalais. Pour lui, les leaders de l’AFP et du PS que sont Moustapha Niasse et Ousmane Tanor Dieng, qui se retrouvent dans la ligne de course finale pour la désignation du candidat, sont des « émanations du Parti socialiste à l’ancienne ». Adama Gaye voit dans ce duel Niasse-Tanor un arrangement sous-jacent, «une restauration, des chevaux de retour … pour évincer toutes les possibilités individuelles qui pouvaient émerger ». Très critique avec la gestion d’Abdoulaye Wade, déçu par le comportement de ses opposants, « je suis convaincu que reprendre les anciens et les mettre au pouvoir, revient à aller on tout droit vers un échec » car ces formations politiques « n’ont pas véritablement manifesté par leur capacité d’ouverture à des hommes nouveaux », a-t-il indiqué.
Et Mandiaye Gaye d’aborder dans le même sens. « Une élection, c’est entre deux parties ; si Tanor est désigné, il n’y avait pas lieu d’organiser des primaires », constate l’écrivain, persuadé que « le malaise s’est installé dans tous les partis politiques sénégalais».
Babacar Fall, quant à lui, a disqualifié le premier secrétaire du Parti socialiste, et voit en Moustapha Niasse un candidat qui fait « la synthèse », mais reste convaincu d'une nécessaire entente au sein de Bennoo. « La désignation d’un candidat est un sujet crucial », dit-il avant de rappeler qu’en 2000, Wade a été plébiscité. « Il est difficile de juger l’homme, nous avons affaire à quelqu’un de très volontaire, mais entouré de gens qui mangent autour de lui et ne lui disent pas la vérité. »

« J’aurais souhaité qu’il sorte de l’histoire par la grande porte, il faut passer le témoin, un seul homme ne peut pas tout faire. Le Sénégal est un pays particulier, Il faut être doté d’une hauteur spirituelle majeure pour quitter le pouvoir », dira Babacar Fall, jadis partisan farouche d’Abdoulaye Wade avant 2000. Sauf que, si la situation a tout l’air d’un blocage entre les deux protagonistes de Bennoo, c’est parce qu’il y a « un contestataire, ce qui peut être dangereux pour la démocratie ». Babacar Fall s’est dit toutefois favorable à l’idée d’organiser un débat télévisé entre Tanor Dieng et Moustapha Niasse, « afin de trancher la question de la candidature unique.»
Le débat a été houleux par moments, lorsque Adama Gaye conteste le bilan d’Abdoulaye Wade, jugé « mitigé » par Babaacar Fall. « Le bilan d’Abdoulaye Wade n’est pas mitigé, il a détruit les institutions, le matrimoine national. Il a mis le pays dans une situation similaire à celle de la Grèce. Sa gestion est à condamner fermement », a estimé Adama Gaye, qui mise plus sur « une transition pactée », afin de mettre le pays sur les rails, et éviter l’arrivée au pouvoir de « personnes qui ne seraient pas préparées » à diriger le pays. Bennoo, à ses yeux, ne constitue pas une alternative crédible. « Nous sommes mal partis. Il faut arrêter ce processus » de désignation entre Niasse et Tanor. Mieux, « il faut reporter les élections de six mois, pour éviter un scrutin mal organisé ».
Qu’en pense Babacar Touré ? « Le Sénégal a un problème : le Parti socialiste, qui a mis le pays à genoux. Ils sont présumés voleurs, ils n’ont jusqu’ici pas été jugés. Je ne vois pas le PS remplacer Wade et juger Karim Wade. On ne peut pas utiliser les mêmes hommes pour notre destin. Cette génération là, on n’en veut plus. Nous avons commis l’erreur de le reconduire (Wade) à la tête du pays ». Mais Babacar reste préoccupé par l’endettement du pays, ces sommes que les générations d’aujourd’hui et de demain vont devoir payer. Une idée partagée par Mandiaye Gaye pour qui « il faut donner la chance à d’autres, il faut des têtes neuves, le peuple doit choisir entre les candidats proposés. » « Je suis pour un candidat de l’unité, et non pour une candidature, notre pays est fatigué d’être gouverné de cette manière », a-t-il conclu.

Quant à Babacar fall, « Wade a fait en peu de temps ce que les socialistes n’ont pas fait en quarante ans ». Toutefois, il regrette qu’au Sénégal, «on ne fait que de la politique politicienne, on n’exécute pas un programme politique. Le système bancaire est resté le même. On ne parle pas de monnaie. Des enfants de ce pays ont été formés dans des domaines diversifiés, capables de prendre les rênes du pays. L’incompétence mine le pays, tout se limite à la vision du président, aucun ministre ne prend des initiatives. Il faut aller vers l’efficacité, la culture du résultat», a-t-il souligné.
Le Sénégal se trouve dans une grande impasse, et on ne s’en sortira pas par quelque messie que ce soit, renchérit Adama Gaye. « Nos institutions ont été démolies. Il faudrait reconnaître que l’élection de février risque d’être précipitée, et risque de déboucher sur des résultats qui ne refléteront pas ce que veulent les Sénégalais. Il faut une transition pactée», dira le spécialiste des relations sino-africaines. Qui n’hésite pas à désigner un arbitre pour sortir de l’impasse : « la situation du pays est catastrophique, déstructurée, il faut que la presse et l’armée disent en profondeur ce qu’elles pensent de la situation. Je suis pour que les institutions démocratiques fonctionnent ».

Et Adama Gaye d’énumérer les maux dont souffre le Sénégal ». Des dysfonctionnements qu’il a résumés dans un article publié dans Walfadjri, intitulé « le cas Tanor Dieng », à l'endroit du socialiste à qui il reproche, entre autres, d’avoir défendu Laurent Gbagbo, le président ivoirien déchu. Qu’en est-il du débat politique à l’heure actuelle ? « Au Sénégal, on parle très peu des idées, on ne parle que des personnes », regrette Adama Gaye, qui souligne « un ‘no mind’s land' », une absence de débat politique sur les véritables questions de fond, tels l’ouverture des partis politique, l’accès aux médias d’Etat, la question de l’euro, la crise des emplois aux Etats-Unis et leurs conséquences par rapport à notre pays. « L’Occident qui intervient en Afrique, une sorte de recolonisation », fait remarquer le chercheur qui a regretté aussi « le règne des artistes et des lutteurs » sur la scène médiatique sénégalaise. Mais pour Babacar Touré, « Wade n’a aucun intérêt à reporter les élections, au contraire, « il va porter l’estocade à ses opposants »
Momar Mbaye
Thiesvision.com
Par Le Dimanche 6 Novembre 2011 à 18:57 | Lu 1442 fois




1.Posté par acd@gmx.DE le 12/11/2011 23:12 | Alerter
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vous êtes tous des ignorants. Le PS a fait un appel à candidature. Les candidats devaient être présentés par les coordination. Il y a avait un candiadt à la candidature, vivant en France qui s"appelle Sanou Dione. Sa candidature n'a pas été retenue, parce que n'ayant pas été présenté par une coordination. Il faut parler de choses que vous maitrisez. Le parti socialiste est libre de présenter qui il veut. Adama gaye n'a pas à nous dire qui nous devons choisir. C'est vraiment honteux que des gens qui se disent des intellectuels puissent faire des analyses aussi terre a terre

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