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Des universités publiques au bord du gouffre

Les universités publiques au bord d’un naufrage ? Elles peinent à remplir leurs deux missions fondamentales: formation et recherche. Le Syndicat autonome de l’Enseignement supérieur (Saes) dresse un tableau sombre. Les déficits budgétaires dans les universités publiques entrainent des perturbations au niveau de l’activité pédagogique et scientifique, des retards récurrents de salaires et une absence de prise en charge médicale.


Des universités publiques au bord du gouffre
A l’université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar, l’heure est toujours à la réfection des amphis non encore terminées et la construction de salles à la Faculté des sciences et techniques (Fst) également non achevée. L’université de Thiès délivre toujours des attestations et non de diplômes. Un parfum de détournement des droits d’inscription pédagogiques et du carburant à l’université Gaston Berger de Saint louis. Le Saes signale un faible niveau d’exécution des droits d’inscription pédagogique à l’université Alioune Diop de Bambey (Uadb)

Le Syndicat autonome de l’Enseignement supérieur (Saes) a ouvert ses jumelles spectrales pour les journalistes de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (Cjrs). Evidemment, le système universitaire est au menu des discussions. Durant deux jours, les 28 et 29 décembre, les sections de coordination du Saes ont présenté, entre autres, le
Cadre juridique des universités publiques sénégalaises, les effectifs pédagogiques pour combien d’étudiants, les capacités d’accueil des universités. Au regard des communications, les Concertations nationales sur l’avenir de l’Enseignement supérieur (Cnaes) lors desquelles des directives présidentielles ont été dégagées, ne son telles pas une rencontre de plus pour booster le sous-secteur de l’enseignement supérieur ? Le système d’enseignement supérieur est-il parti pour être performant ? En annonçant un taux d’échec de 60% à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, le recteur Ibrahima Thioub sonne le glas d’une université publique à genou. Qu’en estil dans les 4 autres universités, notamment à Gaston Berger de Saint Louis (Ugb), à l’université Alioune Diop de Bambey, à l’université Assane Seck de Ziguinchor (Uasz) et l’université de Thiès.

UGB : LES DIP DISPARAISSENT, LE CARBURANT DETOURNE PAR LE RECTORAT

Le Saes veut une plus grande rationalité dans l’utilisation des ressources disponibles. Autrement dit, un budget de vérité pour toutes les universités publiques. Elles vivotent, malgré les ressources supplémentaires issues des droits d’inscription. Le financement reste le point fondamental. L’insuffisance du budget de l’Ugb qui couvre à peine sept (07) mois de salaires des enseignants-chercheurs, en dit long sur une faible allocation aux dépenses d’investissement, d’enseignement et de recherche, etc. Ce déficit structurel se traduit par un fonctionnement difficile des Unités de formation et de recherche (Ufr), une prise en charge sanitaire défaillante, voire inexistante. La section Saes fait savoir que «les droits d’inscriptions pédagogiques disparaissent et le carburant destiné aux sorties pédagogiques est détourné par le rectorat». «Les cessions sur salaires détournées. A ce jour, 4 mois de check-off du Saes ne sont pas versés. Nous exigeons leur versement immédiat», exige le représentant du Saes. Selon David Celestin Faye, cette situation conduit à une «démotivation des acteurs, notamment des conditions de travail dégradées et un environnement de crises anxiogènes. Le calendrier universitaire est toujours décalé, marqué par une confusion dans les années académiques».

UCAD : LA REFECTION DES AMPHIS NON ENCORE TERMINEES

La situation à l’Ucad reste plus que préoccupante, selon le Saes. La section a relevé au niveau des infrastructures pédagogiques, la réfection des amphis non encore terminées, la construction de salles à la Fst non encore achevée. Avant de signaler que les cités des enseignants ne sont pas encore livrées et occupées depuis 2016 avec beaucoup de problèmes.

L’UNIVERSITE DE THIES DELIVRE DES ATTESTATIONS, NON DE DIPLOMES

Face aux journalistes, le Saes signale d’emblée que l’université de Thiès est un établissement multi-site. En effet, il s’agit de plusieurs sites pédagogiques et sites d’hébergement, parfois distants de plusieurs kilomètres. S’y ajoute l’insuffisance de logements pour les étudiants, même si «l’hôtel du rail» est là pour accueillir certains. Ceci pose un autre problème, celui du transport des étudiants de leur site d’hébergement vers les sites pédagogiques. Revenant sur les œuvres sociales qui devraient être gérées par le Crous (Centre Régional des Œuvres Universitaires et Sociales) de Thiès, le Saes déplore une structure non fonctionnelle dont le directeur a pris fonction depuis plus d’une année, mais qui est payé presqu’à ne rien faire car les œuvres sociales à Thiès sont encore gérées par le Coud. «Les conditions sont très difficiles. Il n’y a pas suffisamment de bureaux, la bibliothèque est très sous équipée et les laboratoires sont quasi inexistants et sous équipés», constate le Saes

UN VIDE JURIDIQUE

L’Université de Thiès, en tant que Université publique de l’Etat du Sénégal, n’a pas de problème, pour le moment, de reconnaissance de ses diplômes, explique la section Saes de l’Ut. Non sans déplorer qu’elle ne peut, pour le moment, délivrer que des attestations. La raison: un vide juridique sur son existence et son fonctionnement. En effet, explique le Saes, l’Ut fonctionne actuellement avec la loi de création 2005-04 du 11 janvier 2005 et le décret 2008-536 du 22 mai 2008. Il se trouve que la loi sus visée crée l’Université Polytechnique de Thiès qui est une université polytechnique dont la vocation est de former des ingé- nieurs. Ce vide juridique est confirmé par l’audit juridique de l’Ut en 2014 par le cabinet Abdou Wellé. Plusieurs propositions de textes (décret et loi de révision) ont été envoyées depuis 2010, sans suite, déplore le Saes. Avant de se réjouir néanmoins de l’accréditation de la plupart des programmes de formation de l’Ut par l’Autorité Nationale de l’Assurance Qualité de l’enseignement supérieur (Anaq-Sup). La construction des bâtiments en cours connaît un retard de plus de deux dans le démarrage (2013 à 2015). Et, ces édifices risquent d’être livrés avec plusieurs mois de retard. Le délai de livraison d’octobre 2017 est déjà dépassé de deux mois (début des travaux en octobre 2015 pour une durée de 24 mois)

UABD : FAIBLE TAUX D’EXECUTION DES DIP

Pour 3200 étudiants, l’université Alioune Diop de Bambey (Uadb) compte 84 enseignants. La section locale du Saes a relevé un faible niveau d’exécution des droits d’inscription pé- dagogique (Dip). 44% d’exécution à l’Ufr Sciences appliquées et Tic (Satic) en décembre et 70% d’exécution à l’Ufr Economie, Management et ingé- nierie juridique (Ecomij) et pas d’exé- cution en Ufr Santé et développement durable (Sdd) à cause d’une amicale dissoute

CROISSANCE NON MAITRISEE DES BACHELIERS

Cette situation dans les universités publiques est due à la croissance non maitrisée du nombre de bacheliers orientés, sans un suivi des capacités d’accueil, et le recrutement de personnel enseignant et de recherche. La situation risque de s’enliser car, seul 0,5% du Produit intérieur brut (Pib) revient au sous-secteur de l’enseignement supérieur et la recherche, alors que l’objectif fixé par les autorités était de relever ce taux et parvenir à 2% du Pib du Sénégal.
Sudonline.sn
Par Le Mercredi 3 Janvier 2018 à 22:13 | Lu 115 fois


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