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Disparités budgétaires - Abdoulaye Sow : Macky Sall doit «revoir et corriger le statut des 27.000 élus locaux»

Le président Macky Sall a tout intérêt à revaloriser le statut de l’élu local pour corriger une injustice. Telle est la ligne défendue défendue par le président de la commission de l'Aménagement du territoire et des domaines du Conseil départemental de Thiès, Abdoulaye Sow, également président du Groupe des élus départementaux pour la défense des intérêts de Thiès (GÉDIT). D


ans un entretien à Seneweb, il se dit frustré et demande au chef de l’Etat de revoir le statut de l’élu local. Parce que les élus locaux, 27.000 au total, «n’ont aucun statut alors qu’ils sont une composante essentielle de la société. Ils sont laissés à leur propre sort et cette injustice est à corriger», martèle Abdoulaye Sow. Morceaux choisis.

Les 27.000 élus locaux pèsent à peine 1% du budget de l’Etat

Je suis de la mouvance présidentielle, mais je suis frustré. Ils ont fait fausse route dès le départ. Ils oublient une composante essentielle : les élus locaux. Si le budget de l’Etat tourne autour de 3700 milliards, les élus locaux qui sont plus de 27.000 sur l’ensemble du territoire, et dont le rôle est loin d'être négligeable dans la démocratie, n'ont pas plus de 1% de ce budget pour couvrir les allocations de l'État. Et pourtant, force est de reconnaître qu'ils sont élus dans les mêmes conditions que les autres. Au regard des 90 milliards pour le Président de la République, 15 milliards pour les 165 députés de l’Assemblée nationale, 7 milliards pour les 150 conseillers du Haut conseil des collectivités territoriales (dont 70 nommés et 80 élus) et 6 milliards pour les 120 conseillers membres du Conseil économique social et environnemental (qui sont tous nommés), on note de grandes disparités.

Multiplier la TVA par 3 pour donner à l'élu local les moyens de sa politique

Il faut revoir la manière de gérer les ressources de l’Etat. Car il y a un problème de sincérité des chiffres. Il y a des niches que Président doit revoir pour trouver de l’argent pour financer d’autres secteurs. Les fonds alloués aux collectivités locales, par exemple, doivent être portés à 10% de la TVA. Ainsi, il serait possible d'avoir des territoires viables et compétitifs. Et les élus auront les moyens de leur politique.

Si chaque élu avait une indemnité mensuelle de 100.000 francs Cfa par mois, cela ferait 32 milliards pour les 27.000 élus locaux du Sénégal. Ce serait juste si on constate que les quelques 150.000 fonctionnaires représentant 1% de la population nous coûtent en termes de salaire 633 milliards de francs Cfa. Ainsi donc, le Président ou tout candidat qui souhaiterait durer au pouvoir devrait régler le problème du statut des élus locaux. Chaque élu local peut engranger au minimum 100 électeurs (parce qu’il y a des militants derrière chaque élu).

A eux seuls, ils pèsent pas moins de 2.700.000 électeurs pour 100 électeurs par élu puisqu’ils ont chacun leur base politique, ils sont très représentatifs de la population. Quand vous réglez leur problème, vous êtes sûrs d’avoir la majorité absolue aux élections. Il faut les satisfaire. Se concentrer davantage sur le statut des élus locaux est un impératif. Il faut les aider et les mettre à l’aise.

«On ne peut pas fonctionner en 2018 avec un décret de 1996»

Pour ce qui qui est du parrainage, si Macky Sall avait fixé à chaque élu local de sa majorité 200 parrains, il aurait dépassé la barre de 3 millions en une semaine. L’esprit de l’Acte 3 de la décentralisation, c’est d’«impulser le développement local, pour des territoires compétitifs et viables». Or, on ne peut pas avoir une telle vision et se limiter à travailler avec les mêmes décrets de 96.

Les Fonds de dotation et fonds de concours des collectivités locales sont tirés de la TVA depuis la loi du 22 mars 96 portant transfert de compétences aux régions, communes et communautés rurales. En 2018, 22 ans après, il est temps de revoir les textes. Le budget de l’Etat est inégalement réparti. Les collectivités locales souffrent de carence de ressources. Et celles-ci sont tardivement mises en place.


Auteur: Momar Mbaye - Seneweb.com
Par Le Vendredi 5 Octobre 2018 à 14:50 | Lu 42 fois


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