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Epidémies de Gourme et grippe équine : 838 cas recensés dans la région de Thiès (Chef de service Elevage)

’épidémie de gourme et de grippe équine qui décime les équidés dans plusieurs régions du Sénégal est en train d’être contenue par les services en charge de l’Elevage. Les assurances sont de Cheikh Ahmadou Bamba Bèye, ingénieur des travaux de l’Elevage et chef de service par intérim de l’Elevage de la région de Thiès. Sollicité par Seneweb, il revient dans cet entretien, sur les causes de la maladie, ses manifestations et insiste sur la sensibilisation des éleveurs après l’apparition, depuis le 27 mars dernier, d’une suspicion de maladie respiratoire au niveau des équidés (ânes et chevaux).


Un virus apparenté à la grippe humaine et à la grippe aviaire

Les services de l’Elevage ont d’abord fait des prélèvements pour confirmer les maladies suspectées, à savoir la gourme et la grippe équine qui font des ravages chez les équidés. Pour ce qui est de la gourme, la maladie est connue au Sénégal, elle est causée par un virus qui sévit au niveau environnemental. « S’il y a un animal malade, les autres animaux sains qui sont à proximité sont rapidement contaminés.

Elle atteint généralement les équidés, elle est due à un virus. Surtout la grippe qui est apparentée à la grippe humaine et à la grippe aviaire. Elle se manifeste par une forte fièvre chez l’animal. Nous avons aussi une dépression de l’animal qui ne mange plus, anorexique, écoulement nasal et éventuellement des taux sèches », explique Cheikh Ahmadou Bamba Bèye. Sur le décompte, l’ingénieur précise que des déclarations de cas sont faites chaque semaine.

Des données sont collectées au niveau régional, sur l’ensemble des départements. Puis les données sont remontées depuis le chef de poste vétérinaire pour arriver au niveau départemental et au niveau régional, étape où la synthèse est faite. Pour la région de Thiès, du 11 au 18 avril, 838 cas ont été déclarés (le nombre de cas déclarés est différent du nombre de cas réels ou confirmés). « En tant que techniciens, nous allons sur place pour vérifier si l’animal déclaré développe les mêmes symptômes que la grippe ou la gourme. Si c’est positif, on fait une antibiothérapie, un traitement symptomatique ».

Dans les 838 cas, les 649 ont été effectivement traités par nos agents, rassure-t-il. Le labo confirme après avoir isolé le virus, pour nous dire qu’il s’agit de la grippe ou de la gourme, des maladies à symptômes presque similaires. En général 24 heures ou 48 heures après un traitement, l’animal est guéri. Mais un animal guéri ne veut pas dire un animal carrément sain, nuance Cheikh Ahmadou Bamba Bèye selon qui, l’animal peut héberger toujours le virus, et les infections secondaires sont calmées.

Dans ce cas, c’est un animal convalescent : il faut l’observer, le renforcer en vitamines. Parce que pendant la période d’incubation, l’animal est atteint, il a une hypertonie, il ne mange pas, donc forcément il y a une faiblesse. Cela demande un suivi jusqu’à près de deux semaines pour que l’animal soit carrément guéri.


Epidémies de Gourme et grippe équine : 838 cas recensés dans la région de Thiès (Chef de service Elevage)
Mortalités plus importantes chez les ânes

A la question de savoir quels sont les équidés les plus affectés par la maladie, « On note plus de mortalités chez les ânes au niveau de la région de Thiès.L’âne est laissé à lui-même, n’est pas régulièrement traité, et son système immunitaire est beaucoup plus sensible à la maladie. Du 1er au 18 avril, nous avons recensés 13 ânes déclarés officiellement morts au niveau régional. Ça peut être plus. Chez les chevaux, nous avons noté peu de mortalités, c’est à Kayar dans le département de Thiès. Dans les départements de Tivaouane et Mbour, on ne note pas de mortalités chez les chevaux. L’ensemble des mortalités, chez les ânes et les chevaux, cela fait 14. Nos agents sont en train de faire beaucoup d’efforts pour circonscrire la maladie».

« Nous avons un lot de médicaments, une grande quantité d’antibiotiques, et nous avons commencé à faire la distribution au niveau des départements. Pour doter les agents de terrain de matériel pour une meilleure maîtrise de la maladie. Il suffit de faire de l’antibiothérapie, et de la vitamine, reposer l’animal pour qu’il guérisse. Il y a aussi des mesures préventives à prendre. Puisque c’est un virus qui se propage très rapidement à travers le vent ». Afin de contenir la maladie, le ministère de l’Elevage a dressé à ses services une lettre circulaire pour sensibiliser les éleveurs par rapport aux regroupements des chevaux, des équidés.

A Touba-Toul par exemple, « nous avons régulièrement un marché hebdomadaire où il y a un monde et des chevaux, qui proviennent de différents endroits. Nous demandons aux éleveurs de limiter les déplacements. A Mékhé, Sandiara il y a des marchés hebdomadaires, mais celui de Touba-Toul est le marché qui regroupe le plus fort taux de concentration de chevaux. Nous agents sont sur place et veillent au grain», tempère Cheikh Ahmadou Bamba Bèye.

Quid d’une probable contamination vers l’humain ou l’animal ?

Le virus spécifique aux équidés (chevaux, ânes, mulets), il n’y a pas de contamination entre l’animal et l’homme, rassure le chef de service par intérim de l’Elevage de la région de Thiès. Mais par contre, nuance-t-il, un palefrenier (qui travaille avec les chevaux) peut, en s’activant sur l’animal malade, transférer le virus à un autre animal. C’est pourquoi nous demandons aux propriétaires de limiter le transfert des animaux, et d’isoler les animaux malades, les mettre en quarantaine pour éviter tout contamination.

Le regroupement des animaux déconseillé

Et de mettre en cause la pollution, car il y a eu dernièrement beaucoup de vent au Sénégal et notamment dans les régions périphériques. Et le traitement ne se fait pas seulement au niveau des services de l'Elevage. Il y a aussi les vétérinaires privés qui traitent la maladie mais ils devraient se référer au service public pour donner leurs chiffres préconise M. Bèye. Qui indique que 75% des animaux traités sont guéris. Alors que certains animaux ont une immunité naturelle et sont guéris. Et dans un foyer, on ne vaccine pas quand il y a un animal malade. On fait une antibiothérapie (guérir par des antibiotiques). La vaccination se faisait avant l’apparition de la maladie, mais contre une autre maladie : la peste éqine. Pour le moment, on ne dispose pas de vaccin contre la grippe, mais une antibiothérapie, un traitement pour calmer la maladie.
Momar Mbaye

avec SENEWEB
Par Le Mardi 23 Avril 2019 à 13:49 | Lu 76 fois


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