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Et dire qu’à Jeune Afrique on ne connaît pas Bamba ! (Par Abibou Mbaye, Journaliste à la RTS)

ThiesVision.com - « La chute n’est violente et retentissante que quand l’ascension est hautement fulgurante » dit l’adage. Malgré ses cinquante six ans d’âge(créé en 1960) et son expérience, la dégringolade du Journal Jeune Afrique est inévitable au Sénégal. La chute est à la dimension planétaire de l’aura de Cheikh Ahmadou Bamba dont la photo a été utilisée à des desseins jusque-là inavoués. Mais eu égard aux propres écrits de Cheikhoul Khadim qui dit, je le cite : « Mon rang s’est élevé et ne s’abaissera jamais, celui qui parmi les créatures cherche à me rabaisser sera voué à une déchéance irréversible ».


Au rythme où vont les manifestations, on se demande si ce journal panafricain a des chances de rebondir au Sénégal. D’abord la sortie du Khalife Général des Mourides Serigne Cheikh Sidy Makhtar Mbacké via son porte-parole Serigne Bassirou Abdou Khadre. Une sortie assimilée à celle que nous avait habitués Serigne Abdoul Ahad Mbacké troisième Khalife des Mourides. Baye Lahad en faisait de même en de pareille circonstance, à chaque fois que le Mouridisme et son Fondateur Cheikh Ahmadou Bamba sont attaqués. Serigne Bassirou Abdou Khadre n’a pas dérogé à la règle. Il s’est exprimé avec une aisance oratoire habituelle, dans une voix étreinte par la peine que cette caricature a certainement causée. Des propos solennels et engagés dans le verbe, dans le ton, dans la véracité anecdotiques des propos (enseignements du Cheikh), dans les références (Coran, et Hadith du Prophète Seydina Mouhamad PSL) .

Ensuite par les manifestations qui ont suivi cette sortie dans les différentes villes Sénégalaises, Dakar, Thiès, Diourbel, Touba, Mbacké, Kaolack, Porokhane, Darou Mouhty, etc. Et le mot d’ordre est le même partout. Plus de « Jeune Afrique » au Sénégal. Les Mourides ont unanimement demandé à ce que ce Journal soit purement et simplement interdit de parution au pays de Bamba. Mieux, à Porokhane(ville qui abrite le mausolée de la mère du Fondateur du Mouridisme), l’imam Ratib a solennellement demandé, je le cite « que tout mouride s’abstienne d’acheter ce journal et de considérer toute personne qui fait sa promotion comme un ennemi du Mouridisme » fin de citation. (ThiesVision.com) Cela dénote encore une fois que, malgré les excuses « acceptées » ou pas du Directeur de Publication, Béchir Ben Yahmed, que les mourides ont tourné le dos à Jeune Afrique.

Macky Excuse et pas le Mourides …
Même si par ailleurs dans sa sortie, le chef de l’Etat Macky Sall a « condamné fermement et en acceptant les excuses de J.A» sans pour autant répondre à la requête formulée unanimement par les mourides d’interdire le journal, les réprobations, et les cris de guerre continuent toujours dans les différents foyers Mourides. Tout simplement parce que l’offense est grande. Elle est à la dimension du Cheikh dont on voue une extinguible et aveugle admiration. Ce que Jeune Afrique ne devrait pas ignorer vu son expérience. En tout état de cause, les Mourides ne partagent pas le même sentiment que Macky Sall dont la réaction officielle jugée tardive, le cadre inapproprié, à la limite « minimisante » ou « minimale » (occasion d’une visite officielle d’un Premier Ministre d’un pays Européen, en l’occurrence Mateo Renzi d’Italie). Cela ne peut aucunement dédouaner J.A. et effacer l’amère peine qui habite les Mourides jusque dans sa plus haute hiérarchie.

Et dire qu’à Jeune Afrique on ne connaît pas Bamba !

Pour le connaître, Jeune Afrique devrait s’inspirer de l’actualité du Mouridisme et de son Fondateur. Non sans parler du Grand Magal de Touba qui draine des millions de pèlerins dans la ville Sainte chaque année. J.A devrait peut–être aller à New York, le mois de juillet dernier, le Maire de cette ville américaine, Bill de Blasio, qui n’était pourtant pas censé connaître le fondateur du Mouridisme, a renouvelé la proclamation du Bamba Day. C’est à dire la célébration de Cheikh Ahmadou Bamba comme une figure charismatique, de la non violence au pays de l’Oncle Sam. Une Proclamation vielle de plus 25 ans. Vous ne me direz pas que vous n’avez pas entendu parler de cette journée décrétée par les autorités américaines pour magnifier l’oeuvre de Bamba.
Des proclamations faites dans une dizaine de villes nord-américaines, Washington DC, Philadelphie, Atlanta, Detroit-Michigan ; Cincinnati- Ohio, Los Angeles, Montréal, Chicago, etc.

Si Jeune Afrique ne connaît pas Ahmadou Bamba ! Je lui conseille ceci : Au moment où la communauté Mouride de Saint-Louis du Sénégal célèbre la geste de Bamba marquée par la prière historique, en 1895 dans le bureau du Gouverneur de l’AOF d’alors, communément appelé «les deux rakkas », les Mourides basés dans l’Etat de Missouri, célèbrent cette acte héroïque avec les américains dans la capitale éponyme, Saint Louis(USA). C’est ça la dimension de Bamba.

Ne me dites pas que Jeune Afrique ne connaît pas Bamba !

Et si on ne connaît pas Bamba à J.A, pourtant, tout près de votre siège à Paris, Bamba a déjà fait ses quartiers. Des résidences acquises par les Mourides communément appelées « Résidence de l’Islam » ou « Keur Serigne Touba », à Aulnay-sous-bois, une autre à Taverny(Paris) y sont érigées. Sans compter les autres villes Européenne d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne, qui abritent toutes des résidences dédiées à Bamba où des activités culturelles Islamiques sont tenues.
Si vous l’ignorez encore, faites des recherches journalistiques pour en savoir plus. Si votre journal est bien sûr basé en France, vous n’êtes pas sans ignorez que cette France là a capitulé devant un seul Homme, Bamba. Une défaite cuisante survenue au bout de 7 ans d’exil. Un Exil fait de privations de liberté, d’exactions, sur la frêle silhouette de Bamba. Résultat : retour triomphal au pays, sans aucune égratignure, une foi en Dieu plus grande. Une Icône de la non-violence que le Sénégal montre à la face du monde .
Et c’est cette France-là, après des enquêtes poussées sur les objectifs de cette communauté Mouride basée en France, dans un contexte tendu marqué par le terrorisme, qui a délivré un ticket d’autorisation aux Mourides pour marcher dans les grandes artères de la capitale française, pour magnifier la gloire d’Allah et de son Prophète.

Et dire que Jeune Afrique ne connaît pas Bamba!

Même dans les grandes universités les plus prestigieuses du monde, des mémoires et des thèses sont consacrés à Bamba. Si vous ignorez la dimension universitaire de l’œuvre de Bamba. Allez dans les universités comme Columbia University à New York, demandez au Professeur Souleymane Bachir Diagne, ce Philosophe qui est une fierté sénégalaise pour avoir figuré parmi les 100 penseurs de notre temps, qui est son compatriote Ahmadou Bamba. Il vous répondra et vous édifiera sur l’œuvre de Serigne Touba. Il le fera avec une objectivité et une scientificité religieuse ou philosophique qui transcende tout clivage ethnico-politico-confrérique. Comme titré dans Jeune Afrique, n° 2450-2451, du 23 décembre au 5 janvier 2008, p. 51- Souleymane Bachir Diagne parmi « Les 100 personnalités qui font l'Afrique ». Cette personnalité des Universités du Monde connaît Ahmadou Bamba.

Et dire que Jeune Afrique a fait preuve de légèreté irresponsable!

Un banal dessin, au dessein inavoué a démontré une inculture à la fois religieuse de la dimension de l’homme de Dieu mais aussi une ignorance du caractère sensible de l’information religieuse.
Si réellement Jeune Afrique ne connaît pas Bamba c’est l’occasion de revoir sa copie car l’œuvre du fondateur du Mouridisme a fait le tour du Monde.
Vous connaissez certes Gandhi et pourtant vous ne le caricaturez pas. Vous connaissez Martin Luther King, vous ne le caricaturez non plus. Quelle que soit la non violence incarnée par ces deux figures, Bamba a incarné pour sa part une non violence qui va au-delà de celle qu’on a l’habitude de nous montrer. Une non-violence qu’il a portée au firmament du stoïcisme en pardonnant à ses ennemis à son départ en exil d’abord en 1895, confirmé à son retour d’exil en 1902, et qui continue de charrier des vertus nobles qui doivent inspirer le monde actuel marqué par le terrorisme, le jihadisme, l’Islamophobie.
En attendant d’avoir une position claire des autorités sénégalaises allant dans le sens de calmer la colère de la communauté mouride, sans pour autant bafouer le droit à l’information mais aussi le respect des croyances des autres, ne faudrait-il pas laisser le sabre s’abattre sur Jeune Afrique afin que l’honneur de Bamba soit sauf et que son legs soit perpétué. Une leçon à jamais sue et un avertissement de taille pour tout contrevenant.
Abibou MBAYE Journaliste à la RTS
Spécialiste du Mouridisme
ThiesVision
Par Le Samedi 6 Février 2016 à 18:50 | Lu 135 fois



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