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Evaluation standardisée régionale des compositions: Ça fuite partout à Thiès

Echec dans la première expérience d’évaluation standardisée dans la région de Thiès. Pour cause : les élèves des lycées du département de Thiès ont boycotté, hier, les épreuves des compositions régionales du premier semestre, organisées par l’Inspection d’académie (Ia). Ils dénoncent des fuites notées dans l’organisation commune de ces dites compositions dans l’académie.


Par Ndèye Fatou NIANG Correspondante
Encore des fuites dans l’organisation des épreuves au Sénégal. Après le Baccalauréat et le concours général 2017, des fuites ont été notées, hier, dans la première expérience de l’évaluation standardisée des compositions du premier semestre de l’académie de Thiès. En effet, depuis quelques années, les établissements moyens et secondaires du Sénégal sont soumis à l’organisation d’évaluations standardisées. Il s’agit au niveau communal ou départemental, de donner des sujets communs pour chaque niveau d’enseignement et dans les différentes disciplines. Lesquelles évaluations concernent aussi bien les évaluations formatives (les devoirs), et les évaluations sommatives (les compositions). Une expérience, qui a connu des failles dans l’académie de Thiès puisque des élèves des lycées El Hadji Malik Sy et Jules Sagna, ont boycotté, hier, les épreuves de ladite évaluation pour dénoncer des cas de fraudes notées dans l’organisation.

Selon ces élèves, les compositions ont été démarrées au niveau des 41 lycées de l’académie de Thiès depuis le 25 janvier, mais depuis, renseignent-ils, des failles ont été notées dans l’organisation. Des failles qui, selon eux, se sont répétées, « ce matin avec les épreuves de mathématiques où des élèves avaient par devers eux les sujets ». Un scandale, selon les lycéens, qui informent, « avant même les compositions nous avons vu des élèves de la terminale L qui avaient les épreuves. Et ce n’est pas normal », s’étrangle l’élève de terminal S au Lycée Jules Sagna qui indexe les professeurs: « les fuites ne viennent pas des élèves, ce sont les professeurs parce qu’aucun élève n’a accès à l’Ia ». Une information confirmée par d’autres élèves du même lycée qui accusent : « c’est un professeur qui l’a envoyé à un élève. Lequel élève nous l’a ensuite transféré. Nous avons toutes les épreuves ». Leurs camarades de la terminale L2 de déplorer surtout le fait que « nous avons revisité pendant des semaines et aujourd’hui on vient et on dit qu’il y a des fuites. Nous nous demandons même est ce que l’affaire de la fuite du Baccalauréat ne va pas de produire cette année ? S’interrogent-t-ils.
Et d’ajouter : « l’année commence déjà avec des fuites, est ce qu’elle ne va pas se terminer avec des fuites ? Ainsi et de demander la reprise de toutes les épreuves de la composition du premier semestre.
Et de prévenir : « nous allons refuser toutes les épreuves de remplacement ». Une situation déplorable, dénonce la section Thiès du Cadre unitaire syndical des enseignants du moyen secondaire (Cusems), qui parle de légèreté. « C’est dommage parce que nous du Cusems nous avons, depuis le démarrage des compositions le 25 janvier dernier, décelé des présomptions de fraudes dans les épreuves de philosophie, mais nous n’avions pas de preuves. Mais dans les épreuves d’histoire et de géographie nous avons eu des preuves tangibles et matérielles. Nous avons ensuite informé le responsable départemental, ce dernier a ensuite appelé l’Ia. Et l’autorité a soutenu qu’elle fera des recoupements d’information. Mais malheureusement il n’y a pas eu d’annulation d’épreuves. Et aujourd’hui (hier) nous avons vu des sujets de mathématiques déjà traités », explique Modou Ndao.
De l’avis du responsable du Cusems au Lycée Jules Sagna, la solution, « c’est de laisser les chefs d’établissements organiser les compositions comme nous le faisions avant puisqu’il n’y a jamais eu de problèmes dans cette formule. L’école proposait des sujets, après, on faisait une sélection avant de tirer les épreuves. Il n’y a jamais eu de problèmes encore moins de fuites ici au niveau de l’école Jules Sagna ». Il termine par laisser entendre : « la responsabilité de l’Ia est engagée parce que c’est elle qui envoie les sujets aux chefs d’établissements ».
Selon certaines sources contactées par Le Quotidien, « les épreuves ont été vendues aux élèves à coût de 10 mille F Cfa par un surveillant du collège Bassirou Mbacké ». Des sources qui signalent aussi que « les épreuves ont été également sabotées par des professeurs du département de Mbour qui ont tout simplement distribué les copies à leurs élèves parce que n’étant pas d’accord du concept ». Elles renseignent : « l’Ia a imposé cette évaluation standardisée et avait donné une grille d’harmonisation. Alors il y a des professeurs qui étaient certainement en retard par rapport aux sujets des compositions, ce qui justifie la fuite parce qu’ils n’avaient pas encore abordé ces leçons là ». En tout état de cause, les élèves, eux, demandent l’ouverture d’une enquête pour situer les responsabilités mais également de sanctionner les élèves prisent en flagrant délit de fraudes.
nfniang@lequotidien.sn
Réaction…Mamadou Diop Secrétaire général de l’Ia de Thiès

Réaction…Mamadou Diop Secrétaire général de l’Ia de Thiès
« Nous sommes en train de faire des investigations pour localiser les responsables"
Par N.F.NIANG Correspondante
« Il y a eu effectivement des fuites et nous sommes en train de faire des investigations pour localiser les responsables. C’est pour dire que nous avions toutes les informations et nous n’avions pas croisé les bras. Sous la houlette de l’Inspecteur d’académie nous avons beaucoup échangé sur ce sujet avec les formateurs, les principaux, les Inspecteurs de l’éducation et de la formation (Ief), des proviseurs. Et certains avaient même proposé d’arrêter les compositions et de reprendre les épreuves mais on s’était rendu compte qu’il y avait des zones ou ces fraudes n’ont pas été constatées et que les compositions se déroulaient normalement. Mais nous sommes en train de recueillir les informations de tous les acteurs.
Ce matin (hier), les compositions ont été perturbés parce qu’il y a des élèves des lycées Malick Sy et de Jules Sagna qui étaient venus voir l’Ia. Ils étaient 16. Ils nous ont fournis des informations et nous sommes également en train de rassembler toutes les autres informations de tous les acteurs, des élèves, des proviseurs, des parents d’élèves, des inspecteurs, et tout le monde pour ensuite tirer les conclusions qu’il faut. Nous sommes actuellement à ce stade là. Il y a une Ief qui a déjà fini de faire une évaluation parce que dans la lettre de demande que nous leur avons adressée, l’Ia demande à ses administrés de faire des réunions d’évaluation.
Ces derniers vont ensuite nous remonter les réponses et nous allons faire la synthèse. C’est dans cet instant là que nous pourrons dire effectivement que les fuites viennent de là et que voilà les solutions que nous allons adopter. Mais dans tous les cas nous disons aux élèves de l’académie qu’ils ne sauront pas léser. Parce qu’ils ne peuvent pas être évaluer sur des sujets qui ont été déjà vus. Ce serait inéquitable et injuste. Ils ne seront pas les perdants dans cette histoire là. Mais comme nous sommes au stade de réunir des informations nous ne savons pas encore qu’elle attitude prendre mais tant que nous pouvons laver ce linge sale à l’intérieur de notre famille nous le ferons. Pour l’instant rien est envisagé et aucune piste n’est encore aussi écartée ».
nfniang@lequotidien.sn
avec Le Quotidien
ThiesVision.com
Par Le Vendredi 2 Février 2018 à 13:55 | Lu 584 fois


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