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Gora Khouma, SG Union des routiers du Sénégal : ‘’La réalité est que 90 % des corrupteurs sont des fonctionnaires de l’Etat’’


Gora Khouma, SG Union des routiers du Sénégal : ‘’La réalité est que 90 % des corrupteurs sont des fonctionnaires de l’Etat’’
L’avis du secrétaire général de l'Union des routiers du Sénégal (Urs) est tranché, sur la question de la corruption dans la circulation. Gora Khouma pointe un doigt accusateur sur les agents des forces de l’ordre et demande à la tutelle de prendre des mesures dans ce sens.



Connu pour être un défenseur invétéré des intérêts des transporteurs, le secrétaire général de l'Union des routiers du Sénégal (Urs) ne déroge pas à la règle, lorsqu’il s’agit de parler de la corruption dans la circulation. ‘’Je dis toujours que la corruption ne profite à personne. Le corrupteur comme le corrompu ont tous tort. Dans le secteur du transport que je maitrise bien, si le conducteur propose de donner de l’argent, il ne peut pas être condamné, parce qu’il ne peut rien contre un agent qui en réclame. L’agent a la possibilité de coller un délit de tentative de corruption et envoyer en prison un chauffeur qui tente de lui proposer de l’argent. Donc, comprenez par-là que si un chauffeur donne de l’argent, c’est sur demande de l’agent des forces de l’ordre’’, explique Gora Khouma.

Le syndicaliste de dire que le seul coupable est l’homme de tenue. S’il y a corruption dans la circulation, le principal fautif, selon lui, c’est l’agent des forces de l’ordre. ‘’Force est de reconnaitre aussi qu’il y a des gens qui sont dignes et qui représentent dignement la nation. Ils portent bien l’uniforme et jusqu’à la retraite, on ne pourra jamais les indexer. Par contre, il y en a d’autres que je qualifie de bandits, d’agresseurs en uniforme. Ce qu’ils font, ils ne le font pas avec la bénédiction ou les consignes de leur hiérarchie. Ils le font de leur propre chef. On voit des agents qui possèdent des voitures et ou maisons qui coûtent plus cher que celles de leurs patrons hiérarchiques, à cause de la corruption’’, accuse M. Khouma.

‘’C’est un constat général qui est là. Nous devons combattre la corruption, comme c’est le cas avec le phénomène des accidents. Nous devons combattre la corruption qui existe à tous les niveaux, même si la triste réalité est que 90 % des corrupteurs et corrompus sont des fonctionnaires de l’Etat. Je ne sais pas si c’est lié aux salaires ou non’’, poursuit le Sg de l’Urs.

En effet, Gora Khouma estime que lorsque la personne opte pour l’uniforme, elle a une idée de son salaire. Si celui-ci ne l’arrange pas, mieux vaut ne pas s’engager et aller chercher autre chose. ‘’Ailleurs, c’est les ‘coxeurs’ qui leur servent de rabatteurs. Ils contrôlent ceux qui ont déjà donné ou non. Si un chauffeur passe à la caisse le matin, il est libre de circuler toute la journée sans être inquiété, car son numéro d’immatriculation est déjà enregistré. La corruption, personne n’en profite’’, insiste-t-il.

Dans la même veine, le syndicaliste balaie d’un revers de main la thèse selon laquelle la corruption est le fait de chauffeurs qui n’ont aucun papier avec eux. Sur cette question, il se veut clair : un chauffeur qui ne dispose pas de papiers doit faire l’objet de sanction. Et c’est l’agent assermenté qui doit s’en charger. ‘’Les policiers n’ont qu’à appliquer la loi. Quelqu’un qui a tous ses papiers passe ; au cas contraire, la loi s’applique à lui. Il faut que l’argent ne soit plus une contrepartie pour la visite technique, le permis, l’assurance, entre autres. Il faut mettre fin à cela’’, déclare Gora Khouma.

Le Sg de l’Urs, qui connait bien le secteur des gros-porteurs, s’étrangle contre certaines pratiques qui y ont cours actuellement. ‘’Regardez ce qui se passe chez les douaniers. On vous demande de donner un montant qui tourne entre 30 000 F Cfa et 50 000 F Cfa, à défaut, ils menacent de faire décharger votre marchandise. On ne peut rien contre cela, car si on ne s’exécute pas, on risque de payer 100 000 F pour pouvoir la récupérer, après une longue période. C’est ce qui se passe au niveau des frontières. Les véhicules particuliers paient au minimum 5 000 F Cfa. C’est la même chose à l’intérieur du pays’’, se désole le syndicaliste.

Solutions

Toutefois, le syndicaliste n’est pas pessimiste et souligne que des solutions existent, pour éradiquer ce fléau. Elles sont, dit-il, entre les mains du haut commandement de la gendarmerie et les directions générales de la police et de la douane. ‘’Les hautes autorités de la police, de la gendarmerie et de la douane sont les seules à pouvoir mettre fin à cette pratique. Elles doivent prendre leurs responsabilités qui ne doivent pas être juste quelques mots. Il doit y avoir des agents comme Amoul Yakkar (voir ailleurs) dans la circulation. Avec lui, si vous êtes en règle, vous passez. Au cas contraire, vous payez, mais l’argent va dans les caisses de l’Etat’’, déclare M. Khouma.

CHEIKH THIAM


EnQueteplus.com
Par Le Jeudi 1 Août 2019 à 18:33 | Lu 85 fois


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