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INTERVIEW EXCLUSIVE - Thione Niang, le Sénégalais conseiller de Barack Obama

Thiesvision.com vous propose une interview de Thione Niang publiée dans de dernier numéro de Icône Magazine. Thione Niang, Sénégalaise d'origine, est conseiller de Barack Obama.


INTERVIEW EXCLUSIVE - Thione Niang, le Sénégalais conseiller de Barack Obama
Icône Magazine: Présentez-vous aux Sénégalais.

Je me nomme Thione Niang, divorcé depuis 6 ans avec 2 enfants. Je suis né au Sénégal précisément à Kaolack. J’ai eu mon bac L au lycée Blaise Diagne et par la suite, je suis parti aux Etats-Unis y faire mes études universitaires. J’ai commencé tout d’abord à travailler dans un hôtel en tant que laveur de tables pour subvenir à mes besoins primaires. C’est ainsi que j’ai persévéré dans les études, jusqu’à ce que j’intègre le monde de la politique et voilà ou j’en suis maintenant. Je suis membre du directoire de campagne du président Barak Obama, Président national du groupe des jeunes démocrates de l’American collège ainsi que le fondateur de l’association «Give one Project ».

Icône Magazine: Parlez-nous de votre vie au Sénégal avant votre départ aux Etats-Unis.

Je fais partie d’une grande famille, une famille polygamique de 28 enfants. J’ai donc grandi dans un cadre de vie purement sénégalais. Lorsque je suis venu à Dakar pour terminer mes études scolaires, je vivais chez mes grands-parents à la Médina. Ce n’était pas facile mais je me suis battu jusqu’à l’obtention de mon baccalauréat. Tout fier de moi à l’époque, je décidais donc de faire mes études universitaires aux Etats-Unis. C’est ainsi que j’ai déposé ma demande de visa à l’ambassade américaine. On me refusa pour une première fois. J’ai encore déposé une deuxième fois, on rejeta encore ma demande, une troisième fois, la chance me tournait toujours le dos. Je déposais une quatrième fois et c’est à ce moment qu’on décida enfin de m’accorder un visa, c’était en janvier 2000. Ce ne fut que 5 mois après que je pus me procurer un billet d’avion en destination des U.S.A. car mes proches ne savaient pas où trouver assez d’argent pour son tarif. Heureusement, un de mes cousin, Daouda Ndaw, venu du japon m’a prêté l’argent avec lequel, j’ai pu me procurer le billet d’avion. Je me souviens, arrivé aux Etats-Unis, je suis descendu de l’avion avec juste 20 dollars en poche.

Icône Magazine: Les conditions dans lesquelles vous avez quitté votre pays natal étaient alors difficiles.

Oui, c’était très difficile et extrêmement compliqué. J’en étais même arrivé jusqu’à frôler la déprime car j’avais besoin d’aider ma mère, de la sortir dans la galère ou elle était alors je n’avais aucune voix, aucun chemin ou passer pour pouvoir tomber sur quelque chose d’avantageux. Je n’avais ni amis, ni famille assez riche pour m’aider et d’ailleurs, j’étais le premier à avoir le bac dans ma famille. et puisque j’étais le premier à l’avoir, tous les regards et espoirs se sont dirigés vers moi de telle sorte que je sentais un lourd fardeau me peser. En ces moments là, j’avais espérer qu’après 4 ans d’attente du visa, les choses s’amélioreraient un peu mais non, puisque le problème de l’argent du billet nous avait tous vraiment fatigué. Les conditions dans lesquelles furent sûrement l’une des plus durs épisodes de ma vie. Mais, ce qui me permettais de tenir le coup, c’est que je me disais au fond de moi je j’allais me donner jusqu’au bout, travailler jusqu’à mon dernier souffle s’il le faut pour m’en sortir une fois arrivé en Amérique.

Icône Magazine: Pourquoi aviez-vous choisi spécialement les Etats-Unis plutôt qu’un autre pays de l’étranger ?
Etats-Unis parce que lorsque j’étais en classe de 4e à l’école Valdiodio Ndiaye, notre professeur d’Anglais nous avait parlé de l’histoire de Koffi Annan, du parcours extraordinaire qu’il a eu à mener. Cela m’a vraiment inspiré et je voulais coûte que coûte faire comme lui. Je me suis dis que je voulais aller en Amérique, me battre comme il s’est battu pour pouvoir aider la jeunesse dans le monde entier. Je me souviens lorsque je partageais mes ambitions avec mes proches ou mes amis, ils me raient au nez, me persuadaient que je ne pourrais jamais accomplir ce qu’il a accompli, je ne pourrais même pas sortir du pays parce que je n’en avais pas les moyens. Ils me disaient d’être un peu réaliste et d’arrêter de rêver.

Icône Magazine: Parlez-nous de vos premières expériences aux Etats-Unis.

La première expérience que j’ai vécue a été un choc pour moi. L’idée que je m’étais faîtes du pays le plus puissant du monde et ce qui se trouvait en face de moi était complètement différente. Ce que l’on voit à la télé, dans les médias diffère complètement de la réalité. Lorsque je suis arrivé, j’ai quitté l’aéroport de New York pour venir à Bronx et là-bas, le cadre de vie est presque pareil aux quartiers de la banlieue, allant des poubelles aux gens « louches » qui trainaient par-ci par-là. J’ai donc été victime d’un véritable choc culturel.
Il y avait également le problème de la maîtrise de la langue qui se posait. Je ne parlais pas bien l’anglais ce qui ne facilitait pas bien mon intégration. De plus, vivre dans un pays dans lequel tu ne vois ni parents, ni amis, ni même une connaissance est bien sûr une expérience vraiment douloureuse, et triste. Sans compter aussi qu’au Sénégal, les gens s’attendent toujours à ce que tu les envois de l’argent puisque tu es maintenant dans un pays plus riche, alors que moi, j’étais confrontais à de terribles problèmes d’argent. Je tombe malade, je ne pouvais compter sur personne d’autre que sur moi-même. Lors de certaines fêtes qui se célèbrent en famille, toutes les personnes autour de toi passent de bons moments avec leurs proches alors que moi, je les passais dans mon coin ; comment ne pas se sentir seul dans ses cas ? et donc je ressentais vraiment l’envie de rentrer au Sénégal et d’être au prés de ma famille. Mais je savais bien qu’il ne fallait pas que j’abandonne car je m’étais fixé des objectifs basés sur de très bonnes raisons.

Icône Magazine: Quel était le premier boulot que vous aviez fait aux Etats-Unis ?

A mon premier boulot, j’étais garçon de salle dans un hôtel de la place. Je lavais les tables et avec l’argent que je gagnais, je payais mon appartement, ma nourriture et j’envoyais aussi de cet argent à ma mère. Ce fut comme cela que je procédais, essayant de m’organiser pour bien suivre mon programme universitaire aussi.

Icône Magazine: Justement, sur quel programme universitaire vous êtes-vous spécialisé ?

Je me suis spécialisé en administration publique.

Icône Magazine: Expliquez-nous comment s’est passé votre insertion dans le monde de la politique U.S.

J’ai commencé la politique 5 ans après mon arrivé, vers 2005. En ces temps, les Etats-Unis, ce pays qui m’avait si bien rendu, mes efforts, était confronté à de réels problèmes économiques. Par exemple, s’il m’arrivait d’envoyer à ma mère 100 dollars, cela lui revenait à 70.500 FCFA. Finalement, il fallait donc que je double 200 dollars pour pouvoir les envoyé à ma mère. C’est par la suite que je me suis dis que je ferais de tout mon possible pour pouvoir aidé l’Amérique dans l’amélioration de sa situation financière. J’ai donc fais du volontariat politique afin d’aider ma communauté. J’ai d’abord travaillé avec un de mes amis conseillé municipal dans sa campagne et après qu’on ait gagné, le maire de Cleveland a voulu que je travaille au prés de lui pour sa campagne. J’ai donc accepté et après qu’on l’ait gagné, le sénateur m’a appelé pour être son directeur de campagne et c’est à ce moment que j’ai eu à rencontrer le président Obama, mais durant cette période, il était sénateur, en 2006. Alors qu’on m’avait déjà nommé président des jeunes démocrates des Etats-Unis, j’ai travaillé avec Obama pour 2 ans alors qu’il se préparait pour les élections à la présidentielle. Lorsqu’il a gagné les élections, j’ai intégré le congrès…ou j’ai travaillé durant 9mois avant de décider de créer se qu’on appelle « Give One Project », une organisation qui vise à aider les jeunes dans le leadership et l’entreprenariat. L’organisation est actuellement dans 11 pays, dont le Sénégal. Actuellement, je travaille encore pour Obama dans sa campagne de réélection en gérant le gent44. Je suis le co-président national des moins de 40ans dans sa campagne.

Icône Magazine: Comment s’est passé votre premier contact avec Obama ?

La rencontre des jeunes démocrates se passe tous les 3 mois dans un des Etats du pays. Cette fois là, nous étions donc à Washington D.C. et pas mal de personnalités politiques Américains étaient présents dont Obama. Puisque c’est la jeunesse qui est généralement la cible principale du fait qu’elle représente l’avenir, chacune de ces personnalités est venir tenir son discours. En écoutant Obama développé le sien, il m’a tout de suite plu du fait de la pertinence des idées qu’il développait. A la fin, je me suis allé présenter à lui et c’est ainsi qu’on a fait connaissance, il m’a signé son livre et lorsqu’il avait besoin d’assistance de ma part, il m’appelait pour que je vienne l’aider.

Icône Magazine: Parlez-nous un peu de votre vie aux Etats-Unis ?

Actuellement, nous travaillons énormément pour la réélection du président Obama. Je suis quelqu’un de très occupé aussi, le « Give One Project » me prends beaucoup de temps, je voyage très souvent déjà qu’en 2 ans j’ai fais plus de 30 pays, je suis toujours entre 2 avions. N’empêche, c’est pour une très bonne cause puisqu’aider les jeunes du monde entier à toujours été ma principale motivation.

Icône Magazine: Quelle est votre vision de la politique sénégalaise ?

Ma vision de la politique au Sénégal, et c’est ce qui m’a d’ailleurs amener ici, c’est qu’il y ait la paix dans ce pays. Parce qu’il y a pas mal de sénégalais de l’extérieur qui m’ont contacté en me disant qu’ils ne pouvaient plus dormir normalement à cause de la situation actuelle du Sénégal. J’aurais aimé que les politiciens mettent d’abord en avant les intérêts de la population. Le système politique américain par exemple est complètement différent du nôtre du fait que ce sont les populations qui sont les « boss »des hommes politiques. Puisque ces derniers travaillent pour le peuple, ils doivent impérativement être à l’écoute de celui-ci.

Icône Magazine: Avez-vous toujours gardé vos habitudes sénégalaises ?

« Yeah », je les ai toujours gardés ! « Thiebou dieunn mom, fokk ma amm ko » ! (il faut que j’ai le riz au poisson à ma disposition). Lorsque j’atterris dans un quelconque pays, ma première préoccupation, c’est de me trouver un restaurant sénégalais. Et si je n’en trouve pas, puisque j’adore faire la cuisine, je me fais le plat de mon choix.

Icône Magazine: Donc vous savez cuisiner les plats sénégalais ?

Oui, bien sûr, je prépare du Mafé, du Thiebou dieunn… puisque toutes ces choses font partie de mes traditions. J’ai souvent l’habitude de dire qu’on peut appartenir à plusieurs nationalités, mais nos racines sénégalaises demeureront toujours.

Icône Magazine: Vous vous intéressez donc à la culture sénégalaise ?

Oui, bien sûr, j’écoute Youssou Ndour, Pape Diouf, Thione Sec, Coumba Gawlo…parce que leur musique me permet de m’évader au pays, de combler ce manque que je ressens souvent quand je suis loin du Sénégal. Des fois même, quand je suis seul dans ma sale de bain, je fais quelques pas de « Mbalax ».

Icône Magazine: Seriez-vous prêt à épouser une femme sénégalaise plutôt qu’une Américaine ?

Bien sûr que oui. Rien qu’en pensant à ma mère, qui est une femme sénégalaise vraiment modèle, je me dis franchement que j’aimerais avoir une Sénégalaise à mes côtés. Donc, si le tout puissant me donne une femme vraiment bien, je la prendrais pour épouse avec grand plaisir.

Icône Magazine: Vos projets au Sénégal ?

Je suis en train de développer mon organisation « Give One Project » ici au Sénégal, avec comme porte parole l’actuelle miss du Sénégal Penda LY. On travaille pour développer le côté leadership et d’entreprenariat des jeunes. L’organisation comme je l’ai dis tantôt est dans 11 pays. Les bureaux principaux sont basés à Cleveland et à Paris. En France par exemple, je prends des jeunes en difficultés de différents quartiers, avec le financement du gouvernement français et de quelques organismes privées, pour les amenés à Washington dans le but de fructifier leur formations dans les domaines de leurs choix. A leur retour, ils seront suivis et aidé dans la mise en œuvre de leurs connaissances. Au Sénégal aussi j’applique la même chose, j’assiste les jeunes en difficultés ainsi que dans plusieurs autres pays comme la guinée, la côte d’ivoire…

Source: Icône Magazine, avec Thiesvision.com
Par Pape Le Mercredi 7 Mars 2012 à 17:25 | Lu 3515 fois




1.Posté par Ndeye le 19/03/2012 18:43 | Alerter
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Il m'inspire ce guy...Felicitation Thione Niang tu es une fierte pour la jeunesse Senegalaise

2.Posté par DIOP le 02/08/2012 22:44 | Alerter
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THIONE NIANG , est un bon exemple et une réfèrence idéale pour notre communauté . Que bonnes prières pour la longévité de sa carrière , . Nous sommes très fière de notre compatriote SENEGALAIS . Bonne continuation . Yalla bou la thiiaat dougou .... AMINNN

3.Posté par daouda le 22/11/2015 00:44 (depuis mobile) | Alerter
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je suis entrain de t''écouter sur rfi dans l''émission" en sol majeur"....rien a dire a part cette pensée de V.Hugo:ceux qui vivent sont ceux qui luttent ceux qui luttent sont ceux qui vivent

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