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L'Afrique n'a pas capitulé devant les exigences de l'UE

Le Sommet de la migration, mercredi et jeudi à Malte, a été marqué par de vives confrontations entre les deux dirigeants des deux continents. La Suisse a apporté 5 millions de francs au fonds de développement africain


L’Union européenne (UE) a officialisé, jeudi en marge du Sommet de la migration à la Valette, la création d’un fonds pour l’Afrique doté d’un capital de départ de 1,8 milliard d’euros. Invités à l’alimenter à hauteur équivalente, les Vingt-Huit ont fait des promesses de dons pour 78 millions. Une paille. Cette somme comprend les 5 millions de francs annoncés par la Suisse représentée à Malte par la présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga qui en a profité pour rencontrer de nombreux dirigeants européens, dont la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Le fonds africain servira à financer divers projets de coopération dans l’espoir que le développement économique dissuadera les jeunes Africains à prendre le chemin de l’Europe. L’UE s’est donnée jusqu’à fin 2016 pour concrétiser certains éléments du Plan d’actions – création d’emplois, lutte contre les passeurs – approuvé par les dirigeants européens et africains.

Déclaration de compromis difficile
Le lancement de ce fonds cache toutefois le fait que le dialogue a mal passé entre Européens et Africains. Selon des sources diplomatiques sur place, les deux parties ont travaillé jusqu’à tard jeudi matin pour produire avec difficulté une déclaration de compromis. «Nous n’attendions pas à régler toutes les questions ici, a expliqué Joseph Muscat, le premier ministre maltais et hôte du Sommet. Mais les uns et les autres ont été clairs, ce qui a donné lieu à des confrontations.» Les Africains ont surtout rappelé que le continent noir assume la plus grande partie des réfugiés au monde.

Se trouvant quelque peu en position de force face à une Europe sonné par la crise de réfugiés, des dirigeants africains ont reproché aux Européens d’être à l’origine du chaos politique en Libye qui, par la suite, est devenue un paradis pour les passeurs. Le Soudan est allé plus loin en demandant l’UE à rétablir le contrôle de la frontière entre son territoire et la Libye. Le pays compte à présent 167 000 réfugiés mais, ils seront 460 000 d’ici à la fin de l’année, selon le Haut-Commissariat pour les réfugiés.

Un objectif que partiellement atteint pour l’UE
L’UE dont le but était de convaincre les dirigeants africains à accepter le retour de requérants d’asile africains déboutés en Europe, n’ont atteint leur objectif que partiellement. Le problème se pose plus particulièrement pour ceux ayant détruit leur papier d’identité et document de voyage pour éviter le renvoi forcé. Au premier trimestre 2016, au moins une dizaine de pays enverront des délégations en Europe pour identifier les ressortissants de leurs pays et leur fourniront des documents de voyage. Une telle pratique existe déjà en Suisse.

A propos de la création de «camps de réfugiés» qui seraient créés en Afrique pour accueillir les requérants d’asile déboutés et renvoyés de force, une demande clé pour certains pays qui voudraient accélérer le renvoi des sans-papiers, le plan d’actions note que le projet doit faire l’objet de discussions plus approfondies. L’UE serait prête à financer un projet pilote au Niger.

Editorial: «Réfugiés: quand les Européens sous-traitent au rabais»

«Nous pouvons nous passer de votre aide», s’est exclamé Macky Sall, président du Sénégal et aussi de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest, lors du point de presse clôturant le sommet. Reprenant les revendications des années 80 mais qui restent valables, il a imputé l’immigration africaine à la pauvreté. «Si nous sommes pauvres, c’est que vous ne payez pas un juste prix pour nos ressources naturelles agricoles et minières», a-t-il accusé. Il a aussi dénoncé la pratique des multinationales qui réalisent des bénéfices en Afrique mais qui s’arrangent pour ne pas payer des impôts sur place. «L’évasion fiscale et le transfert illicite des capitaux représentent un manque à gagner de 60 milliards de dollars pour le continent, a poursuivi le président sénégalais. Ce qui dépasse de loin l’aide au développement versée à l’Afrique.»
Letemps.ch
Par Le Vendredi 13 Novembre 2015 à 08:50 | Lu 76 fois



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