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Le port du voile intégral au cœur d'un procès à Versailles


Le port du voile intégral au cœur d'un procès à Versailles
Le contrôle mouvementé d'une jeune femme à Trappes en juillet avait entraîné plusieurs nuits de violences...

Le procès de la femme au niqab, dont le contrôle mouvementé avait entraîné des nuits de violences à Trappes (Yvelines) en juillet, s’ouvre ce mercredi à Versailles par l'examen de la première question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée en France contre l'interdiction du voile intégral dans l'espace public.

«Des difficultés d’application»

Me Philippe Bataille, avocat de Cassandra Belin, qui sera absente à l’audience car «elle ne veut pas être perçue à tort comme le symbole d'une supposée islamisation rampante», justifie cette QPC en expliquant que la loi interdisant le port du voile intégral «n'a pas été soumise à l'épreuve des faits», et souligne «des difficultés d'application» dans certains quartiers.

Le soir du 18 juillet, en plein ramadan, Cassandra était rentrée avec son mari, son bébé et sa mère pour rompre le jeûne chez cette dernière. Mais alors que trois policiers voulaient contrôler l'épouse, les choses ont dégénéré lorsque la mère a voulu s'interposer entre le couple et les policiers. Le lendemain, le commissariat de Trappes était pris d'assaut par une foule en colère réclamant la libération du mari, Michaël Khiri, en garde à vue.

Sur le contrôle, l'épouse, jugée pour outrage et port du voile intégral, admet un «Ferme ta gueule!», mais nie avoir lancé aux policiers «Allah va t'exterminer!».

Un des policiers visé par une information judiciaire

Entre-temps, le parquet de Versailles a ouvert une information judiciaire contre un des trois policiers ayant participé au contrôle pour «incitation à la haine et à la discrimination raciale». Il avait notamment publié sur son compte Facebook une photo du groupe «Les femmes blanches sont les plus belles» dénigrant une femme en niqab.

Cet autre volet de l'affaire de Trappes montre, selon Me Bataille, qu'il y a «une forte suspicion sur les conditions du contrôle d'identité. Cette loi mise entre les mains de certains policiers islamophobes est un permis de chasser les femmes intégralement voilées», avait-il lâché à la fin octobre, lorsque le procès avait été renvoyé pour des questions de procédure. «Sous couvert d'un vernis religieux, un petit groupe de personnes radicales est en train de tester nos institutions (...) et donner des coups de boutoir à notre République», avait réagi de son côté l'avocat des policiers Me Thibault de Montbrial.

Jérôme Comin (avec AFP)
20minutes.fr
Par Le Mercredi 11 Décembre 2013 à 11:25 | Lu 50 fois



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