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Les failles de la démocratie américaine, épisode 1 : comment le collège électoral profite aux républicains

La répartition des 538 grands électeurs favorise les Etats les moins peuplés, souvent conservateurs. Depuis 1992, les démocrates ont emporté le vote populaire de six des sept élections, mais, dans deux cas, ils ont trébuché sur ce mode de scrutin indirect.


Le tableau apocalyptique a été dressé dès le 31 juillet par Donald Trump. Le président des Etats-Unis a en effet pronostiqué l’absence de résultats au soir de la présidentielle, le 3 novembre. « Vous ne les connaîtrez pas avant des semaines, des mois, voire des années après. Peut-être que vous ne les saurez jamais. » Les propos de Donald Trump visaient à semer le doute sur la légitimité du vote par correspondance qui devrait atteindre des sommets du fait de l’épidémie de Covid-19.

Vingt ans après l’interminable décompte de Floride, stoppé par la Cour suprême, qui avait attribué la victoire au républicain George W. Bush, les Etats-Unis s’avancent au-devant d’une élection présidentielle lourde d’incertitudes. Cette dramatisation rappelle que le vote dans la plus puissante démocratie au monde reste une bataille souvent hasardeuse, du fait de ses spécificités et de la latitude accordée aux Etats pour l’organiser. S’y ajoutent la stratégie républicaine visant à limiter le vote de minorités présumées défavorables et le travail de sape de Donald Trump. Autant d’ingrédients qui alimentent des scénarios catastrophe au lendemain du 3 novembre dans l’hypothèse d’un scrutin serré.

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Le trouble commence avec le principe inscrit dans la Constitution, qui encadre la présidentielle. Ce scrutin indirect est arbitré par un aréopage de 538 grands électeurs désignés Etat par Etat, le collège électoral, qui nivelle le contrat de base des démocraties : un électeur, une voix. Il s’explique par le souci initial des Pères fondateurs de pondérer la représentation des citoyens américains par celle des territoires.

Le nombre des grands électeurs affectés à chaque Etat correspond en effet à la somme de ses élus au Sénat (deux par Etat) et à la Chambre des représentants (proportionnellement à la population). Cette clé de répartition favorise les Etats les moins peuplés autant qu’au Sénat, où les 39,5 millions de Californiens n’ont pas plus d’élus que les 580 000 habitants du Wyoming.
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Par Le Lundi 12 Octobre 2020 à 17:37 | Lu 50 fois



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