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Magal 2015 : Ila Touba

C’est une évidence : Touba est la capitale du Sénégal jusqu’à la fin du Magal. Depuis quelques jours, les fidèles mourides et les autorités se bousculent dans la cité religieuse pour célébrer le 122éme Magal de Touba. Toutes les artères de la ville sainte sont noires de monde. Alors que la capitale et les autres villes n’ont pas fini de cracher leurs résidents dans la cité de Bamba. Cela provoque déjà des accidents.


Partout, les Forces de sécurité veillent sur les populations pour rassurer les millions de fidèles. Et elles ont déjà arrêté plus de 360 personnes pour divers délits.

Vos yeux ne peuvent pas la rater. Elle est aussi le symbole de la puissance du mouridisme. La Grande mosquée de Touba est le lieu d’attraction des talibés et autres musulmans qui viennent commémorer le départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké. Des files indiennes se bousculent à l’entrée des différents mausolées en quête de bénédiction divine. Elle a été inaugurée en 1963 par Serigne Fallou Mbacké et Léopold Sédar Senghor.
Que de labeurs, de privations, de sacrifices et d’abnégation pour édifier ce monument qui ne s’achève jamais. Les mourides ont sué pour le sortir de terre. Serigne Modou Moustapha Mbacké, 1er khalife général des mourides, est l’architecte de ce projet. Il a concrétisé la volonté de son père, fondateur de la confrérie mouride. Réunissant Serigne Modou Moustapha et quelques fidèles, il leur dit : «Tous mes efforts consentis pour l’édification d’une mosquée à Touba se sont avérés vains. Evertuez-vous à la bâtir sinon d’autres le feront à votre place et auront sans conteste tout le mérite.» Il conseille à Serigne Modou Moustapha : «Mon fils, tâches désormais d’orienter tous tes objectifs et toutes tes préoccupations vers cette mosquée que je te charge d’édifier. Toute peine qui en découlera supporte-la ! Consacres-y tous tes efforts, à partir de ce jour ne cherches plus à me consulter là-dessus.»
Le fondateur du mouridisme assistera au démarrage des travaux en 1925. Mame Thierno Birahim en était le maître d’œuvre. Les travaux de construction de la mosquée vont se dérouler sans arrêt de 1932 à 1939. Lorsqu’éclata la Seconde guerre mondiale, Serigne Modou Moustapha convoqua les talibés en leur demandant de rester chez eux. Il se retire à Taïf. Il interrompt ce chantier en solidarité aux autres Peuples qui endurent la dureté de la guerre. «Je me vois mal continuer les travaux tandis que les blancs qui sont en train de nous aider ont leur pays en feu. Il y a suffisamment de fer, de ciment et de béton pour continuer les travaux jusqu’après la guerre mais je ne peux pas me permettre une telle ingratitude», explique-t-il.
Il sera rappelé à Dieu en juillet 1945. Cheikh Modou Moustapha ne verra pas l’achèvement des travaux de cette mosquée qui est en permanence en chantier. L’actuel khalife général a débuté le 3 mars 2013 les travaux d’érection de deux minarets et de rénovation de la Mosquée de Touba. Le chantier, qui devait durer 15 mois pour un coût global de 5,4 milliards F Cfa, est inachevé après 32 mois de travaux.
Meïssa Touré, architecte et contrôleur des travaux, donne le volume du travail : «C’est le début d’un processus qui doit s’étaler sur 10 mois. Les travaux concernent notamment l’érection de deux minarets qui s’ajouteront aux 5 existants, l’étanchéité, le revêtement en marbre de l’esplanade dont certains endroits commencent à se décoller, l’amélioration de la sonorisation et d’une partie des installations électriques. Cela fait 8 mois que nous travaillons sur ce projet. Cela n’a pas été facile parce que nous avons fait de nombreuses propositions au khalife avant qu’il ne valide enfin un certain nombre. C’est normal parce que nous travaillons pour quelqu’un de très grande dimension qu’est Serigne Touba.»Ce chantier intègre, par contre, de nouvelles ambitions : «Les 2 nouveaux minarets mesureront 60 mètres de haut. A titre comparatif, les 2 minarets qui se situent actuellement à l’extrême Est du toit de la mosquée mesurent 28 mètres, le minaret central appelé Lamp Fall fait 87 mètres de hauteur, les 2 autres minarets culminent à 40 mètres. Nous aurons donc des minarets à longueur variée qui sont un peu plus hauts les uns que les autres d’à peu près de 20 mètres. C’est dans un souci de créer une harmonie dans l’ensemble.»

Eternel chantier
Il faut savoir que ce monument cultuel est tout le temps en perpétuelle reconstruction. Serigne Abdou Lahat est le premier à entreprendre les travaux d’agrandissement en 1987. Il a ensuite réalisé la construction du mur, l’éclairage de l’esplanade, la réfection du mausolée de Serigne Touba. Serigne Saliou l’a basculée dans une autre dimension. Il l’a revêtue de marbre. Ensuite, il a entrepris l’embellissement de la Grande mosquée, les décorations à l’intérieur, et les travaux du sépulcre du cheikh, la sainte demeure même du Cheikh Ahmadou Bamba. Cheikh Mouhamadou Lamine Bara Mbacké, qui l’a succédé, a refait le mur de clôture, fini le processus d’assainissement de la mosquée et réalisé le carrelage. C’est lui qui a réfectionné et installé de nouvelles lampes haut de gamme à l’intérieur et à l’extérieur de la mosquée.
Cette mosquée est un édifice qui surplombe la ville sainte de Touba sur une hauteur de plus de 86 m des minarets au nombre de 7 et un décor de coupoles et de dômes qui inspire une présence divine exaltante. Le cheikh doit être honoré. Lui qui disait : «L’Eternel m’a honoré pour l’éternité d’un édifice indestructible qui se dressera jusqu’au Paradis.»

badiallo@lequotidien.sn

Le Quotidien
Par Le Lundi 30 Novembre 2015 à 21:16 | Lu 151 fois



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