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Mahmou Gassama, Acteur franco-sénégalaise: : Incursion dans la vie d’un Jeune talent Qui rêve de cinéma américain

PARIS - Mahmoud Gassama, 23 ans, est un acteur franco-sénégalais en herbe qui vit à Paris, dans le XXe arrondissement. Il s'est lancé dans le milieu artistique du cinéma, accidentellement, il y a quelques années, après une formation en Bep métiers de l'électronique et après le Bac professionnel en micro-ordinateur et réseau, installation et maintenance.


Mahmou Gassama, Acteur franco-sénégalaise: : Incursion dans la vie d’un Jeune talent Qui rêve de cinéma américain
«J'ai fait une rencontre qui m'a complètement fait changer d'orientation, après avoir eu mon Bac. En effet, un soir, j'ai rencontré trois personnes qui m'ont dit que je correspondrais bien à un personnage de leur série télé. Suite à cette rencontre, je suis allé passer un casting et j'ai rencontré le producteur. Ma prestation leur a plu et ils ont décidé de m'engager. Et pour la première fois, sans avoir pris de cours de théâtre, sans avoir joué auparavant dans une série ou un film, j'ai tourné un épisode de cette série qui s'appelle Urbancomix. J’y ai le rôle de Bib-B, c'est un des rôles principaux et je suis sur la série depuis l'année 2006. C'est un projet toujours en cours», indique-t-il pour retracer son incursion dans le monde de l’art en tant qu’acteur.
Depuis cette série télé «Urbancomix», qui est diffusée sur la Trace Tv et qui passera prochainement sur France 2 où Mahmoud a déjà tourné 13 épisodes, il a aussi été dans d'autres téléfilms, courts-métrages et séries. Notamment sur le Web avec «Le tocard de la fac !», film dans lequel Mahmoud jouait le rôle de Doug, l’ami de Brad, le personnage principal. Il a aussi fait de la figuration dans plusieurs autres films. «Récemment, j’ai fait de la figuration dans un grand film français qui va sortir en 2012 et où il y a des chanteurs français des années 80», précise le jeune acteur.
Mahmoud Gassama confie que ce n'est pas évident d'être un noir et d'évoluer dans ce milieu. «Je ne cache pas qu’être un noir en France et vouloir se lancer dans une activité aussi fermée que le métier d’acteur est assez difficile. Car il n'y a pas autant de rôles pour un Français ‘noir’ que pour un Français ‘blanc’. On est beaucoup à vouloir faire ce métier, alors il faut se battre deux fois plus et espérer tomber sur le bon plan», dit-il en concédant, néanmoins n'avoir jamais été victime de racisme dans ce travail. «Je n'ai jamais ressenti de racisme depuis que je fais ça. Donc je ne peux pas me plaindre à ce niveau-là. Les gens sont chaleureux et ne regardent pas ma couleur de peau lorsque je travaille avec eux».
En revanche, des difficultés, Mahmoud en vit dans ce métier qui est, selon lui, avant tout un «travail psychologique». «Si on veut parler de difficultés, on peut citer le fait de devoir parfois attendre plusieurs mois sans rien faire et de tout remettre en cause. On se remet en question et l’on se demande si toute cette patience en vaut vraiment la peine. Mais l'envie de réussir est en général toujours plus forte que le reste. Et au final, j'y crois toujours dans ces moments difficiles», renseigne-t-il en soutenant que les problèmes ne sont pas toujours liés à son travail. D’autant que ses parents ne partagent pas son choix pour ce métier d’acteur.
«Si je disais que mes parents me soutiennent complètement dans ce que je fais, je serais un menteur. Non ! Ça ne leur plaît pas que leur fils soit acteur. Eux préféreraient me voir dans un bureau, avoir un travail stable et sûr. Mais ce n'est pas ma vision des choses. J'ai choisi cette liberté et j'ai essayé de leur faire comprendre que c'est ce que je veux faire. Je sais que je prends un risque car ce n'est pas un métier qui est sûr, on ne sait jamais si ça va marcher ou pas. Mais je leur ai fait comprendre que ce risque, je suis prêt à le prendre et que je ne peux pas abandonner tous les efforts que j'ai consentis jusqu'à présent pour intégrer ce milieu et m’y faire un nom», affiche Mahmoud Gassama avec détermination.
En attendant, il s'en sort plutôt bien au cinéma. «La première fois que j'ai tourné, étant donné que je commençais dans le métier, j'ai touché un salaire de près de 1500 euros (environ 980 000 Cfa)», avoue ce jeune homme dont les parents sont originaires de Marsassoum et qui reconnaît qu’il est difficile pour lui de dire que son métier paye bien du fait de la multiplicité des facteurs qui entrent en jeu. «Tout d'abord, il faut savoir pour quel support on tourne. Est-ce que c'est pour le cinéma, la télé ou le Web. Ensuite, il faut savoir si on tourne avec une grosse production ou une petite production. À partir de là, on a déjà une idée de combien toucheront les gens sur le projet. Et pour un comédien, ça dépend de son expérience, de son parcours, de son statut. Donc on essaye de faire une moyenne de tout ça et selon les critères réunis, on gagne plus ou moins bien sa vie», éclaire-t-il.
Comme les grands acteurs, Mahmoud travaille avec un agent depuis 2009. Il est sous contrat avec ce dernier qui s'occupe de lui trouver des rôles. Mais le rêve du jeune acteur, même si ce n'est pas pour tout de suite, est de jouer un jour dans les films américains. «Ça, c'est un peu le rêve de tout le monde. Et forcément, c'est aussi un rêve pour moi. J'aimerais beaucoup pouvoir aller m'épanouir aux Etats-Unis, mais ce n'est pas donné à tout le monde. Qui sait, peut être qu'un jour, j'aurais l'opportunité de le faire. Pour l'instant, je me consacre à réussir en France. Ce qui est aussi un rêve», lâche-t-il.
Malgré tous les problèmes qu'il rencontre en faisant ce métier, sans l'accord de ses parents, Mahmoud n’entend pas dévier de son chemin et compte aller jusqu’au bout de son rêve de réussir et d'être un grand acteur de cinéma. «C'est mon objectif, j'ai veux aller loin et bien sûr faire mon métier. Il faut bien comprendre que ce n'est pas un amusement, lorsque je tourne, je travaille et certaines personnes ne comprennent pas ça. Même si on tourne des projets qui sont drôles, il faut toujours être sérieux pour jouer les rôles du mieux possible».
Musulman pratiquant issu d’une famille maraboutique, le jeune garçon reconnaît que ce n’est pas évident pour lui de vivre sa religion comme il le souhaiterait. «J'essaye au maximum de faire ce qu'il faut. Je suis né en France et malheureusement, ici, il y a beaucoup trop de choses qui nous éloignent de la religion, qui nous divertissent et qui nous empêchent de la pratiquer à 100%. Mais j'essaye et je fais de mon mieux», lance-t-il.
Oumou Sidya DRAME (Envoyée spéciale)
Le Populaire
Par Le Dimanche 9 Octobre 2011 à 11:08 | Lu 1061 fois


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