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Mamadou Dia ou le centenaire d’un homme qui a déjà fait son choix en 2012

Le Sénégal est à la veille d’une échéance cruciale où il doit choisir un nouveau destin à l’aune d’un bilan de parcours collectif. A regret, un homme centenaire en 2011, en l’occurrence le président Mamadou Dia, manquera physiquement à cette convocation civique, mais il restera, sans doute, celui qui aura marqué durablement le débat politique de notre pays depuis son accession à l’indépendance.


Mamadou Dia ou le centenaire d’un homme qui a déjà fait son choix en 2012
Mamadou Dia ou le centenaire d’un homme qui a déjà fait son choix en 2012

Vu l’état actuel du Sénégal, je me demande si nous l’avons bien compris dans sa volonté inébranlable de faire de l’éthique le cœur de l’action politique et de la responsabilité citoyenne, le garde-fou des dérives autoritaires du Pouvoir. Car le plus redoutable danger, ce n’est pas seulement Wade mais le wadisme, c’est-à-dire la culture politique qu’il a essaimée sur le corps social du pays comme un cancer et qui risque, bien après son départ, de se perpétuer encore, de façon mortelle, par le canal de ses héritiers.
Déjà, lors du pré-symposium qui lui fut consacré en décembre 1994 à Dakar, le président Mamadou Dia situait l’origine des problèmes du Sénégal dans notre difficulté à demeurer ensemble au sein de regroupements pour jouer collectif face aux adversités communes. Il existe, dans notre histoire, un des rares moments fédérateurs où la politique renoue avec le dépassement des égoïsmes pour se fondre dans une convention d’objectifs à travers la lutte pour l’indépendance : c’est à l’occasion de la naissance de l’Union progressiste sénégalaise (Ups) le 8 avril 1958.

Alors que rien n’obligeait le Bloc démocratique sénégalais (Bds) à se dissoudre dans un cadre unitaire avec des partis minoritaires, d’autant plus qu’il avait la majorité dans toutes les instances représentatives (le Parlement, le Sénat et l’Assemblée territoriale), il accepta néanmoins, au nom de l’intérêt supérieur du Sénégal, à jouer collectif au lieu d’imposer son hégémonie sur les autres partis. Cette clairvoyance est l’œuvre conjuguée des Présidents Dia et Senghor, dans le but de raffermir la cohésion nationale face aux défis et aux enjeux de l’indépendance. Ceci ne fut pas facile, car il eût fallu, d’après les témoignages de Mamadou Dia, de longues et ‘pénibles discussions’ et des échecs, dont le plus marquant est la conférence de Dakar le 13 juin 1956, pour ‘arriver enfin à bout de tous les obstacles et gagner la bataille de l’unité totale des partis’ par l’intégration de Lamine Gueye, le principal rival d’alors.

Au lendemain de l’alternance politique de 2000 et des premières difficultés apparues dans la coalition, plusieurs expériences unitaires ont été menées, encouragées et portées en permanence, de manière critique, par le Maodo qui usa de son énergie, de son autorité morale et historique pour maintenir les forces du changement dans un cap uni face à l’adversaire libéral.

Ce qui s’est passé dernièrement dans la coalition Bennoo Siggil Senegaal nous interpelle et exige une prise de responsabilité et de dépassement. L’argument de la représentativité qui a été avancé comme facteur de légitimation du leadership politique sur les forces coalisées du changement n’est ni historiquement ni électoralement pertinent, car nous ne disposons pas de statistiques fiables en la matière et celles publiées sont régulièrement contestées par les partis de l’opposition dite significative.

Devant cette situation qui risque de semer la confusion et l’incertitude en plus de la multiplicité des candidatures déclarées, il faut revenir aux fondamentaux, notamment les Assises nationales, Bennoo Siggil Senegaal et les autres forces alliées au centre desquels se trouvent, depuis le début de l’alternance avortée de 2000, le creuset et l’incubateur de toutes les luttes d’opposition contre le régime libéral. C’est à ce niveau que se situent les nouvelles lignes d’enjeux et de mobilisation.

Le candidat de l’unité et du rassemblement, en la personne de Moustapha Niasse, a été proclamé à la majorité des voix, conformément aux règles démocratiques dont le consensus total (100 % des voix) n’est qu’une modalité exceptionnelle et extrême. Nous devons l’accepter au nom même des principes de la démocratie, d’autant plus que la personnalité choisie, outre le fait qu’elle possède les vertus politiques et civiques requises, est l’un des vecteurs majeurs des forces du changement et a fait des Assises et de la charte de gouvernance démocratique la source inspiratrice et exclusive de son engagement et de son programme.

Cette question de la candidature est derrière nous. L’heure est maintenant au rassemblement et à l’unité derrière Moustapha Niasse pour faire triompher les idéaux et les valeurs pour lesquels nous nous battons, à titre divers, depuis l’indépendance, pour l’avènement d’une société démocratique, solidaire et prospère dans un Sénégal réconcilié avec lui-même. Ceci passe par l’éradication résolue et progressive de la pauvreté, du chômage (surtout des jeunes), des carences de notre système sanitaire et de l’analphabétisme, mais aussi par la résolution du conflit de la Casamance, par l’appui politique au dialogue interreligieux, par l’intégration sociale et économique des couches vulnérables afin de consolider la paix et la concorde nationales tant fragilisées par une politique de la division et de l’invective ourdie par le régime libéral en direction des confréries, des confessions religieuses, des ethnies, des régions et de leurs collectivités respectives.

Par ailleurs, nous vivons des périodes difficiles dans un contexte international agité et incertain. Et notre partenariat extérieur dont dépend une bonne partie de nos ressources est en difficulté. Nous devons en tenir compte pour le choix de la personnalité qui va présider, dans les années à venir, les destinées de notre pays. Autant l’alternance politique de 2000 était une nécessité historique, autant le choix de la personne, en l’occurrence Abdoulaye Wade, relevait d’une erreur de casting. Nous ne pouvons pas nous permettre une seconde erreur de choix dans un contexte de crise endémique.

Moustapha Niasse est arrivé à un niveau de parcours, une qualité d’expertise sur les grands dossiers nationaux et internationaux, un degré d’investissement personnel et réussi dans le monde de l’entreprenariat agricole et industriel qu’il nous serait difficile, en toute objectivité, de trouver meilleur porteur du programme des Assises pour mener à bien le plaidoyer du Sénégal dans le concert des nations.

Pour avoir eu, des années durant, l’opportunité et l’honneur de le voir à l’œuvre avec ses connaissances exceptionnelles des dossiers, sa rigueur dans le travail, sa tolérance, son humanisme, sa foi, sa générosité envers ses semblables et son amour élevé pour le Sénégal, je peux dire sans hésiter qu’il est l’homme qu’il nous faudra à la tête du Sénégal en 2012.

Ma rencontre avec Moustapha Niasse a été scellée par le président Mamadou Dia dans un acte de foi et vérité. Je peux donc témoigner, à titre personnel, de la profondeur affective et spirituelle entre les deux hommes, des vœux de prière de ce dernier à son égard pour qu’il porte et concrétise avec succès la volonté du peuple sénégalais.

Babacar SALL, Sociologue et éditeur
Source: Walfadjri
Par Le Samedi 17 Décembre 2011 à 23:12 | Lu 483 fois



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