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Nicolas Sarkozy mis en examen pour corruption et trafic d'influence

Arrivé vers 23h40 (21h40 GMT) au pôle financier du tribunal de grande instance (TGI) de Paris après une garde à vue de 15 heures, l'ancien président est mis en examen pour corruption active et trafic d'influence. Il est ressorti du tribunal vers 2h.


Le 1er juillet peu avant minuit, Nicolas Sarkozy est amené dans une voiture de police au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris pour être présenté aux juges qui lui signifieront sa mise en examen. REUTERS/Pascal Rossignol
Le 1er juillet peu avant minuit, Nicolas Sarkozy est amené dans une voiture de police au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris pour être présenté aux juges qui lui signifieront sa mise en examen. REUTERS/Pascal Rossignol
Nicolas Sarkozy a été mis en examen mercredi 2 juillet pour corruption active, trafic d'influence actif et recel de violation du secret professionnel. Cette inculpation lui a été notifiée par les juges d'instruction Claire Thépaut et Patricia Simon. L'information a été communiquée par le parquet à 2h35 (0h35 GMT), peu après le départ de Nicolas Sarkozy du tribunal de grande instance de Paris.

Cette nouvelle étape de la procédure judiciaire intervient à l'issue de 15 heures de garde à vue - la première en France pour un ancien chef de l'Etat - dans les locaux de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).

Donneur d'ordres, selon les juges

Ces faits reposent sur des écoutes que nous contestons, dont la légalité sera fortement combattue, qui sont non seulement des écoutes entre un client et son avocat mais plus stupéfiant encore… entre un avocat et son bâtonnier…
Les charges retenues à l'encontre de Nicolas Sarkozy sont donc très lourdes, « graves » a estimé le Premier ministre Manuel Valls ce mercredi matin, tout en rappelant le principe de la présomption d'innocence. La corruption active signifie en effet que les magistrats instructeurs considèrent l'ancien président de la République comme le donneur d'ordre de ce trafic d'influence. Il est, aux yeux des juges qui instruisent le dossier, le corrupteur. Celui qui, via son avocat Thierry Herzog, a soudoyé un magistrat de haut rang de la Cour de cassation, Gilbert Azibert, afin d'obtenir des renseignements confidentiels sur une procédure en cours.

Pour mémoire, la genèse de cette affaire débute en septembre dernier dans le cadre d'un tout autre dossier, celui d'un présumé financement libyen de la campagne de 2007. Nicolas Sarkozy est placé sur écoute mais il utilise peu son téléphone officiel. Les magistrats le soupçonnent d'utiliser un appareil plus confidentiel et rapidement une ligne est interceptée elle est au nom de Paul Bismuth.

Sur cette ligne secrète, Nicolas Sarkozy échange en toute liberté avec son avocat Thierry Herzog. Et dans les conversations retranscrites par les policiers, il est question de la décision que s'apprête à rendre la cour de cassation dans l'affaire Bettencourt.

Une décision cruciale pour l'avenir de Nicolas Sarkozy puisque la haute juridiction doit, à ce moment là, se prononcer sur la légalité de la saisie des agendas présidentiels, agendas qui pourraient être utiles dans d'autres dossiers judiciaires...

Et surprise, les écoutes révèlent une possible corruption d'un magistrat de haut rang de la cour de cassation. Le pôle financier qui vient d'être créé, ouvre une information judiciaire... elle débouche ce matin sur la mise en examen de Nicolas Sarkozy.

La ligne de défense de l'ancien président

Le bras de fer judiciaire ne fait que commencer mais on devine déjà la ligne de défense de Nicolas Sarkozy. Elle va consister à dire que les écoutes judiciaires, qui ont permis aux juges de découvrir ce trafic d'influence, étaient illégales puisqu'elles ont violé le secret professionnel qui protègent les conversations entre un avocat et son client.

La défense de Nicolas Sarkozy pourrait même être tentée de s'en prendre à l'une des deux juges d'instruction, Claire Thépaut, et de remettre en cause son impartialité en raison de son engagement syndical. Elle est membre du Syndicat de la magistrature, classé à gauche.

Première garde à vue, mais seconde mise en examen

Néanmoins, il sera difficile pour l'ancien chef de l'Etat de se relever d'un tel affront. Son retour cet été sur le devant de la scène politique est plus que jamais hypothéqué par cette inculpation.

Il s'agit de la seconde mise en examen pour l'ancien président UMP, après celle de mars 2013 pour abus de faiblesse aux dépens de l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, avant de bénéficier d'un non-lieu en octobre de la même année.

Nicolas Sarkozy n'est plus protégé par l'immunité présidentielle depuis sa défaite en mai 2012.
RFI.fr
Par Le Mercredi 2 Juillet 2014 à 11:25 | Lu 68 fois



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