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Nomination irrégulière à la Fac de médecine : La Cour suprême désavoue le recteur de l’Ucad


Nomination irrégulière à la Fac de médecine : La Cour suprême désavoue le recteur de l’Ucad
Par Mamadou T. DIATTA
Le professeur titulaire agrégé des Facultés de médecine, le médecin-colonel Mame Thierno Dieng peut afficher le sourire. La chambre administrative de la Cour suprême, en son audience du 9 janvier 2014, a vidé en effet à la faveur de ce spécialiste en dermatologie le contentieux qui l’opposait au recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), le professeur Saliou Ndiaye.
Ce différend portait sur la nomination du professeur Assane Kane au poste de chef du service de Dermatologie-Vénérologie de l’hôpital Aristide Le Dantec. La chambre administrative de la Cour suprême a donc décidé, suite à la requête du Pr Dieng, d’annuler «l’arrêté n°1 du 2 juin 2012 et la décision n°1244 du 5 juin 2012 du doyen de la Faculté de médecine (de l’Ucad) portant respectivement nomination du professeur Assane Kane, au poste de Respon­sable des enseignements de Der­matologie-Vénérologie et le proposant au poste de chef du service Dermatologie-Vénérologie de l’hôpital Aristide Le Dantec».
Le document de la chambre administrative de la Cour suprême fait ressortir que la candidature du médecin-colonel, professeur titulaire en Dermatologie-Vénérologie et enseignant à la Faculté de médecine de l’Ucad, Mame Thierno Dieng, aux postes de chef du service de Dermatologie de l’hôpital Le Dantec et de responsable des enseignements de Dermatologie à ladite Fac avait été écartée par l’Assemblée de faculté restreinte aux enseignants de rang magistral en sa séance du 2 juin 2012.
Par l’arrêté n°1 du 2 juin 2012 et par décision n°1244 du 5 juin 2012, poursuit le document, le doyen de la Fac de médecine avait procédé respectivement à la nomination du Pr Assane Kane au poste de responsable des enseignements et l’a proposé comme chef de service.
La mise à l’écart de la candidature du Pr Mame Thierno Dieng, au terme de la note du recteur de l’Ucad du 16 juillet 2012 adressée au ministre de l’Enseignement supérieur telle que cité dans la décision de justice, est relative à son statut d’officier de l’Armée sénégalaise et de professeur associé. Mais cette position du recteur de l’Ucad est battue en brèche par la chambre administrative de la Cour suprême, qui estime, entre autres considérations, que «l’argumentation du recteur n’est pas fondée sur un texte de loi et est même contredite par les dispositions de l’alinéa 2 de l’article 3 du décret n°81-1212 du 9 décembre 1981, modifié, fixant les conditions de nomination, d’emploi, de rémunération et d’avancement du personnel enseignant non titulaire des Universités, qui assimilent ceux-ci aux enseignants titulaires pour les obligations de service sans aucune limitation».
Toujours dans le même sillage, la chambre administrative de la Cour suprême souligne que le Pr Mame T. Dieng «n’est pas le premier militaire dit ‘’Associé’’ à briguer le poste de chef de service et de responsable des enseignements d’une spécialité à la Faculté de médecine de Dakar». Puisque «quatorze médecins-colonels se trouvant dans la même situation que lui, ayant tous été nommés et occupant présentement ces postes».
Toutefois suite à ces décisions, le Pr Dieng avait saisi le recteur, président de l’Assemblée de l’Université à travers une lettre datée du 19 juin 2012 «d’un recours gracieux (qui est) resté sans suite». Ce constat le poussera à introduire une «requête en annulation desdites décisions». Ce qui a abouti au verdict rendu par la chambre administrative de la Cour suprême le 9 janvier dernier.

Quand l’affaire suscitait une polémique à l’Ucad
Cette affaire Mame Thierno Dieng avait suscité dans les colonnes du journal Le Quotidien, au mois de mai 2013, une polémique entre le secrétaire général du Saes et les professeurs d’université ayant un statut militaire. Seydi Ababacar Ndiaye militait pour une non-militarisation de l’Ucad, qui «n’est pas une caserne». Il disait en substance : «On ne veut pas de militaires chefs de service, de doyen, directeurs ou quoi que ce soit.» Pr Ndiaye préconisait même une alternative : «Soit les enseignants militaires démissionnent de l’Armée et deviennent des universitaires, ou ils restent dans l’Armée et créent la Faculté de médecine militaire.»
Les enseignants militaires prenaient, de leur côté, son contre-pied en lui rappelant que l’histoire de l’enseignement et de la pratique médicale au Sénégal montre que tous ses fondateurs étaient des médecins militaires. Ils ajoutaient que les médecins, pharmaciens, dentistes et vétérinaires du service de santé militaire ont occupé tous les postes de responsabilité hospitalo-universitaires. A titre d’exemple, ces enseignants militaires, qui dénonçaient l’«antimilitarisme primaire» qui prenait naissance à l’Ucad, citaient le poste de directeur de l’Ufr santé de l’Université de Thiès occupé pour la première fois par un militaire en 2008.

mdiatta@lequotidien.sn
LEQuotidien
Par Le Vendredi 21 Février 2014 à 14:16 | Lu 352 fois



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