Page

Nous nous érigerons en rempart contre toute tentative de diabolisation de la Justice

Comme chaque année, l’Union des magistrats sénégalais (Ums) a tenu ce weekend son assemblée générale présidée par le ministre de la Justice Sidiki Kaba. Cette rencontre a été une belle tribune pour le président de l’Ums Maguette Diop de rappeler à l’ordre les pourfendeurs des magistrats et de la Justice. Se faisant menaçant, il soutient que l’Ums va s’ériger en bouclier contre toute tentative de la diabolisation de la Justice. Par ailleurs, il a exhorté ses collègues au renforcement de l’indépendance de la Justice.


L’assemblée générale ordinaire de l’Union des magistrats du Sénégal (Ums) s’est tenue, ce samedi, à Saly (Mbour) en présence du ministre de la Justice, Sidiki Kaba. Le président Maguette Diop et ses camarades ont planché autour du thème «Justice de développement : le juge acteur de développement». A cette occasion, le président de l’Ums, a remis sur la table l’épineuse question de l’indépendance de la Justice. «Le renforcement de l’indépendance de la Justice qui est un pouvoir constitutionnellement consacré est une préoccupation constante de l’Union des magistrats sénégalais. Le pouvoir judiciaire n’est pas un troisième pouvoir, mais l’un des trois pouvoirs dont la mission est capitale pour l’accomplissement de la démocratie, la sauvegarde des droits et libertés individuels et la promotion de l’Etat de droit. Nous exhortons les magistrats à continuer à assumer cette indépendance et leur assurons notre soutien total», a indiqué Maguette Diop avant de faire l’apologie de l’indépendance de la Justice. «Cette indépendance est un état d’esprit et un comportement de tous les jours ; non seulement vis-à-vis des pouvoirs publics, mais aussi de toute autre forme de pression, d’influence et de tentation de quelle que nature que soit. Le renforcement de cette indépendance passe également par l’augmentation des budgets des juridictions. Or, le budget du ministère de la Justice n’atteint pas 1% de celui de l’Etat», se désole le patron de l’Ums.

Indépendance de la Justice


Par ailleurs, Maguette Diop a vivement déploré les nombreuses attaques contre les magistrats et plaidé pour qu’une riposte foudroyante soit apportée aux pourfendeurs de la Justice. «La justice fait parfois l’objet d’attaques qui ne manquent toujours pas de pertinence. Mais force est de constater qu’elles sont parfois gratuites et infondées. Tout en veillant au respect scrupuleux de la loi et de notre statut, le Bureau exécutif de l’Ums exprime à nouveau de la manière la plus ferme son indignation face à de telles calomnies et n’hésitera pas à user, chaque fois que de besoin, des voies et moyens prévus par la loi pour défendre l’honorabilité des magistrats et l’image de la Justice. Tout en réitérant notre détermination à lutter contre les comportements contraires à l’éthique et à la déontologie, nous nous érigerons en rempart contre toute tentative malsaine de diabolisation de la Justice», martèle le président de l’Ums.

Les fondements d’une Justice de qualité !


Profitant de la présence de la tutelle, le président de l’Ums a exprimé les nombreuses doléances du secteur afin d’avoir une justice de qualités. «Il ne peut pas y avoir une justice de qualité si les magistrats ne sont pas dans les conditions de travail plus satisfaisantes à travers un programme continu de réhabilitation et de construction d’édifices qui répondent aux normes», déclare-t-il avant de déplorer le manque de locomotion dans toutes les juridictions du pays. Même s’il reconnait que des efforts sont en train d’être faits par la Chancellerie comme la livraison prochaine de nouveaux véhicules d’une manière équitable à toutes les juridictions et la réception d’un lot de matériel (Ndlr : Le Palais de Justice de Dakar a reçu vendredi son lot composé de matériel didactique). Qui plus est, indique le patron de l’Ums, le déficit de magistrats ne favorise pas une justice de qualité. «Il ne peut pas non plus y avoir une justice de qualité, si les magistrats, déjà plus nombreux que les greffiers et les avocats, sont eux-mêmes en nombre insuffisant. Ce déficit plus aigu à Dakar risque de s’aggraver dans les années à venir», renseigne Maguette Diop qui magnifie ainsi le programme de recrutement de l’Etat pour résorber ce déficit. Dans la même dynamique, le président de l’Ums plaide pour «une bonne gestion de la carrière des magistrats en tenant compte de la durée de l’intérim, de l’ancienneté et de la compétence». A cet effet, le Conseil supérieur de la magistrature doit veiller au respect de ces critères pour plus de transparence et d’objectivité dans les affectations ou nominations.

Pension dérisoire des magistrats à la retraite


Une doléance préoccupe fortement le président de l’Union des magistrats sénégalais. Il s’agit de la situation du magistrat à la retraite. «La situation du magistrat à la retraite interpelle notre conscience collective. Après presque 40 ans de bons et loyaux services, le magistrat à la retraite perçoit une pension dérisoire qui ne peut nullement lui garantir un repos paisible auquel il a droit après avoir tant donné à l’Etat», s’indigne le magistrat qui propose une solution par rapport à cette revendication. «Nous estimons qu’il est temps de réfléchir sur les modalités de l’inclusion de l’indemnité de judicature sur le calcul de la pension de la retraite et nous demandons instamment au Gouvernement de prendre en charge cette préoccupation de l’Ums dans le cadre de la réflexion globale qu’il compte mener sur les régimes de retraite», préconise M. Diop.

Moussa CISS (envoyé spécial à Saly) (L'AS)
Par Le Lundi 8 Août 2016 à 11:09 | Lu 119 fois



Nouveau commentaire :

ARCHIVES | IMMIGRATION | SANTE | JUSTICE