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Pr Amsatou Sow Sidibé : «Nous avons l’impression d’être à la période antéislamique où l’on enterrait les filles vivantes»

Les récents meurtres commis sur des filles ne laissent pas indifférente Pr Amsatou Sow Sidibé. Elle indexe l’Etat du Sénégal qui «ne protège pas» les citoyens particulièrement les femmes. Selon la professeure agrégée en droit privé, «il urge de prendre des mesures fortes pour un terme à ce fléau».


Pr Amsatou Sow Sidibé : «Nous avons l’impression d’être à la période antéislamique où l’on enterrait les filles vivantes»

«Nous avons l’impression d’être à la période antéislamique où l’on enterrait les filles vivantes, d’être en cette période aussi de droit romain où le pater familial avait le droit de vie et de mort sur les femmes et les enfants et malheureusement on note que l’Etat ne fait pas grand-chose alors que ces filles et ces femmes sont des personnes humaines qui méritent protection». C’est en ces termes que le professeur Amsatou Sow Sidibé qualifie aujourd’hui la société sénégalaise. Ce, après la tentative de viol suivie de meurtre commis sur la dame Bineta Camara à Tambacounda ainsi que le meurtre de Coumba Yade à Thiès.

Interrogée hier, mardi 21 mai par la RFM (privée), l’universitaire pense que ces actes odieux témoignent du niveau de détérioration de la société sénégalaise. «Aujourd’hui, le sentiment le plus partagé chez les femmes et les filles, c’est sentiment de révolte. Les filles souffrent dans notre pays. La société sénégalaise est très discriminante vis-à-vis des filles et des femmes», a dit Amsatou Sow Sidibé.

Pis, ajoute-telle, «c’est la société qui discrimine, qui n’a pas de respect pour les filles et les femmes. Dans le conscient et le subconscient de la plupart des populations, les filles et les femmes sont des objets, des choses qui sont destructibles». Face à ces crimes, Amsatou Sow Sidibé pointe du doigt l’Etat qui, selon elle, ne joue pas son rôle de «protecteur des citoyens». «Le principal acteur de la protection des femmes et des filles, c’est l’Etat. Ce sont les conventions internationales. Ce sont les textes de droit interne qui disent que c’est l’Etat qui doit protéger. Que fait l’Etat ?», se demande-telle pour s’en désoler.

NDEUP NATIONAL PRECONISE

Ainsi, pour mettre un terme à ces crimes, il urge, selon Amsatou Sow Sidibé, de prendre des mesures fortes. «Il faut qu’il ait une sorte de ndeup national pour mettre dans la tête des sénégalais que les filles et les femmes sont des personnes. Je demande qu’il y’ait des concertations approfondies sur les causes, les conséquences et sur les mesures à prendre», a fait savoir Amsatou Sow Sidibé. Et d’ajouter, «j’ai toujours dit que le dialogue national dont on parle, ce n’est pas seulement le dialogue électoral, les populations ont des besoins imminents, urgents. Il faut que l’Etat organise dans le cadre de ce dialogue national, des réflexions urgentes sur la sécurité dans le pays et spécialement sur la sécurité des femmes et des filles parce que c’est la révolte aujourd’hui». A l’en croire, il faut qu’on revienne aux valeurs de «respect d’autrui et de la personne humaine».
Sudonline.sn
Par Le Mercredi 22 Mai 2019 à 20:05 | Lu 80 fois


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