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Profil - Premier évêque de Thiès : Mgr Ndione a vœu pour la foi et le travail

Se situant dans l’espace géographique qui a constitué l’environnement quasi immédiat de l’illustre parrain, le Lycée de formation professionnelle et technique de Thiès porte désormais le nom de Monseigneur François-Xavier Ndione, premier évêque de Thiès, dont la devise a été la Foi et le Travail.


«Fides et Labor» (Foi et Tra­vail), Monseigneur François-Xa­vier Ndione en a toujours fait un sacerdoce. Né en juin 1919, à Thiapong, un village sérère situé à 3km au nord de Thiès, Mon­seigneur François-Xavier Ndio­ne a fait ses études primaires à l’école régionale de Thiès, qui deviendra, plus tard, l’école Idrissa Diop. Là, il tisse des liens d’amitié qui se sont prolongés durant son épiscopat. Au séminaire de Popon­guine, le jeune François Xavier Ndione poursuit ses études secondaires, avant de se retrouver au séminaire de Thiès.
A 29 ans, le futur premier évêque de Thiès reçoit l’ordination sous-diaconale à Popon­guine, le 17 Mai 1948, puis l’ordination diaconale. Un an plus tard, le jeune Abbé François-Xavier Ndione reçoit l’ordination sacerdotale, le 18 avril 1949, des mains de Mgr Marcel Lefèvre, alors archevêque de Dakar, en compagnie de l’Abbé Hyacinthe Thiandoum. Jeune prêtre, il est nommé Curé de la paroisse du Sacré-Cœur à Dakar. En 1951, il est envoyé aux études à l’université pontificale Urba­niana de la ville de Rome. A son retour, il est nommé Curé de la paroisse Sainte-Thérése de Grand-Dakar.
Hyacinthe Thiandoum devenu Archevêque de Dakar, le nomme Curé de la paroisse de la Ca­thé­drale et vicaire général de l’Ar­chidiocèse, où il exerça en même temps, la présidence du Comité interdiocésain na­tional des pèlerinages catholiques (Cinpec). Le 06 février 1969, le Pape Paul VI le nom­me évêque de Thiès, par démembrement de l’Archidio­cèse de Dakar. Trois mois plus tard, le 15 Mai 1969, Mgr Fran­çois-Xavier Ndione reçoit la con­sécration épiscopale, et prend possession du nouveau diocèse de Thiès. Le nouvel évêque qui venait d’atteindre la cinquantaine, s’est alors donné pour devise : «Fides et Labor» (Foi et Travail).
L’Episcopat de Mgr Fran­çois-Xavier ne dura que seize ans. «En effet, il fut assez vite rattrapé par la maladie, qu’il assuma courageusement, sans jamais se plaindre», témoigne Abbé Dr Nicolas Diène. Et pieusement, il rendit l’âme le 04 février 1985, à l’hôpital Saint-Jean de Dieu, qu’il avait crée et inauguré quatre ans auparavant, après avoir reçu, avec dévotion, les derniers sacrements. Huit jours après, l’Eglise et toute la ville de Thiès lui firent des obsèques dignes de son rang. Il fut inhumé le même jour, le 12 février 1985, dans la Cathédrale Sainte-Anne, en conformité avec le droit canonique.
L’une des principales préoccupations de Mgr Ndione, au point de vue ecclésial, fut de doter son diocèse de prêtres suffisamment nombreux et zélés pour la mission. Pour ce faire, explique Abbé Dr Nicolas Diène, «il instaura une pastorale de participation des familles et des paroisses à l’éveil et à l’accompagnement des vocations. Il créa le séminaire moyen de Thiès et s’apprêtait à créer un petit séminaire à Diourbel, pour la formation des futurs prêtres». Abbé Diène renseigne qu’«il accordait une grande attention aux prêtres et aux séminaristes, auxquels son bureau et même ses appartements privés étaient largement et à tout moment ouverts. Le Diocèse de Thiès lui doit directement ou indirectement le nombre assez satisfaisant des prêtres qu’il compte aujourd’hui». Aussi, ajoute l’homme d’Eglise, «le souci de la formation continue des prêtres avait suscité chez lui l’initiative de la création d’une bibliothèque tout près de l’Evêché». Pour atteindre l’autonomie financière, Mgr Ndio­ne proposait trois sources. D’a­bord, «l’engagement et la participation des fidèles du Diocèse». Puis, «les investissements en particulier dans le foncier». Enfin, «l’exploitation de la terre qui était également un moyen excellent de protéger l’environnement». «Sou­vent, on voyait l’homme d’action travailler de ses mains, planter des arbres fruitiers», selon nombre de citoyens Thiésois.
Les écoles, les dispensaires, les centres d’apprentissage et d’accueil pour les élèves, créés par cette «créature sociale et caritative», ne sont-ils pas là pour montrer l’attachement de cet évêque à la promotion de l’éducation et de la santé, à l’amélioration des conditions de la vie des femmes et des élèves, sans aucune discrimination ? «L’hôpital Saint-Jean de Dieu suffirait, à lui seul, à illustrer la contribution de l’Eglise par l’entremise de Mgr Ndione, aux côtés de l’Etat pour offrir aux populations des structures de santé de qualité», a dit Abbé Diène, qui qualifie l’action caritative de Mgr Ndione de multiforme. «Allant de la distribution des secours d’urgence aux populations, à l’octroi de la dépense quotidienne et même de logements à des personnes ou à des familles vraiment nécessiteuses, dans la discrétion la plus totale et dans le respect de leur dignité. Elle se définit, également, en termes d’organisation des communautés chrétiennes, en vue de subvenir aux besoins des plus pauvres et l’élaboration de projets de développement à petite moyenne, mais aussi à grande envergure. La macro projet-agro-pastoral de Ndon­dol, avec ses effets collatéraux sur l’éducation, la santé et l’environnement de ladite localité en est une parfaite illustration.»
Homme du dialogue inter-religieux, Mgr Ndione avait fondé des relations solides avec les croyants d’autres religions, en particulier, avec les chefs religieux musulmans, toutes confréries confondues, qui tous, admiraient sa générosité, sa courtoisie et son franc-parler.

nfniang@lequotidien.sn
Par Le Jeudi 4 Février 2016 à 14:24 | Lu 764 fois



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