Page

[Rétrospective] L’épouse de Habré accuse Macky Sall d’exécuter les ordres de l’étranger : « C’est de Paris qu’il a annoncé qu’Hissène Habré sera jugé »

ThiesVision.com - « Je suis venue au Sénégal avec mes enfants à bord de la Pointe de Sangomar, l’avion présidentiel sénégalais. On n’est pas des clandestins dans ce pays », a tenu à préciser Madame Fatime Habré, réfugiée au Sénégal depuis 23 ans. L’épouse de l’ancien chef de l’Etat tchadien déchu du pouvoir revient dans un entretien à Walf Tv sur l’affaire qui concerne son mari, Hissène Habré qu’elle défend bec et ongles.


« Harcèlement judiciaire, harcèlement physique », Fatime Habré ne mâche pas ses mots pour condamner ceux qui ont commandité l’arrestation, il y a quelques semaines, de son époux, Hissène Habré dont les avocats parlent d’ « enlèvement ».
L’affaire Hissène, « ce n’est pas l’exécution d’une promesse de campagne ». L’ex-Première Dame du Tchad en est convaincue. N’hésitant pas à critiquer, sévèrement, la France, mais aussi le successeur d’Abdoulaye Wade, le président Macky Sall qu’elle accuse d’être la botte de l’Occident, d’exécuter les ordres de Paris. « Le rôle de Macky Sall est fondamental. Il a été élu, il est parti en France et c’est de Paris qu’il a annoncé qu’Hissène Habré sera jugé en décembre. Vous vous rappelez ? », a-t-elle interrogé. « Pour moi, quand on va à Paris et qu’on annonce des choses, c’est parce qu’on en a parlé à Paris et qu’il faut qu’on mette un acte tout de suite pour que les gens sachent que vous êtes sur le timing ».
Le procès de Hissène Habré, une promesse de campagne de l’actuel président sénégalais ? Fatime Habré dit ne pas en avoir le souvenir. « Je ne pense pas que l’affaire Habré figure dans le programme politique du candidat Macky Sall. J’ai suivi toute la campagne électorale, en aucun cas, devant le peuple sénégalais et les populations sénégalaises, de Tambacounda à Saint-Louis à Podor, etc. Macky Sall a parlé au peuple mais il n’a pas parlé de l’affaire Hissène Habré. L’affaire Habré, regrette-t-elle, ce n’est pas l’exécution d’une promesse faite au peuple sénégalais ».
L’affaire Habré, non plus, « ce n’est pas une affaire de justice, c’est une traque politique (…) », avec, à sa tête, Reed Brody, conseiller juridique auprès de Human Rights Watch. Reed Brody qui selon l’ex-Première Dame, « a fait un film pour dire « je suis un chasseur de dictateurs ». « L’affaire Habré, c’est une traque sur treize ans », renchérit Fatime Habré, qui condamne le financement en partie du procès par le Tchad, le régime du président Idriss Déby. « On prend l’argent d’Idriss Déby. (…) Je ne peux pas comprendre qu’un grand pays comme le Sénégal, avec tout ce qu’il a comme élite, comme corps constitués, comme organes, comme faiseurs d’opinions…, qu’on puisse accepter une seconde l’idée de prendre l’argent d’Idriss Déby pour assurer un procès à Hissène Habré. Comment voulez-vous que votre ennemi puisse juger… ? Vous payez vos juges pour vous rendre justice ? Est-ce que ça c’est possible ? ». Autant d’interrogations que formule, aujourd’hui, une épouse qui se veut meilleure avocate et défenseur de son époux, poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, Hissène Habré traqué par la justice belge qui selon elle, donne le la aux magistrats sénégalais. « C’est comme à la chasse, tant qu’on n’a pas attrapé l’animal, tant que tu ne l’as pas tué, tu n’arrêtes pas », dira-t-elle sur l’exécution de cette affaire qui, à son avis, n’est rien d’autre que « l’exécution d’un contrat en amont avec l’étranger sur l’affaire Habré ». En somme, « une opération de liquidation politique » de son époux.
ThiesVision.com
Par Le Jeudi 24 Octobre 2013 à 20:00 | Lu 229 fois



Nouveau commentaire :

ARCHIVES | IMMIGRATION | SANTE | JUSTICE