Page
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

[Revue de presse Afrique] A la Une : l’article 37 de la constitution burkinabé fait à nouveau débat


Un débat relancé par le président Blaise Compaoré en personne. En effet, en fin de semaine dernière, rapporte le site d’information Lefaso.net , « le président a animé un point de presse au cours duquel il a annoncé la modification de l’article 37 de la Constitution avec la précision que le peuple sera consulté à cette fin. C’est donc un référendum qui se trouve ainsi annoncé. »

Que dit ce fameux article 37 ? « Le président du Faso est élu pour cinq ans au suffrage universel direct, égal et secret. Il est rééligible une fois ». Au pouvoir depuis 1987, Blaise Compaoré a été réélu en 1998, en 2005 et en 2010. Il n’a donc, en principe, plus le droit de se représenter en 2015. Sauf révision constitutionnelle qui passe par un référendum… à l’initiative du chef de l’Etat.

Le débat est donc relancé… Et la presse burkinabé est dubitative. « Si la légalité de la suppression de la clause limitative est incontestable, son objet, son opportunité et sa légitimité le sont moins, estime L’Observateur Paalga . Quand les intérêts particuliers prennent le dessus sur l’intérêt général, comme cela semble être le cas ici, cela peut certes garantir la conservation du pouvoir mais paralyser son exercice. »

Et L’Observateur de s’interroger : « maintenant que c’est Blaise lui-même qui a 'ouvert les hostilités', comment va réagir l’opposition depuis longtemps vent debout contre toute idée de réforme constitutionnelle visant la monopolisation du pouvoir par un seul homme ? Le CDP, le parti majoritaire, pourra-t-il préserver sa cohésion quand on sait qu’une prolongation sans fin des mandats de Blaise Compaoré compromet bien d’ambitions de présidentiables qui rêvent eux aussi d’un destin national ? Autre interrogation : comment la communauté internationale, qui ne tarit pas d’éloges sur l’infatigable médiateur, va-t-elle accueillir la déclaration de Dori, qui peut être porteuse de germes de conflit politique ? »

Coup d’Etat constitutionnel ?

Pour ce qui est de l’opposition burkinabé, sa réaction ne s’est pas fait attendre… L’opposition qui parle de « déclarations hautement provocatrices, insultantes et méprisantes vis-à-vis de notre peuple », rapporte notamment Fasozine. L’opposition qui « insiste particulièrement pour redire son refus clair et catégorique de la modification de l’article 37 quelle que soit la procédure (voie parlementaire, voie référendaire, etc.). » Bref, « pour l’opposition politique, conclut Fasozine, un tel projet n’est rien d’autre qu’un coup d’Etat constitutionnel dont l’unique objectif est d’assouvir les intérêts personnels du Président Blaise Compaoré. »

Le ton est incisif également dans certains médias, à l’instar du journal Le Reporter : « la reprise en main de l’armée (le Président est en même temps ministre de la Défense), la reprise en main du parti (le CDP a été nettoyé de ses anciens barons et confié au ministre d’Etat chargé de missions à la Présidence et au frère cadet du Président) et la reprise en main du gouvernement (le Premier ministre a fini par montrer à l’opinion publique nationale qu’il n’est qu’un fusible juste pour servir la machine du système et manque de moyens politiques à la hauteur de la charge), tout cela indique que malgré le ras-le-bol généralisé, Blaise Compaoré ne crée pas les conditions de son départ à la retraite. A deux ans de la fin de son mandat, tout part de Blaise Compaoré et tout revient toujours à lui, s’insurge encore Le Reporter. L’Etat c’est pratiquement lui. Les pratiques et les discours des gouvernants ne laissent entrevoir aucune volonté de permettre au Burkina Faso de s’engager enfin dans un processus sincère et crédible d’enracinement de la démocratie. »

Pas assez vigilants ?

On revient à L’Observateur Paalga qui estime que tout cela aurait pu être évité… En effet, écrit-il, « avec le recul, on peut dire aujourd’hui que l’opposition politique et la société civile ont commis un grave péché originel dont elles font les frais. Elles auraient dû en effet veiller à ce que cet article 37 soit doublement verrouillé. A savoir obtenir non seulement que le mandat présidentiel soit renouvelable une seule fois, mais aussi et surtout que cette clause soit non susceptible de révision. Souvenons-nous, rappelle le quotidien burkinabé, que le verrouillage de 2000 est intervenu au plus fort de l’affaire Norbert Zongo, c’est-à-dire à un moment où, pour sortir de la crise, le régime était prêt à toutes les concessions. On peut donc parier que le double verrouillage suggéré plus haut aurait pu être négocié et obtenu sans coup férir. Faute d’avoir été vigilants et perspicaces dans le long terme, donc, conclut L’Observateur Paalga, opposition, société civile et autres ont laissé passer tel quel un article que rien aujourd’hui ne protège du fameux tripatouillage tant redouté. »
Par Le Mardi 17 Décembre 2013 à 16:51 | Lu 185 fois



Nouveau commentaire :

ACTUALITE | MEDIAS | POLITIQUE | SPORTS | CULTURE | SOCIETE | CHRONIQUE | PEOPLE | HUMOUR | LA PAROLE AUX THIESSEOIS | ECONOMIE | INTERNATIONAL | EDUCATION | NOUVEAUTéS - MUSIQUE | AFRIQUE | FAITS-DIVERS | WEEK-END PRESSE | VIDEOS | Annuaire du lien | LE BILLET DU JOUR | WEEK-END PRESSE | MŒURS LÉGÈRES, Le Blog des infidélités | THIES PEOPLE & CELEBRITES