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Témoignage - La France veut bien des étudiants étrangers, mais juste les riches

Je suis étrangère et je prépare l'examen d'avocat en France. Ce que l'Education nationale m'a apprise depuis mon enfance – j'ai été scolarisée dans un lycée français à l'étranger –, c'est qu'apprendre est une chance qui devrait être offerte à tous.


Témoignage - La France veut bien des étudiants étrangers, mais juste les riches
Mais depuis quelques années, ce sacro-saint principe du droit à l'éducation pour tous semble voler en éclats, non seulement pour les Français, mais aussi pour ceux qui ne le sont pas et ont choisi d'étudier en France.

Pourtant, l''inégalité d'éducation est, en effet, un des résultats les plus criants et les plus fâcheux, au point de vue social, du hasard de la naissance », comme le déclamait Jules Ferry il y a cent quarante et un ans.

Moins de 410 € ? Allez étudier ailleurs

Il y a peu, le centre de réception des étudiants étrangers de la préfecture de police de Paris a sursis à statuer sur ma demande de renouvellement de titre de séjour « étudiant ». Je disposais de moins de 450 euros sur mon compte bancaire ce jour-là.

Comprenez qu'après avoir payé mon loyer, mes frais de scolarité et être allée au cinéma, il est difficile pour moi de disposer de cette somme à la fin du mois.

En fait, l'agent de la préfecture s'est trompée : depuis un décret signé par le ministre français de l'Intérieur le 6 septembre 2011, il me faut justifier désormais d'au moins... 615 euros par mois pour pouvoir prétendre obtenir le précieux sésame.

Parions que la prochaine fois le même agent administratif me demandera de revenir avec la preuve que je dispose de cette somme exacte, qu'il y avait méprise.

Le message est donc clair, la France veut des étudiants issus de pays considérés aujourd'hui comme émergents ou non, pour assurer son rayonnement. Mais elle les veut riches de naissance.

Une rupture avec la tradition française

Le décret de Claude Guéant augmente de 30% le montant minimum de ressources mensuelles exigé pour les étudiants étrangers, et revient sur une tradition datant d'un décret de la IVe République, qui faisait correspondre cette somme au maximum alloué aux boursiers français sur critères sociaux. Ce qui garantissait une égalité réelle, dans la tradition française d'accès à l'éducation pour tous.
Julie Owono
consultante en relations internationales
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http://www.rue89.com/2011/11/27/la-france-veut-bien-des-etudiants-etrangers-mais-juste-les-riches-226947
Par Le Dimanche 27 Novembre 2011 à 22:55 | Lu 553 fois


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