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Tirs de missiles iraniens en Irak: guerre de communiqués et de déclarations

Nouvelle escalade, dans la nuit, de la tension au Moyen-Orient avec des tirs de missiles iraniens sur deux bases accueillant des soldats américains en Irak. L'Iran et l'Irak avancent des bilans contradictoires dans une guerre de communiqués. Dans l'attente de la réponse annoncée du président américain, qui prendra la parole plus tard dans la journée, ce mercredi 8 janvier, l'Irak craint de redevenir le théâtre d'un grave conflit armé.


Irak: au bord d'un cratère laissé par un missile iranien lancé dans la nuit de mardi à mercredi 8 janvier, à l'heure précise à laquelle le général Qassem Soleimani a été tué la semaine passée à Bagdad. REUTERS/Ari Jalal
Irak: au bord d'un cratère laissé par un missile iranien lancé dans la nuit de mardi à mercredi 8 janvier, à l'heure précise à laquelle le général Qassem Soleimani a été tué la semaine passée à Bagdad. REUTERS/Ari Jalal
La télévision iranienne annonçait ce matin que les frappes iraniennes - 15 missiles qui n'ont pas été interceptés - ont tué 80 « terroristes américains ». Selon une source des Gardiens de la Révolution, rapportée par notre correspondant Siavosh Ghazi, 104 cibles avaient été identifiées pour une riposte si les Américains attaquaient l’Iran à leur tour. 104, c’est deux fois plus que le nombre de cibles avancé par le président américain, qui avait parlé de 52 cibles en Iran.

Les Gardiens de la Révolution indiquent dans un communiqué que si les États-Unis ripostaient à l’attaque iranienne, ils lanceront une attaque encore plus importante contre les intérêts américains dans la région.

De son côté, le commandement militaire irakien annonce que 22 missiles se sont abattus sur deux bases sur son sol (Aïn al-Assad et Erbil) sans faire de « victime parmi les forces irakiennes ». « Il n'y a eu aucune victime dans les rangs des forces irakiennes », précise le communiqué du commandement militaire irakien publié sept heures après l'attaque menée par Téhéran.

► À lire aussi : L'Iran attaque deux bases irakiennes abritant des soldats américains

Une guerre de communiqués compréhensible, nous explique le chercheur Vincent Eiffling, invité sur notre antenne ce matin. « Il faut bien comprendre que la télévision d’État iranienne et les médias iraniens d’une manière générale, sont habitués à une certaine dose de désinformation. Donc, je dirais qu’il faut prendre leurs déclarations avec retenue. Maintenant, les officiels irakiens, puisqu’il y avait aussi des soldats irakiens présents sur ces bases, ont évoqué le fait qu’il n’y avait pas de victime parmi le personnel irakien présent sur ces bases. Il faudra attendre les déclarations de Washington quant au bilan pour savoir exactement ce qu’il en est. »

L'Iran explique que ces missiles tirés cette nuit constituent la riposte annoncée après l'assassinat du général Qassem Soleimani la semaine dernière. Ces tirs sont « une gifle à la face » des Américains, déclare le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. Ils ont eu lieu symboliquement à l'heure précise à laquelle le général Qassem Soleimani a été tué par une frappe américaine le 3 janvier. Peu après une heure du matin donc.

De son côté, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, cite la Charte des Nations unies qui mentionne le droit à la légitime défense si un pays est attaqué. « Nous ne cherchons ni l'escalade ni la guerre mais nous nous défendrons contre toute agression », poursuit M. Zarif.

C'est désormais à Washington que la suite va se décider. Escalade ou pas... Donald Trump a annoncé qu'il s'exprimerait ce mercredi, après avoir publié un tweet rassurant : « Jusqu'ici, tout va bien ». Donald Trump « savait très bien que les Iraniens allaient répondre, poursuit Vincent Eiffling. Maintenant, je pense qu’ils sont toujours occupés à faire le bilan exact de ces frappes et de voir aussi quelle va être la réponse américaine. »

Les premières réactions aux frappes iraniennes

En Israël, pays ciblé par les déclarations du chef des Gardiens de la révolution, Benyamin Netanyahu a vigoureusement réagi ce mercredi. « Quiconque essaie de nous attaquer doit s'attendre à la réponse la plus forte », a lancé le chef du gouvernement qui soutient « intégralement » l’initiative américaine d’éliminer la semaine dernière le général Soleimani.

Du côté de Bruxelles, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a qualifié mercredi de « nouvel exemple d'escalade » les frappes iraniennes sur des bases en Irak. « L'usage des armes doit cesser pour laisser place au dialogue », a déclaré de son côté la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE doivent se retrouver demain jeudi sur ce dossier.

Londres a « condamné » aussi les attaques iraniennes en Irak « imprudentes et dangereuses » contre des bases de la coalition, incluant des forces britanniques.

La France ne compte pas retirer ses 160 soldats déployés en Irak après les frappes iraniennes de la nuit, a-t-on appris de source
gouvernementale à Paris. Aucun militaire français déployé en Irak n'a été touché par les frappes iraniennes déclenchées dans la nuit de mardi à mercredi, a cependant déclaré un porte-parole de l'état-major des armées françaises.
Rfi.fr
Par Le Mercredi 8 Janvier 2020 à 10:42 | Lu 52 fois


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