Page

Tivaouane : Levée de boucliers autour du périmètre de restauration des Niayes

e ministère de l’Environnement et du développement durable a tenté d’apaiser les populations établies autour du périmètre maraîcher dans la zone des Niayes dans le département de Tivaouane. C’était lors d’une visite de sites autour du périmètre de restauration des Niayes, à laquelle ont pris part les autorités administratives, locales, les services des Eaux et forêts, et autres.


Un décret de 1957, objet de la contestation «Nous sommes venus rassurer les populations sur la souveraineté du patrimoine foncier qui les entoure, lequel fait l’objet de ce qu’on appelle le périmètre de restauration des Niayes », explique d’emblée Mame Thierno Dieng, ministre de l’Environnement et du développement durable s’adressant aux élus et populations de la commune de Darou Khoudoss notamment.

Un périmètre dont les trois composantes «constituent un écosystème fragile à cause des facteurs climatiques et de l’action inopportune des hommes. Il s’agit de la bande des filaos, la cuvette maraîchère et les dunes continentales », liste-t-il. Avant de préciser que «Cette zone a été actée par un arrêté de 1957 qui a délimité une zone de 41.000 hectares. Et depuis cette date il n’y a eu que deux déclassements, qui répondaient à des intérêts publics : le déclassement de 1972 (création du centre de perfectionnement de Mboro) et celui de 1984 pour Africa Energy».

Pour ce qui relève de la bande des filaos, renchérit Mame Thierno Dieng, «elle a été construite mécaniquement par des hommes, arbre après arbre, sur 450 km de Dakar à Saint-Louis, pour fixer les dunes de sable et protéger la cuvette maraîchère, protéger les habitats des populations, leur procurer une source pérenne définitive de revenus».

Ainsi donc, «Il n’est pas envisageable que ces deux rôles soient compromis pour une raison quelle qu’elle soit. Mais, s’empresse-t-il d'ajouter, les populations peuvent se rassurer : ils continueront à pouvoir y habiter, y faire paître leurs animaux et cultiver dans la cuvette maraîchère ». Pour le ministre de l’Environnement, ces «malentendus et incompréhensions» à l’origine du différend entre les services des Eaux et forêts et les populations locales devront être dépassés.

En revanche, pour les riverains qui s'activent dans le maraîchage, l’entreprise GCO qui y exploite les mines, zircon et ilménite, est à l’origine de tous leurs maux. « Notre problème principal, c’est GCO » Premier adjoint au maire de Darou Khoudoss, Moda Samb estime que ce problème préoccupe toute la zone de Darou Khoudoss, de Sam à Xokhéy en passant par autres localités. «Ils disent qu’on n’a pas le droit d’y cultiver, d’y habiter parce que c’est une zone de restauration à préserver selon le décret de 1957 laissé par les colons.

De Dakar à Kayar, il n’y a pas de problème, idem de Lompoul à Saint-Louis. Mais de Lompoul à Kayar, la zone que GCO doit exploiter, est préservée afin d’y empêcher toute culture», proteste l’adjoint au maire de Darou Khoudoss. «On nous empêche de construire, de cultiver, d’occuper les terres qui appartenaient à nos ancêtres. Nos problèmes ont commencé avec GCO», a souligné un intervenant, s’adressant au ministre de l’Environnement. Non sans dénoncer les arrestations tous azimuts de citoyens par les agents des Eaux et forêts, et les amendes qui leur sont infligée, entre 200 à 300 mille francs.

Un problème auquel Mame Thierno Dieng a promis d’apporter une solution. « Nous ne connaissons que l’agriculture, depuis Senghor, Diouf, Wade. Et sous Macky Sall on veut nous empêcher d’exercer cette activité » Quid des assurances données par Mame Thierno Dieng aux populations ? « Il n’a fait que mettre de l’huile sur le feu. Il n’a convaincu personne. Nous disons non au service des Eaux et forêts.

On est prêts à faire face et nous interpellons le chef de l’Etat», menace Moda Samb. Dans cette zone fortement convoitée, les Ics disposent de 45.000 hectares, GCO, 37.000 ha. Et Africa Energy, 700 hectares, liste encore l’élu qui déplore toutefois que des hommes politiques qui n’habitent pas la localité y disposent de champs et ne sont pas inquiétés. Mame Thierno Dieng a pour sa part, pris l’engagement de rendre compte de la situation au président de la République, Macky Sall.


Auteur: Momar Mbaye - Seneweb.com
Par Le Jeudi 31 Janvier 2019 à 14:09 | Lu 58 fois


ENVIRONNEMENT | LA PRESSE DU JOUR | Journal de la Présidentielle. Par Binta Diallo (RFM-Archipo) | PORTRAIT | RECHERCHE | THIES - Actu Région