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Trafic de drogeu en milieu carcéral : Le maton encourt cinq ans de prison ferme et la radiation

Si le juge des flagrants délits entre en condamnation dans le dossier de trafic de drogue en milieu carcéral qui implique le garde pénitentiaire Insa Sankaré, ce dernier va être radié de l’administration pénitentiaire. D’autant que le représentant du parquet a requis cinq ans de prison contre le mis en cause. Délibéré demain.


Trafic de drogeu en milieu carcéral : Le maton encourt cinq ans de prison ferme et la radiation
Habitué des couloirs du Palais de justice de Dakar et de la prison de Rebeuss pour avoir escorté devant les différentes juridictions des personnes en conflit avec la loi, en sa qualité de garde pénitentiaire, Insa Sankaré a atterri en prison, accusé de trafic de chanvre indien en milieu carcéral. Il a comparu, hier, devant le juge des flagrants délits, ainsi que trois de ses co-prévenus, en l’occurrence Aliou Sow, Aliou Diop et Amadou Diop dit Ndiol pour les délits d’association de malfaiteurs, de détention, de trafic de chanvre indien. Ses co-prévenus sont des pensionnaires de Rebeuss et purgent une peine de six mois pour escroquerie. Ces derniers ont été plus chanceux, du moins, suite aux réquisitions du parquet qui a sollicité la relaxe du trio, avant de requérir cinq ans de prison contre le garde pénitentiaire. La mort dans l’âme, dit-il, d’autant que si le Tribunal – qui livre demain son délibéré - suit le parquet dans sa répression, Insa Sankaré sera radié de l’administration pénitentiaire. Pourtant, le mis en cause a énergiquement contesté les faits à la barre. Mais, c’était sans compter avec les déclarations à charge de ses co-prévenus qui ont été précédées par le rapport du directeur de la prison de Rebeuss.

En sa qualité de chef de surveillance à la prison de Rebeuss, Insa Sankaré était préposé à l’enregistrement le jour des faits. Il était secondé par Aliou Sow, un détenu de confiance, chargé de la distribution des colis et des repas après enregistrement. C’est sur ces entrefaites que le détenu de confiance dit recevoir un colis destiné à Amadou Diop dit Ndiol de la part du garde pénitentiaire. Seulement, avant que les repas et autres colis n’arrivent chez leurs destinataires, une autre vérification est faite au niveau de la station dite « poste de censure ». Et, c’est à ce niveau que la drogue a été découverte dans le colis destiné à Amadou Diop. Deux sachets de chanvre indien de 150 grammes chacun, dissimulés dans des sachets de café. Interpellé, Aliou Sow passe à table et indexe l’agent de l’administration pénitentiaire qui aurait remis le colis en présence de Aliou Diop, un autre détenu de confiance. Ce que ce dernier a confirmé.

Quand le directeur de la prison charge «son» agent
Dans son rapport, le directeur de la prison, Emmanuel Salif Ndong, n’a pas ménagé le maton qui serait, à l’en croire, «coutumier des faits». Poursuivant dans son rapport à charge, M. Ndong relève également que l’agent pénitentiaire a un comportement douteux et il est souvent cité dans des affaires de drogue en milieu carcéral. Qui plus est, il accorde du crédit à la déposition du détenu de confiance Aliou Sow qui, dit-il, jouit d’une bonne moralité. Ce dernier, soutient-il, n’a aucun intérêt de charger l’agent pénitentiaire. Naturellement, ce rapport a courroucé la dizaine d’avocats constituée pour la défense du maton. Pour les robes noires, un détenu déjà condamné est un délinquant et non une personne de bonne moralité. A la barre, les détenus de confiance ont réitéré leurs déclarations à charge contre le garde pénitentiaire qui a battu en brèche les accusations faites à son encontre. Il ne faisait qu’enregistrer les colis ou les repas et leurs destinataires. De son côté, Amadou Diop a contesté être le destinataire du colis incriminé, indiquant que son nom n’y était pas mentionné.

Me Amadou Sall : «Condamner le garde pénitentiaire, c’est condamner toute l’administration pénitentiaire»

Les dénégations de Insa Sankaré n’ont pas convaincu le représentant du parquet qui considère que les faits sont d’une extrême gravité et méritent d’être sanctionnés. «C’est inadmissible qu’on laisse des agents de l’administration pénitentiaire introduire de la drogue dans la prison», clame le substitut du procureur. Contrairement au parquet, tous les avocats de la défense qui se sont succédés à la barre ont plaidé la relaxe du garde pénitentiaire victime, à les en croire, d’une cabale parce qu’il n’est pas en odeur de sainteté avec le directeur de la prison. Ce qui fait dire à Me Amadou Sall que c’est toute l’administration pénitentiaire qui est cause dans cette affaire. Poursuivant, l’avocat a rappelé que la drogue n’a pas été trouvée entre les mains de son client. Mieux, le garde pénitentiaire a été accusé par deux personnes qui font l’objet d’une condamnation. Des accusations insuffisantes à ses yeux pour entrer en voie de condamnation. « Le condamner, c’est condamner toute l’administration pénitentiaire», martèle Me Sall. Délibéré demain.
Moussa CISS

LasQuotidien
Par Le Jeudi 7 Janvier 2016 à 15:36 | Lu 56 fois



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