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Trafic de drogue : Le procureur veut Luc Ko pour 10 ans

l risque gros. Hier, le procureur de la République a requis 10 ans de prison pour Luc Nicolaï et le douanier Abdou Khadre Kébé et 5 ans pour les autres prévenus. Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe pure et simple.


Trafic de drogue : Le procureur veut Luc Ko pour 10 ans
Ça sent le souffre pour Luc Nicolaï et les autres prévenus. Au terme d’une longue journée dédiée aux plaidoiries, le procureur de la République a requis 10 ans de prison ferme. Il n’était pas en position d’assisard, mais la sévérité de la peine réclamée par le Parquet renvoie aux procès des Cours d’assises qui vident les délits de trafic international de drogue et d’association de malfaiteurs. Hier, c’est le procureur de la Chambre correctionnelle du Tribunal régional hors classe de Dakar qui a réclamé le maintien en détention du promoteur de lutte jusqu’en 2022. La même réquisition est retenue contre le douanier, Abdou Khadre Kébé . Me Ciré Clédor Ly, avocat de la partie civile, s’est aussi étonné du renvoi de Luc Nicolaï et ses co-prévenus en correctionnelle. Alors que des juges ont eu à renvoyer des prévenus en Assises pour 1g de cocaïne.
L’intitulé des chefs d’accusations est, bien sûr, un classique répertorié durant les audiences des Cours d’assises. Poursuivis pour association de malfaiteurs, détention de drogue, tentative d’extorsion de fonds et entrave à l’administration de la justice, Cheikh Luc Nicolaï et Abdou Khadre Kébé seront fixés sur leur sort le 21 janvier 2014. Lamine Mbaye et Djibrine Diop risquent 5 ans ferme.
Luc Nicolaï et Abdou Khadre Kébé ont vu leur demande de liberté provisoire rejetée par le juge.
Selon le procureur, la culpabilité des mis en cause ne souffre d’aucune contestation. Ils ont beau nié, dit-il, mais les faits sont constants. «C’est un plan savamment orchestré pour extorquer des fonds à M. Touly qui est une personne fragile, une proie facile», a-t-il ajouté. Il a indiqué que les relevés téléphoniques attestent que Cheikh Luc Nicolaï a appelé 26 fois M. Kébé et 16 fois M. Diop. D’où le délit d’association de malfaiteurs.
Par ailleurs, il a déploré le «cynisme et la cruauté des préve­nus». Selon lui, «c’est toute la chaine de la justice qui a été manipulée du début à la fin». «Alors qu’en ces temps où on prône la bonne gouvernance on devait rassurer les investisseurs», dit-il. En suivant la logique de son raisonnement, il n’a pas tremblé au moment de requérir 10 ans de prison en demandant des condamnations à la hauteur des fautes commises par Luc Nicolaï et Abdou Khadre Kébé pour association de malfaiteurs, complicité de détention de drogue, de tentative d’extorsion de fonds et entrave à l’administration de la justice. Djibrine Diop et Mamadou Lamine Mbaye pour complicité de tentative d’extorsion de fonds et détention de drogue.

La partie civile réclame 750 millions
Dans cette affaire, les zones d’ombre ont été levées «sans équivoque». Les avocats de la partie civile ont soutenu la constance des faits. Me Ciré Clédor Ly, un des conseils de Bertrand Touly, est convaincu que les délits reprochés à Cheikh Luc Nicolaï et ses co-prévenus sont établis. Mieux, a t-il dit, «Luc Nicolaï est possesseur, propriétaire et détenteur de la drogue». Il estime que son client a été atteint moralement, psychologiquement et matériellement. La drogue, plaide-t-il, a été placée dans son commerce pour le ruiner. Me Moussa Félix, qui a déploré le comportement des prévenus à l’endroit de son client, a demandé de les déclarer tous coupables. Chargé de prononcer leur constitution, il a réclamé 750 millions. En détails, il demande 250 millions de francs Cfa pour M. Touly pour toutes causes de préjudices confondus et 500 millions pour l’hôtel qui a subi un lourd préjudice dans cette histoire de drogue. Il a aussi réclamé la saisie de tous les biens appartenant aux prévenus.
D’après Me Ndiaga Dabo, avocat de Mamadou Lamine Mbaye, le Parquet n’a pas articulé le délit pour lequel son client est poursuivi. Il explique que Djibrine Diop a varié dans ses déclarations. Alors que son client est resté constant dans les siennes. Me Dabo est convaincu que son Lamine Mbaye n’est pas mêlé à cette affaire, il n’y a pas eu d’échanges téléphoniques entre son client et ses co-prévenus. D’après lui, il n’a jamais aussi rencontré Luc Nicolaï ni M. Mbaye. «Dijibrine Diop est un caméléon qui n’a pas arrêté de varier», a t-il déploré. Il est convaincu que le Tribunal «ne peut pas se baser sur ses variations pour entrer en voie de condamnation contre ses co-prévenus». Dans sa plaidoirie, Me El Hadji Basse soutient que quand on prête un fusil à un individu pour une partie de chasse et qu’il l’utilise pour tuer une personne, l’élément intentionnel reste fondamental. Il a utilisé cette métaphore pour qualifier la situation du sieur Mbaye qui a été seulement prié d’ouvrir la chambre sans savoir les motivations réelles de son collègue. Par conséquent, il a plaidé la relaxe pure et simple ou au bénéfice du doute.

La défense plaide la relaxe
Mes Mbengue et Faye, avocats de Djibrine Diop, soutiennent que leur client n’avait pas l’intention de déposer l’enveloppe qu’il croyait contenir des gris-gris dans le bureau de Touly. Pour eux, l’association de malfaiteurs ne peut pas lui être imputée dans la mesure où il n’y a pas eu d’entente préalable. «Notre client ne savait pas au départ ce qui se trouvait dans l’enveloppe que lui avait remise Luc», disent-ils. Aussi, ils estiment que les délits de détention de drogue et de tentative d’extorsion de fonds ne sont pas établis. En définitive, ils ont plaidé la relaxe pure et simple.
Les conseils de Luc Nicolaï ont, bien sûr, nié en bloc toute cette histoire. Véhément, Me Bamba Cissé dit : «N’eut été la présence de Luc Nicolaï dans cette histoire, on n’aurait pas présenté des peines aussi lourdes. Notre client n’a jamais eu maille à partir avec la justice et a beaucoup fait pour la jeunesse de son pays.» Il est d’avis que le Parquet et la partie civile n’ont pas dit le droit en soutenant que «Luc n’a jamais touché à la drogue et ne l’a jamais vue de sa vie». Il ajoute, en outre, que le promoteur de lutte n’a pas instruit le douanier à réclamer des sous à Bertrand Touly. Au finish, il a plaidé la relaxe.
Pour rappel, Luc Nicolaï est en prison depuis plus d’un an pour trafic de drogue, extorsion de fonds entre autres. Alors que Bertrand Touly, patron de Lamantin Beach, était en voyage à Paris, il aurait sollicité le 30 août 2012 Djibrine Diop, technicien de cet hôtel de Saly pour qu’il dépose de la drogue dans le bureau de Bertrand Touly. Ils devaient gagner 15 millions dans cette opération. Il lui aurait promis 5 millions représentant sa part. Djibrine Diop a indiqué que c’est Luc Nicolaï qui lui avait remis un sachet contenant de la drogue à déposer dans le bureau de Touly, absent au moment des faits du pays. La perquisition de la douane a permis de saisir 50 g de cocaïne. .

justin@lequotidien.sn
LeQUotidien
Par Le Jeudi 12 Décembre 2013 à 14:01 | Lu 58 fois



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