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Vers la mise en place d’un système d’assistance juridique pour les personnes vivant avec le VIH


Vers la mise en place d’un système d’assistance juridique pour les personnes vivant avec le VIH
Ousmane Diarra, consultant en droits humains et lois, a annoncé jeudi qu'il sera bientôt mis en place un système d’assistance juridique chargé de conseiller et d’encadrer les Personnes vivant avec le VIH (PVVIH), ainsi que les groupes les plus exposés au VIH sur les questions de droits.

‘’On constate qu’elles [les PVVIH] sont souvent victimes de violation de leur droits humains et parfois c’est par ignorance du droit ou parce qu’ils n’ont pas le soutien d’une personne de droit afin de faire valoir l’exercice de leur droit’’, a-t-il indiqué.

Il livrait une présentation sur les sept programmes clés d’ONUSIDA concernant les activités de droit humain dans le contexte du VIH lors d’un atelier de formation de quatre jours organisé par l’Alliance nationale contre le sida (ANCS) sur les principes de la programmation de VIH fondée sur les droits humains.

Selon Ousmane Diarra, l’ANCS est en train de développer une intégration des droits humains dans ses programmes, et il est nécessaire de partager avec les membres de son conseil d’administration, un modèle provenant du programme commun de l’ONSIDA sur ces programmes clés.

L’assistance juridique servira de conseil, a-t-il fait savoir, estimant que les droits humains ne sont pas quelque chose de nouveau, mais que leur maîtrise par les acteurs judiciaires pose problème.

‘’Et, par rapport à la spécialité +Droits humains dans le contexte du VIH+, il y a comme une ignorance de ces droits et la mise en place du système d’assistance juridique peut permettre aux PVVIH et aux groupes vulnérables de venir se renseigner sur leur droit’’, a expliqué Ousmane Diarra.

Selon lui, lorsque les droits de cette catégorie de citoyens sont violés, ils peuvent être conseillés et guidés par les conseillers juridiques qui vont leur montrer les voies et moyens par lesquels ils peuvent passer pour faire prévaloir et faire respecter le droit.

D’après le consultant en droits humains et lois, il suffit de jeter un coup d’œil sur l’actualité pour se rendre très vite compte de la violation des droits des groupes vulnérables. Il a évoqué le cas d'une PVVIH chassée de chez elle à cause de son statut sérologique et qui, faute de nourriture, a fini par décéder.

Il a aussi fait allusion au témoignage d’une personne faisant partie des groupes dits ‘’les plus exposées au VIH’’, notamment les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes (MSM). Cette personne a été expulsée de son appartement, du fait de son orientation sexuelle.

Il ne faut pas, a conseillé Diarra, faire de confusion entre les questions de promotion d’un droit qui n’est pas accepté par les dispositions nationales ou par des considérations culturelles et une question de promotion de santé publique.

Si on continue à faire cet amalgame, a-t-il averti, on peut véritablement assister à un silence des membres de ces groupes et des PVVIH, ou à leur refus d’aller se dépister et de s’intégrer dans la société.

‘’Si on ne prend garde, en pensant que parler des groupes les plus exposés c’est comme s'il faut promouvoir leur comportement répréhensible par la loi, on fait fausse route ou alors on ignore l’aspect que ces gens-là sont en relation avec les membres de la société’’, a-t-il dit.

Cela est un vecteur de développement du VIH, même si on reconnaît que le Sénégal a, jusqu’à maintenant, maîtrisé l’épidémie, a indiqué Ousmane Diarra qui prépare une thèse de doctorat d’Etat sur le droit, le VIH et l’éthique à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).

LTF/ASG

APS
Par Le Jeudi 28 Novembre 2013 à 15:14 | Lu 43 fois



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